CHAPITRE IL — DE LA SENSIBILITÉ
gg 37. La connaissance humaine débute par les sens. — 38. La sensibilité est cette faculté par laquelle Vame unie au corps perçoit les choses sensibles. — 39. Nous commencerons par les sens externes dont les opérations précèdent celles des sens internes. Pag ^ 291-292
ART. 1. — De l'objet de la sensibilité
gg 40. L'objet de la sensibilité n'est autre que le corporel — 41. Les corps ne sont sensibles que relativement aux sens ; réciproquement, l'âme n'est sensitive que relativement aux objets sensibles. — 42. L'âme perçoit la substance en même temps que les qualités sensibles. — 43. Object. Il n'appartient qu'à l'entendement d'appréhender la substance ; donc. — 44. Rép. : L'entendement appréhende la substance de la chose, c'est-à-dire son essence ; mais les sens perçoivent la substance, ou le sujet des qualités sensibles. — 45. Les qualités et la substance ne se rapportent pas aux sens de la même manière. — 46. 11 faut distinguer les sensibles propres, les sensibles par accident, les sensibles cowmwjw. — 47. 1° La substance est le sensible par accident de tous les sens, elle n'est le sens\h\e propre d'aucun; 20 les sensibles cowj.nzoï^ et ^ro^^res sont perçus distinctement -^les sensibles par accident ne sont perçus que d-'une manière confuse. Pag 292-295
ART. u. — Du nombre des sens externes
|g 48. Il y a cinq sens externes, Comme il y a cinq genres de sensibles propres. — 49. Opinions de quelques philosophes au sujet du nombre des sens.
— 5o. Futilité du doute de Locke sur l'existence possible d'autres sens. — 5i. Réfutation de Mesmer qui attribue à l'homme des sens naturels latents.
— 52. Lamennais et Balmès attribuent faussement à l'homme le pouvoir d'acquérir quelque nouveau sens. — 53. La nature de l'homme s'oppose à l'acquisition de sens nouveaux. Pag 296-298
ART. ni. — Des espèces sensibles qui sont exigées pour l'acte de sentir
gg 54. Objet de l'article. — 55. La faculté de sentir doit s'unir d'une certaine manière avec son objet. — 56. Cette union se fait au moyen d'une espèce ou image représentative : 1" L'objet ne peut produire sa connaissance
dans l'esprit qu'en y pénétrant par son espèce ; 2" Pour connaître en acte, l'âme a besoin d'un principe formel qui la détermine. — bj. La forme de l'objet sensible est autrement dans la chose que dans l'âme ; les espèces sensibles sont immatérielles- ^ 58. i" Oèj. L'esprit appréhende immédiatement les choses sensibies;donc. iîéf. L'esprit connaît immédiatement les choses sensibles, quoiqu'il ait besoin des espèces. — 59. Une chose est connue immédiatement ou en elle-même, lorsqu'elle est connue par sa propre espèce. — 60. Reid confond la théorie scolastique des espèces avec la théorie de Locke. — 61 . 2<= Obj. 11 n'y a aucune analogie entre l'espèce immatérielle et les choses matérielles. — 62. Rép. 11 n'y a pas d'analogie suivant la nature, mais Vanalogie représentative suffit. — 63. Inst. Le semblable est connu par le semblable; donc. — 64. Rép. Cette maxime doit s'entendre du sujet et de l'objet ré««25 dans l'acte de la connaissance. Pag . 299-304
ART. IV. — Oit l'on explique comment se forment les espèces sensibles
Il G5. Trois choses concourent à la sensation : un objet sensible, Vorgane sensoriel, l'espèce intermédiaire. — 66. L'espèce résulte de l'action des objets sur l'âme par les organes sensoriels qu'elle anime. — 67. Il est nécessaire que les objets agissent sur l'âme pour la déterminer à sentir; leur présence ne suffit pas — 68. 1= Obj. Le corps ne peut agir sur l'esprit ; donc. — 6g. Rép. L'objet corporel n'agit point directement sur l'esprit, il agit sur l'organe sensoriel que l'âme anime et informe. — 70. Inst. Un corps matériel ne peut produire dans les sens une espèce immatérielle. — 71. Rép. L'organe reçoit l'action des choses matérielles en tant qu'il est lui-même matériel; en tant qu'il est animé, il reçoit cette action d'une manière immatérielle. — 72. 2e Obj. Pour produire l'espèce, il faudrait que l'objet agît sur le sens avant la sensation, ce qui est impossible. — 73. Preuve. L'objet sensible est le terme de la sensation, il ne peut donc la produire. — 74. Rép. L'objet sensible est le terme de la sensation, mais il n'est pas produit par elle : il peut donc contribuer à sa production. Pag 3o5-3o8
ART. V. — Des éléments de la conyiaissance sensible
gg 75. Les éléments de la connaissance sensible sont, outre l'impression de l'objet externe, la sensation et la perception. — 76. L'action de l'objet sur le sens est suivie d'une réaction du sens sur l'objet. — 77. L'àme n'est donc pas purement passive dans la sensation. — 78. Pourquoi la sensation est appelée une opération passive. — 79. La perception qui suit la sensation est une opération active. — 80. 1° La connaissance sensitive est l'œuvre commune du sujet sentant et à? l'objet sensible ; 2° 11 existe une connexion naturelle entre l'impression, la se.isation et la perception ; 3° Les sensations et les perceptions des sens sont objectives. Pag 3o9-3io
ART. VI. — Du sens commun
g| 81. Le sens commun est cette faculté par laquelle l'âme perçoit ses sensations et leurs différences. — 82 L'âme a besoin d'une faculté pour cette perception. — 83. Cette faculté doit être sensitive. — 84. Elle diffère des sens externes : i" Les sens externes ne peuvent percevoir les sensations. — 85. 2° Ils ne perçoivent pas non plus leurs différences. — 86. Nous devons donc admettre l'existence du sens commun. — 87. Le sens commun perçoit directement les sensatio"S et leurs différences, et indirectement leurs objets. — 88. Il existe une vraie connexion entre le sens commun et les sens propres.
— 89. Le sensorium commune est l'organe du sens commun. — go. Le sens commun perçoit les sensations et leurs différences en ce qu'il est le centre auquel elles aboutissent. — 91. L'opération du sens commun accompagne les opérations des sens propres. — 92. i" Obj. La perception des sensations est une opération réflexe qui ne peut convenir qu'à l'intellect. — gS. Rép. Cette opération est directe et non réflexe : par elle le sens commun perçoit les opérations des sens et non les siennes propres. — g4. 2= Obj. Nous ne pouvons connaître les différences des sensations sans les comparer^ ce qui est l'œuvre de l'entendement. — gS. Rép. Il y a une comparaison qui ne convient qu'à l'intellect, celle dont il s'agit ici ne répugne pas au sens commun. — g6. 3' Obj. On ne comprend pas comment le sens commun pourrait recevoir les opérations diverses des cinq sens. — g7. Rép. Le sens commun contient les vertus diverses des sens propres, il en est partant le centre commun. — 98. Inst. Le sensorium commune ne peut être modifié en même temps par des impressions contraires. — 99. Rép. Comme organe corporel, il est capable de les recevoir ; comme organe aHi'mé, il est capable de les percevoir. Pag 3 14-323
ART. VII. — De l'Imagination
Il loo. L'imagination est cette faculté par laquelle Vàme retient et se représente les images des choses sensibles antérieurement perçues. — loi. Elle est une faculté sensitive. — 102. Cette faculté s'exerce au moyen d'un organe corporel. — io3. Erreurs diverses: lo Plotin attribue la puissance d'imaginer à une nature imaginaire qui ne serait ni intelligente ni sensitive ; 2° Pour Malebranche, l'imagination n'est qu'une fonction de l'intellect; 3° Degérando et Galluppi attribuent à l'imagination, outre les sensibles, les intellections et les volitions ; 4» Reid et Stewart placent dans l'imagination la persuasion, l'un de la non existence de l'objet, l'autre de son existence. — 104. L'imagination est-elle une faculté spéciale? — io5. La quantité des choses sensibles est Voh']et propre de l'imagination. — 106. Son objet diffère de l'objet des sens extérieurs et de celui du sens commun. — 107. L'imagination est une faculté spéciale, distincte des sens externes et du sens commun : 1° Leurs objets diffèrent. — 108. 2» Leur manière d'opérer est diverse. — 109. Cependant elle ne peut ni exister ni s'exercer sans eux. — iio. Comment on imagine les choses qui n'ont jamais été perçues par les sens. — m. L'imagination reproductrice et la fantaisie créatrice ne sont pas deux facultés distinctes. — 112. Loin de répugner à l'imagination, cette double fonction est parfaitement conforme à sa nature. — ii3. L'imagination s'exerce au moyen des espèces sensibles que le sens commun lui transmet. — 114. Les espèces de la fantaisie sont supérieures à celles du sens commun. Pag 324-332
ART. viii. — De l'Estimative ou de la Cogitative
|gii5. Uestimative est une faculté sensitive spéciale destinée à percevoir dans les choses certaines propriétés qui ne tombent pas sous les sens externes.
— 116. L'âme a le pouvoir de former des jugements particuliers sur les choses sensibles. — 117. Ces jugements sont l'œuvre d'une faculté sensitive. — 118. Cette faculté se distingue du sens commun et de l'imagination. — 119. Donc l'âme possède une faculté sensitive spéciale, justement appelée estima' tive par les Scholastiques. — 120. Object. Ce que les sens extérieurs ne nous font point connaître sur les choses, ne peut être connu que par l'intellect. — 121. Rép. Il y a dans les corps certaines qualités qui ne sont perçues, ni par les sens propres, ni par l'intellect; il faut donc une faculté prrticulière pour
TABLE ANALYTIQUE (S3e)
les percevoir. — 122. L'estimative est plus parfaite chez l'homme que chez la bcte. — 123. La supériorité de l'estimative chez l'homme tient à son union immédiate avec l'intellect. — 124. Cette faculté s'exerce au moyen des espèces que lui fournit l'imagination. Pag 333-338
AUX. IX. — De la Mémoire et de la Réminiscence
gg 123. La mémoire est la faculté de reproduire et de reconnaître les connaissances passées. — 126. Le passé consid'îré dans les actes de notre connaissance constitue l'objet propre de la mémoire. — 127. Le passé comme tel est quelque chose de sensible. — 128. La mémoire est donc une faculté sensitive.
— 129. Le passé n'est jamais l'objet propre de l'intellect; il en est parfois l'objet par accident. — i3o. L'intellect possède un certain pouvoir de se souvenir ; mais, comme faculté spéciale, la mémoire est une puissance sensitive.
— i3i. Obj. La mémoire renferme trois opérations qui n'appartiennent qu'à l'intellect. — i32. Rép. La comparaison et la notion confuse du temps ne répugnent pas à une faculté sensitive ; quant à la réflexion, elle ne figure pas dans l'acte de la mémoire. — i33. Quelques philosophes con/o«t/e«f ^ tort la mémoire avec l'imagination. — 134. Comment s'exerce la mémoire. — i35. L'âme se souvient grâce à l'espèce antérieurement ^erçwe et conservée.
— i36. Pour reconnaître le passé dans le fantôme que l'imagination lui présente, la mémoire a besoin de l'estimative. — 137. L'acte de la mémoire présuppose diverses opérations du sens commun, de l'imagination et de l'estimative- — i38. Il reste dans le cerveau quelque trace des choses précédemment perçues. — 139. La réminiscence est l'opération qui nous sert à rappeler les choses qui ont échappé à notre mémoire. — 140. Elle diffère de la mémoire en ce qu'elle emploie un certain raisonnement,eten ce qu'elle a besoin du concours de la raison et de la volonté. — 141. Ces différences sont accidentelles^ et la réminiscence n'est pas une faculté diverse de la mémoire. — 142. La réminiscence n'est pas une faculté intellectuelle. — ■ 143. Dans ses investigations, la réminiscence procède du connu à l'inconnu d'après certains principes. — 144. Ces principes appelés lois de l'association des idées sont au nombre de quatre.— 145. La mémoire varie suivant les tempéraments, elle peut être artificiellement augmentée. Pag 338-347