Ceux qui ont adopté cette seconde opinion se parta
(i) Op. cit., ibid.
(2) 2a 2% q. LXXXV, a. i ad 3.
(3) I, q. XIII, a. 4 ad i.
(4) Ibid., a. 3 c.
(5) Nous n'ignorons pas que la plupart des philosophes, anciens, et modernes, n'ont pas directement traité cette question ; mais, d'après leur opinion sur l'origine des ide'es, il est facile devoir qu'ils partagent ce sentiment.
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gent en deux groupes. Les philosophes appelés traditionnalistes sont d'avis que renseignement social, et partant la parole, est Tunique source à laquelle l'homme puisse demander toutes ses idées abstraites et générales, ou du moins celles qui regardent Tordre métaphysique et Tordre moral, telles que les notions sur Dieu, sur la nature de Thomme, sur son origine et sa destinée. Ils soutiennent conséquemment que la parole est nécessaire à Thomme, non-seulement pour la connaissance réflexe, mais encore pour la connaissance directe de toutes les vérités générales (i), ou au moins pour la connaissance des vérités qui se rapportent à Tordre métaphysique et moral (2). Les autres conviennent que l'institution sociale n'est la cause efficiente d'aucune connaissance; ils enseignent en conséquence que la parole est nécessaire à Thomme, non pour acquérir la connaissance directe des choses, mais seulement pour s'en former une connaissance réflexe; parce que notre esprit, disentils, ne peut réfléchir sur la connaissance des choses précédemment acquises, si la parole ne Texcite à se replier sur lui-même au mo3'en de ses facultés intellectuelles. En Italie, Rosmini (3), Giobcrti (4), et le Père Romano, jésuite (5), ont soutenu la nécessité de la parole dans ce dernier sens ; les Directeurs de la Revue de Louvain se rapprochent également beaucoup de cette manière de voir (6).
58o. Quant à nous, la première opinion nous est imposée par les principes que nous avons soutenus sur l'idéologie et dont elle est une suite naturelle.
Pour ce qui tient à la connaissance directe, nous avons
(i) Ainsi pense de Bonald, Recherches philos, sur les premiers objets des connaissances morales, c. 2, t. I,p. 145. Il affirme tantôt que l'institution sociale a lieu par les paroles seules {Essais sur les lois natur. de l'ordre social, p. 49-1 1 1), tantôt qu'elle peut avoir lieu par toute espèce de signes ; Législation primitive, t. I, p. 74-334.
(2) Voyez Bonnetty, Annales de phil. chrct., série 4, t. VII, p. 63, 64, 67, et t. VIII, pag. 374; et le Père Ventura, La Tradi^ione e i Semipelagiani délia filosofia. c. I. g 6, p. 23, seqq., éd. cit., et c. 9, g 204 seqq.
(3) .V. S., sez. V. part. II. c. 4, a. 3, t. II, p. 87,88, éd. cit., et Teodicca, lib- I, c. 20 et 21, p. 5o seqq., Napoli 1847.
(4) Errori filosof., lett. V, t. I, p. 277 et 278, éd. Capolago, et del Buono, c. 3, p. 52, éd. cit.
(5) Scien^a delV uomo interiore ect., Riassunto, g 3, vol. IV, cd. cit.
(G) Revue Catholique, Février, pag. 70 et suiv.. Juin, pag.346. et suiv.,Nov., p. Goo et suiv., année 1859'. Voir leur Lettre au cardinal d'Andréa, déjà préfet de la Sacrée Congrégation de l'Index, dans la Revue La Scien:;a c la Fede, t- XXXIX, p. 471-473.'