‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernesChapitre 28 sur 106 · Si nous passons maintenant au second point de notre · texte numérisé non relu

Si nous passons maintenant au second point de notre

4L11 la icçoii, sans pcrrecuonner en rien ragent qui la proauii. *^ar le reu n acquiert aucune perfection par le fait qu'il répand son calorique au dehors, tandis que le bois chauffé acquiert de la chaleur. La seconde espèce d'opération, c'est l'opération immanente, elle ne passe point dans quelque chose d'externe ; elle reste au contraire dans l'opérateur même... Ces sortes d'opérations perfectionnent l'agent qui les produit... Les premières sont communes aux corps vivants et aux corps non vivants ; mais les secondes sont propres aux substances qui jouissent de la vie » ; Qq. dispp.. De Pot,, q. X, a. i c.

(2) a Le corps agit, en tant qu'il est en acte, sur un autre corps considéré en tant qu'il est en puissance » ; I, q. CXV, a. r c. •

(3) I,q. GX, a. I ad i.

(4) Contr. Gent., lib. III, c. 102.

(5) 1, q.XLl, a. ac.

DE l'essence de l'AME HUMAINE 223

^discussion, il nous sera facile de montrer que les mêmes raisons qui nous ont servi à prouver que l'âme ne doit pas être confondue avec le corps, démontrent en même temps qu'elle est une vraie substance (i). En effet, Fâme, comme nous Pavons dit après saint Augustin, Tâme établit et maintient Taccord entre les qualités contraires qui existent dans le corps vivant, elle soumet à une règle fixe les tendances opposées des organes pour empêcher qu'elles ne s'annullent mutuellement, enfin elle remplit ces diverses fonctions avec un ordre et une entente admirables. Or une forme dont la vertu est capable de produire des effets si divers et si surprenants ne peut être une simple forme accidentelle, parce qull n'est pas rationnel d'attribuer à un simple accident une telle efficacité, ni de lui assigner un tel pouvoir dans l'espèce de république formée dans le corps humain par cette variété de membres et de qualités contraires. Donc l'âme humaine est une vraie substance. En outre, les choses vivantes sont évidemment des substances : « Ce qui est vivant, dit saint Thomas, n'est point un attribut accidentel, mais un attribut substantiel (2) » ; en effet, ajoute saint Bonaventure : « La substance vivante est plus noble en soi que la substance privée de vie (3) » ; et, comme dit saint Anselme, « toute intelligence juge que les natures qui jouissent de la vie à un degré quelconque l'emportent de beaucoup sur les natures non vivantes (4). » Mais ce n'est que par l'âme que vivent les choses qui jouissent de la vie ; donc l'âme est une substance et non un simple accident de la substance vivante.

294. Joignez à cela que « le caractère commun à tout accident c'est qu'il n'appartient pas à l'essence de la chose et qu''il ne doit pas être exprimé dans sa définition ; c'est pourquoi nous concevons ce que sont les choses sans nous occuper de leurs accidents (5). w Or Tâme appartient tellement à l'essence de l'être vivant, que ces deux choses, être vivant et être animé, sont identiques ; ce qui fait que l'âme est le pre»

(0 « L'âme, dit S. Anselme, s'entend d'une espèce de substance »; De Fidç Trinitatis, c. 3, pag. 43, éd. cit.

(2) I, q. XVIII, a. 2 c.

(3) In lib. m Sent., Dist. XXI, a. 1 1, q. 3 ai arg.

(4) Monolog., c. 3i, pag. i6, éd. cit.

(5) Qq.dispp.y DeAnim., a. 12 ad 7,

aî4 ANTHROPOLOGIE

mier principe de la vie; bien plus, « quoique ranimation soit considérée à la manière d^une action, elle en surpasse cependant le genre, car elle est un acte premier plutôt qu'un acte second (i). » Par conséquent, Tâme ne doit pas être rangée parmi les accidents des substances vivantes. Voici comment Némésius présente cet argument : « L'âme n'est pas l'une de ces choses dont l'être consiste à exister dans un autre. Car ces sortes de choses s'ajoutent, se retranchent, sans que le sujet périsse ; mais si l'âme se sépare du corps, le corps s'éteint entièrement (2). »

295. Les principes sur lesquels se fondent les sensistes anciens et les sensistes modernes sont incohérents et sans valeur scientifique. Pour ce qui est des anciens, il nous suffira de leur opposer ces quelques considérations: 1° cette maxime que tout passe et s'écoule, ou que tout arrive sans discontinuité, revient à dire que rien n'existe ; en effet « le devenir n'est pas encore, car tant que dure le mouvement, la chose se fait, mais elle n'est pas faite (3). » 2** La notion de changement, si l'on prend ce mot dans sa vraie signification, suppose quelque chose qui est permanent et par conséquent quelque chose de substantiel, bien loin de l'exclure : « Il est de l'essence du changement qu'une même chose soit autrement aujourd'hui qu'elle n'était hier (4) » ; en effet « dans tout changement ou mouvement il doit y avoir toujours quelque chose qui ne se trouve pas aujourd'hui comme il était autrefois ; le nom seul de changement l'indique (5). » S'' Gomme notre esprit n'est pas la mesure des choses, ainsi que nous l'avons montré ailleurs (6), nous ne sommes point en droit de

(1) Qq. dispp.. De Pot., q. II, a. i ad 6.

(2) De natura hominis, c. 1 1, pag. 32.

(3) Contr. Cent., lib. II, c. 17, n. 3.

(4) I» q- XLV, a. 2 ad 2. u Tout ce qui se meut, dit ailleurs S. Thomas (I, q. IX, a. r c.)/ reste le même en quelque chose, et passe en quelque chose. » S. Augustin s'exprime de même : a II n'y aurait pas même de corruption possible, s'il n'y avait des natures qui subsistent » [Enchirid., c. 12, n. 4) ; le même S. Docteur ajoute un peu plus loin (c. 14): « Non-seulement on ne voit pas en quoi consisterait cette corruption, mais on ne voit pas même d'où elle viendrait, s'il n'existait un sujet qui se corrompt ; car la corruption n'est que la destruction d'une bonne chose. »

(b) Contr. Cent., lib. II, c. 12, n. 3.

(6) Cf. vol. I, DynamiL, ch. X, art. ô, pag. 780. et vol. II. Ontolog., ch. II, art. 8, pag. 98 et 99.

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dire que les choses sont ou ne sont pas sous prétexte que notre esprit aura jugé qu'elles sont ou qu'elles ne sont point. Voilà pourquoi saint Augustin enseigne que le vrai n'est pas ce qui nous parait tel, comme le soutenaient les anciens sophistes, mais bien ce qui est ^ id qiiod est. « Toutes les choses sont vraies suivant la mesure de leur être, et aucune chose n'est fausse à moins que vous ne jugiez qu'elle est ce qu'elle n'est pas (i). » Le même saint Docteur s'exprime ainsi dans un autre endroit: a Quiconque a bien compris que la fausseté consiste à croire qu'une chose est ce qu'elle n'est pas, comprend aussi que le rôle de la vérité c'est de nous montrer ce qui est (2). » 4° Si ce qui n'est point perçu par les sens n'est rien, l'âme que l'on dit être la sensation ne serait rien elle-même ; car la sensation n'est point perçue par les sens. 5° Enfin, puisque la sensation est une modification de l'âme, elle exige nécessairement un sujet qui soit modifié par elle, c'est-à-dire une substance.

296. Quant aux sensistes modernes, nous avons montré dans VOntologie combien leur doctrine s'éloigne de la vérité (3). Aux arguments que nous avons exposés dans cette partie de la Philosophie, nous croyons devoir joindre ces quelques observations : i^ Nous distinguons constamment, avec le concours de l'expérience interne, nos modifications diverses, de nous-mêmes qui les éprouvons. Chacun sent très-bien, en effet, qu'il reste identique à lui-même au milieu des modifications si variées qui vont, viennent et s'en vont encore pour revenir plus tard. Notre esprit les considère et les compare les unes avec les autres. Gomment expliquer ces choses, et tant d'autres toutes semblables que nous pourrions énumérer, s'il n'existait en nous, outre les quali-

(i) Confess,, lib. VII, c. i5, n. 21.

(2) De vera religione, c. 36. Ailleurs il dit encore : « A. Le vrai c'est ce qui est comme il se montre à l'esprit, pourvu que l'esprit veuille et puisse le connaître. R. Il n'y a donc devrai que ce qui est susceptible d'être connu. Ensuite, si le faux n'est autre chose que ce qui paraît autre qu'il n'est, qu'arrivera-t-il si cette pierre, par exemple, paraît être une pierre à celui-ci et dû bois à celui-là? La même chose sera-t-elie vraie et fausse en même temps » ? 5o/i7., lib. Il, c. 5, n. 8.

(3) Vol. II, Ontolog., ch. III, art. i, pag. i36et suiv.

tés et les phénomènes (i), une substance qui leur servît de sujet ? 2" Une collection de modifications suppose une certaine ressemblance entre elles, elle suppose également un esprit qui perçoit cette ressemblance et qui s'en sert pour les réunir ensemble. Mais s'il n'existe aucune ressemblance entre les modifications de Fâmc qui se succèdent les unes Jes autres, et si l'àme n'est que la collection de ses seules modifications, qu'on nous indique oià est Fesprit qui formera cette collection de plusieurs choses semblables. 3" Parmi ces modifications, il en est un grand nombre que Tâme produit en ellemême, si donc rame était constituée par elles, l'âme serait à elle-même sa propre cause, ce qui est le comble de l'absurdité, comme nous l'avons observé plusieurs fois.

ARTICLE QUATRIÈME

Quelle substance c'est que Vaine humaine

297. Nous avons prouvé que l'âme humaine appartient au genre de substance ; il est nécessaire que nous examinions maintenant quelle en est l'essence véritable. Nous croyons qu'il ne sera pas inutile d'expliquer tout d'abord ce qu'est l'âme en général.

298. Aristote nous a laissé une double définition de l'âme (2). La première est ainsi conçue : Uâme est Pacte premier du corps naturel organique qui a la vie en puissance. Dans cette définition, les vciols^ acte premier^ signifient que l'âme est une forme substantielle et qu'elle diffère par conséquent des formes accidentelles (3) ; car un acte accidentel, ou une forme accidentelle, ne peut jamais être un acte premier, puisqu'il suppose l'existence d'une forme substantielle (4).

(i) Voir Mérian, Sur le phénoménisme de Hume, Mémoires de F Académie de Berlin, ann. 1 792-1 793 ; Royer Collard, Fragments, parmi les Œuvres de Reid, t. IV, pag. 385, cdit. cit.

(2) De Anim. ^Vih. II, c. i, et c. 2.

(3) Cf. vol. II, Cosmolog., ch. I, art. 5, pag. 3i3.

(4) Suivant la remarque de S. Thomas, cette expression, acte premier, signifie non-seulement que cet acte doit être distingué de l'acte second, mais encore qu'il peut s'en séparer. Car les êtres vivants peuvent se séparer ab intrinseco de leurs opérations ; tandis que les autres formes, au contraire, ne peuvent pas suspendre par elles-mêmes, ab intrinseco-, leur acte second, si elles ne sont pas contrariées par quelque cause extérieure : « Le Philosophe

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299. Ces paroles, cfii corps naturel organique^ doivent être prises en ce sens que le corps naturel organique est constitue par Fâme elle-même; en sorte que, dans cette définition, la forme est expliquée par Teffet formel qu'elle produit dans son propre sujet : « Dans les définitions des formes, on fait intervenir quelquefois le sujet non informé^ comme lorsqu^on définit le mouvement. Pacte de Fêtre en puissance ; d'autres fois on y suppose que le sujet est déjà informé^ par exemple lorsqu'on dit que le mouvement est Tacte du mobile, que la lumière est l'acte du corps lumineux. C'est dans ce sens que l'on a pu dire que l'âme était Vacte du corps naturel organique ; parce que l'âme rend en effet organique le corps qu'elle informe^ de même que la lumière rend le corps lumineux, (i) » Du reste, suivant Jean de S. Thomas, on peut encore expliquer « plus formellement ce mot de corps^ en le prenant non dans le sens de matière première toute nue, mais pour la matière déjà informée par le degré de corporéitéj parce que, bien que l'âme informe immédiatement la matière en lui donnant tous les degrés (car il n'y a pas 'dans un même composé plusieurs formes substantielles suivant les degrés de perfection), cependant en tant qu'âme, c'est-à-dire eu égard à son degré de perfection comme telle, l'âme suppose nécessairement le degré de corps dans la matière, non qu'il lui soit donné par une autre forme, mais parce qu'elle-même le constitue dans ce degré pour le rendre digne d'elle. Or l'âme est ici définie suivant la raison formelle de son degré d'âme ; voilà pourquoi on dit qu'elle est Vacte du corps plutôt que l'acte de la matière, parce que Pâme est prise formellement, c'està-dire en tant qu'elle exerce le degré d'âme et non en tant qu'elle élève la matière à la dignité de corps (2). » Saint Thomar avait enseigné la même chose : « Comme une forme très-parfaite donne tout ce qui est donné par les formes plus imparfaites qu'elle, et au-delà; même lorsque la matière ne reçoit que le degré de perfection qui peut lui être communiqué

{Aristoté) dit que l'âme est un acte premier, non-seulement afin de distinguer l'âme de l'acte second, ou de l'opération, mais aussi pour le distinguer des tormes qui sont toujours suivies de leur action propre, si elles ne sont pas contrariées » ; In lib. II De Anim., lect. I.

(i) Qq.dispp., q. un. De Anim., a. i ad i5.

(2) Op. cif., Pars III, q. I, art. i, pag. 735, éd. cit.

2a8 ANTHROPOLOGIE

par les' formes imparfaites, elle est encore regardée comme la matière propre de la perfection que la forme parfaite lui ajoute en plus que les autres. Cependant cette distinction relative aux formes doit être considérée comme une pure distinction de raison et non comme fondée sur Tessence des choses. Ainsi donc le sujet propre de Pâme c'est la matière en tant que nous la concevons comme déjà perfectionnée par Têtre corporel et en tant qu'elle est apte à recevoir la vie (i). »

3oo. Enfin, pour bien saisir le sens des derniers mots de la définition, qui a la vie en puissance^ il suffit de se rappeler l'observation qui a été faite ailleurs : La vie peut être considérée en deux manières : dans V acte premier^ lequel dénote Vctre de ce qui est vivant, ou dans Vacte second^ qui en dénote Vopération même (2). Or dans la définition précédente le mot vie doit être entendu de la seconde manière et signifie que rame étant l'acte premier du corps organique donne à celui-ci le pouvoir de produire les opérations vitales. « L'âme est définie Tacte du corps organique qui a la vie en puissance, dit saint Thomas, parce que c'est par l'âme que le corps existe, qu'il est organisé, et qu'il possède la vie en puissance. Mais l'acte premier est ainsi appelé par rapport à l'acte second qui est l'opération elle-même. Car un tel acte ne saurait ni exclure Tâme ni se passer d'elle (3). »

3oi. Voici la seconde définition de l'âme que donne Aristote : « L'âme, dit-il, est ce principe par quoi nous vivons^ 710US sentons, nous nous mouvons et nous concevons premier rement. Cette définition explique davantage la première, en même temps qu'elle la démontre. En effet, lorsqu'on dit que rame est ce principe par quoi nous vivons, principu??î quo^ on veut marquer qu'elle est une forme ou un principe intrin-

(i) Çlq. dispp.,q. un. De Spirit. créât., a. 3 ad 2.

(2) Cf. vol. U,Cosmolog., ch. I, art. i, pag. 279.

(3) I, q. LXXVI, a. 4 ad i. « Ces mots, qui a la vie en puissance, peuvent encore s'entendre, dit Jean de S. Thomas, de la puissance prochaine considérée relativement à la vie substantielle elle-même, qui est l'âme dans l'acte premier, et non pas considérée seulement par rapport à l'opération de l'acte second. Ainsi, par ces paroles, on a voulu signifier que le corps organisé n'est ni un cadavre, qui est un corps privé de vie, ni un embrj'on, qui n'a qu'une disposition éloignée pour recevoir l'âme, mais quelque chose qui possède la vie en puissance prochaine, c'est-à-dire qui est organisé avec une disposition prochaine pour recevoir la tonne vitale » ; Op. cit.^ Pars III, q. I, art. t, pag. 736, éd. cit.

DE L'ESSENCE DE l'aME HUMAINE 229

sèque ; car les principes extrinsèques ne sont jamais ce par quoi^ id qiio^ les choses se trouvent constituées dans l'être. Cette Qxprcssion^ p7^e7?îîèrement^ primo, montre que Pâme est un principe substantiel et radical ; de fait, les puissances sont bien les instruments des opérations et de la vie, mais elles ne constituent point ce par quoi nous opérons et nous vivons tout d'abord^ pri?no. Enfin les autres paroles énumèrent les opérations qui se rapportent à Pâme suivant ses degrés et relativement à ses fonctions (i) ; ce qui ne veut pas dire que toutes ces opérations prises ensemble conviennent à chaque âme en particulier, mais cela signifie que, en quelque endroit que l'on rencontre ces opérations, soit isolées, soit réunies, Pâme en est le principe (2) ; en d'autres termes, Pâme est le principe de la vie en quelque endroit et de quelque manière que la vie nous apparaisse : ce qui est vrai de Pâme en géné-« rai et de chaque espèce d^âme en particulier.

3o2. Nous avons dit que cette seconde définition démontrait la première, en même temps qu^elle l'expliquait. En effet, la fonction ou Poffice de Pâme, en tant qu'elle est la racine de ses opérations, se trouve indiquée ici pour montrer que la chose à laquelle une telle fonction convient est aussi celle à laquelle il convient d'être Pacte premier du corps. Saint Tho-

(i) Ces divers degrés des êtres vivants sont exposés dans ce passage de la Somme théologique : « Parmi les êtres vivants, il en est qui jouissent seulement de la vie végétative, ce sont les plantes ; il en est d'autres qui, à la vie végétative, joignent la vie sensitive, sans avoir pourtant la faculté de changer de place, tels sont certains animaux immobiles {les polypes) et certains coquillages ; il en est qui ont de plus que les précédents la faculté de se mouvoir d'un lieu dans un autre, tels sont les animaux supérieurs qui, ayant besoin de beaucoup de choses pour entretenir et défendre leur vie, sont par là même dans la nécessité de se mouvoir pour aller au loin chercher les choses qui leur sont indispensables; il existe enfin des êtres vivants chez lesquels l'intelligence s'ajoute à tous les autres degrés, tels sont les hommes»; I, q. LXXVllI, a. I c. Par conséquent, le mot vie, qui figure dans la définition de l'âme, ne désigne pas la vie dans un sens abstrait et général, mais la puissance végétative qui est le nom commun de la vie : « Aristote rapporte la vie au principe végétatif, parce qu'il avait dit auparavant que la vie appartient, par ce dernier principe, à tous les êtres vivants »; In lib, II De Anim.^ lect. IV. En outre, l'appétit est passé sous silence dans cette définition, soit parce que le mouvement progressif a été accordé aux animaux pour qu'ils puissent atteindre l'objet de l'appétit, et que celui-ci nous est plus clairement connu par le mouvement que par lui-même, soit parce que « l'appétit ne constitue pas un degré particulier .dans l'échelle des êtres vivants, puisque la faculté appétitivc est inséparable -de la vie sensitive » ; In lib. II De Anim.^ ibid.

(2) Nous avons expliqué dans la Cosmologie (ch. I, art. i, pag. 279 et 280, vol. II) pourquoi l'on a donné le nom d'dme à ce principe.

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