‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes (volume 2)Chapitre 68 sur 99 · Pour donner plus de force encore à l'opinion que nous · texte numérisé non relu

Pour donner plus de force encore à l'opinion que nous

comme nous l'avons dit, ni universelle ni particulière, mais en ce qu'elle fournit d'une certaine façon la matière de l'universalité. Car l'intellect réHéchissant sur lui-même reconnaît que cette nature est susceptible c^'ctre déterminée par plusieurs individus, et la rend ainsi universelle. De là vient qu'on peut distinguer l'universel direct et l'universel ré^exe. L'universel direct, qu'on appelle ordinairement universel métaphysique ou réel, peut être défini l'unité qui est abstraite de plusieurs choses; S.Thomas dit en parlant de celui-ci :"Ce qui est séparé par abstraction de toute matière individuelle devient universel »(1, q. LXXXVl, a. I c.) L'universel réflexe, c'est-à-dire logique ou représentatif, se définit au contraire l'unité comparée à la pluralité, comme la chose supérieure aux choses qui lui sont inférieures ,• ayant en vue cet universel, le même S. Docteur enseigne que la nature devient universelle ch ce qu'elle est reconnue comme susceptible d'être participée par plusieurs choses inférieures. Voir Opusc. LV De Universalibus.

(i) De Ente et Ess., loc. cit.

(2) « Pierre est un individu, l'homme n'en est pas un, dit S. Bonaventure, et cependant la qualité d'homme pf;ut être énoncée de Pierre ; » In lib. l Sent., Dist. V, a. I, q. 1 ad arg.

{'i) De Ente et Essentia, loc cit. •

défendons ici, nous citerons un dernier passage du même saint Thomas, qui confirme Tune et Tautre partie de la démonstration précédente : « Lorsqu^on parle d'universel abstrait, on a deux choses en vue, savoir la nature même de la chose et Tabstraction ou l'universalité. C'est pourquoi cette nature, à laquelle il arrive d'être connue, ou d'être abstraite, ou d'avoir une intention universelle, n'existe que dans les choses singulières; mais pour ce qui regarde son intellection, son abstraction, ou l'intention d'universalité, elle existe seulement dans l'intellect (i). »

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