‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernesChapitre 25 sur 106 · TOME III l · texte numérisé non relu

TOME III l

ig8 ANTHROPOLOGIE

par l'intermédiaire des nerfs cessent immédiatement (i); » et, comme Haller Ta remarqué, « si le cerveau est paralysé, ou bien le nerf qui relie le cerveau au seiisoi^ium^ toute sensation se trouve aussitôt anéantie (2). » Or ces faits démontrent que les sensations s'exercent dans le cerveau et que rame n'existe que dans le cerveau seulement. Donc.

253. Réponse: NeiJ^. min. ; Je nie la mineure quant à Tune et à Pautre partie. D'abord les faits allégués ne détruisent nullement ce que nous avons dit, savoir que les sensations se produisent dans chacun des organes ; on rend en effet trèsbien compte de ces phénomènes en disant que, le cerveau étant comme le centre de tout le système nerveux, et même le principe d'où naissent tous les nerfs qui servent à la sensation, il est tout naturel que les nerfs sensitifs retiennent leur nature propre si le cerveau conserve la sienne. Mais, si la pulpe cérébrale vient à être fortement comprimée, à être disloquée, ou à se corrompre, ou bien si le cerveau est malade, les nerfs perdent leur nature propre qui est de transmettre les sensations. Par conséquent les nerfs eux-mêmes ne peuvent remplir la fonction de transmettre les sensations (3). Au reste, de même que toute sensation disparaît, si le cerveau ne fonctionne plus, de même encore la sensation périt, comme le témoigne l'expérience, si les organes des sens viennent à dépérir. C'est pourquoi, si nos adversaires s'appuient sur les faits allégués pour prétendre que les sensations s'accomplissent dans le cerveau, il est manifeste que nous pourrions conclure avec un droit égal, d'après cette dernière expérience, que les sensations ont leur siège dans les organes mêmes. En second lieu, nos adversaires donnent une importance exagérée aux expériences dont ils parlent ; car, si elles avaient quelque valeur, elles démontreraient tout au plus que l'âme est dans le cerveau suivant toute sa puissance sensitive', mais elles ne prouveraient jamais que l'âme ne résida que là ; parce que, en outre de la puissance de sentir, l'âme possède encore d'autres puissances qui s'exercent, comme on sait, au moyen d'autres parties du corps.

(i) Institut, medic, c. 2, n. 284.

(2) Jn not. iit Boerli., t. 4, Instit. medic. prœlect.., n. 568.

(3) Cf. Vol. I, DynamiL, ch. II, art. VI,pag. 320-32 1.

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