Réponse : Neg. maj. ; dist. min.: quelquefois, conc
[i) De Vinsénescence du sens intime, Icç, VII, pag. 97 et suiv., Montpellier 1844.
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min.; toujours, neg. min.; iieg. conseq. (i). Le principe et le fait contenus dans les prémices de cet argument sont également faux. Et d'abord le principe; car, premièrement, ce qui est transmis des parents aux enfants, c'est le corps et non Tame raisonnable qui Vinfoi^me^ d'où il résulte que Tintellect exerçant ses opérations propres sans organe corporel, il n'est pas nécessaire que les fils reçoivent de leurs parents, avec les qualités du corps, la même force de génie. En second lieu, quoique les hommes inclinent naturellement vers certaines vertus ou certains vices par les dispositions de leur corps, ils jouissent néanmoins, en agissant bien ou mal, du libre arbitre, lequel exerce ses actes sans le secours d'aucun organe corporel (2). 1.0. fait consigné dans l'argument est pareillement faux. Car ce n'est pas toujours que les qualités corporelles des parents sont transmises aux fils, et, si les enfants ne ressemblent pas toujours par les qualités de l'esprit et par le caractère à leurs parents, cette ressemblance est du moins très-fréquente. Il est inutile que nous donnions des exemples, l'histoire en est pleine et l'expérience de chaque jour en a fourni plus d'un à chacun de nos lecteurs (3) ; c'est pour cela que cette ressemblance a toujours été proverbiale parmi les hommes (4).
206. je Objection. Lesègue et d'autres après lui : Une théorie qui blesse profondément la dignité de la nature humaine doit être tenue pour absurde et même comme impie ; or la théorie de l'animisme porte une atteinte profonde à la dignité de la nature humaine. Donc, etc. Réponse: Cojîc. maj. ; 7îeg. min. ; neg. conseq.
{i)Cours de physiologie, leçon i", Montpellier 1841 et]842. Dans cette leçon, une personne demande « si les lois de l'hérédité physiologique sont les mêmes chez les hommes et chez les bêtes. »
(2) Voici la thèse générale que pose S. Thomas : « Il n'est pas nécessaire que l'engendré ressemble à celui qui l'engendre pour ce qui regarde les conditions individuelles, mais il doit lui rassembler quant à la nature de l'espèce ; « Qq. Dispp., De Pot., q. II, a. 3 ad 5. Cf. ibid., q. IX, a. 5 ad 18.
(3) Ecoutons de nouveau S. Thomas : « Si la nature est forte, il est certains accidents individuels appartenant à la disposition de la nature, qui se propagent dans les enfants, tels que l'agilité du corps, la bonté du caractère et autres accidents semblables ; mais cela n'a pas lieu pour les qualités purement personnelles; i* 2*, q. LXXXI, a. 2 c.
. (4) On trouve des rétlexions remarquables sur ce sujet dans Prosper Lucas : Traité philosophique et physiologique de l'hérédité naturelle dans les états de santé et de maladie du système nerveux, Paris 1847.
207. Prob. 77îin. Si Ton dit que Famé raisonnable est le principe des opérations vitales, ou qu'elle est, comme s'expriment les Scolastiques, la forme substantielle du corps, il faut dire également qu'elle produit toutes les œuvres basses et serviles qui s'accomplissent dans le corps (i) et qu'elle en souOre toutes les incommodités ; par exemple, qu'elle sécrète Turine, comme les matérialistes disent que le cerveau sécrète la pensée (2), qu'elle reçoit le cataplasme qui est appliqué sur le ventre, que les hémorroïdes lui occasionnent une rétention d'urine, etc. (3). Or peut-on imaginer rien de plus bas, de plus déshonorant et de plus ridicule pour la dignité de la nature humaine ? Donc, etc.
208. Réponse: Disting. maj. ; l'âme produit ou supporte toutes les actions indiquées, en tant qu'elle est raisonnable, neg. 77iaf. ; elle les produit ou les reçoit en tant qu'elle est le principe qui donne la vie au corps, conc. maj. ; neg. ;w/«. ; Jieg. conseq. D'abord ce qui suit nécessairement la nature d'une chose ne peut être indigne de la nature de cette chose. Or faire et souffrir toutes les actions que l'objection énumère, pour ridiculiser l'animisme, et d'autres du même genre que l'on pourrait encore citer, sont une suite de la nature de l'ame raisonnable (4), non pas certes en tant qu'elle est raisonnable, comme nous l'avons souvent répété, mais en tant qu'elle est le principe qui donne la vie au corps. En effet l'âme, nous l'avons déjà dit plusieurs fois et nous le montrerons plus loin, l'âme n'est pas une substance purement spirituelle, c'est-à-dire une substance intellectuelle comme l'Ange, elle est destinée par sa nature à informer un corps. Mais, puisqu'elle est la forme substantielle du corps, il s'ensuit qu'elle est avec le corps le principe et le
(i) Lesègue, De Stahl et de l'animisme, pag. 22, Paris 1846, et Trousseau, Bulletin de V Académie demédccine, 10 juillet 1860.
(2) Améd. Latour, Revue médicale, 3i août 1860.
(3) Pidoux, De la nécessité du spiritualisme pour régénérer les sciences médicales^ pag. 70, Paris 1857,
(4) Écoutons S. Augustin : a Lorsque les aliments sont pris avec trop d'abondance et que leur poids nous rend impropres au travail, ce fait n'échappe point à notre attention. L'âme opère aussi avec reflexion, lorsqu'elle expulse les parties superflues; si l'expulsion a Heu lentement, elle est accompagnée d'une certaine volupté, si c'est avec difficulté, il en résulte une certaine douleur. Elle veille également avec attention sur les perturbations morbides du corps, car elle désire secourir ce corps qui faiblit et qui tombe ; » De Musica, lib. VI, c. 5, n. y. '
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sujet de toutes les opérations vitales du corps, parce que la forme substantielle est le principe en vertu duquel la chose existe et opère. Par conséquent Pâme raisonnable ne déchoit nullement de sa dignité, lorsqu'elle produit avec le corps les opérations vitales, parce que, en tant qu'elle est raisonnable, elle opère sans le secours d'aucun organe corporel, en sorte que les opérations intellectuelles de l'âme humaine, suivant les principes du véritable animisme, ne se confondent pas avec les opérations vitales (i). Il est donc insensé de dire, comme le fait l'objection, que, suivant la théorie de l'animisme, lorsqu'un cataplasme est appliqué sur l'estomac, il est appliqué sur l'âme raisonnable. Car l'appareil en question s'applique sur le corps, considéré comme tel, ou matériellement considé,et non entant qu'il est un corps animé, attendu que le corps, ainsi que nous l'avons dit après saint Thomas, ne peut agir que sur ce qui est corporel ; cependant les mo« difications du corps sont des modifications vitales, parce que le corps est inforiné par l'âme. Au reste, les vitalistes ou dio« dynamistes, puisqu'ils rejettent la théorie fabuleuse de Plaa ton, ne nient pas que l'âme ne soit unie avec le corps de manière que l'iiomme soit le résultat de Tunion des deux substances. Mais "s'il n'est pas indigne de l'âme, qui est spirituelle, qu'elle produise l'homme de concert avec le corps, il n'est pas indigne d'elle non plus qu'elle concoure, comme principe formel, aux opérations du corps.
209. Instaitce. En faisant de l'âme raisonnable la cause des opérations vitales, les animistes lui attribuent l'essence et les opérations de la bête. Or c'est là rabaisser Texcellence de la nature humaine. Donc la théorie de l'animisme est une théorie à la fois absurde et impie.
210. Réponse: Dist. maj.; les animistes attribuent l'essence et les opérations des bêtes à l'âme raisonnable, en tant qu'elle est raisonnable, neg. maj. ; en tant qu'elle donne la vie au corps, conc. maj. ; neg. min. ; neg. conseq. Puisque l'âme raisonnable est une forme plus parfaite que les âmessensitive et végétative, outre la raison qu'elle possède en acte.
(i) « L'union de l'âme et du corps ne va pas jusqu'à l'opération de l'intellect, en sorte que cette union puisse affaiblir la pureté de l'esprit ; » C-'^- disf^.^ De Verit., q. XIII, a. 4 c.