‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernesChapitre 30 sur 106 · Enfin la raison sur laquelle s'appuie l'opinion con · texte numérisé non relu

Enfin la raison sur laquelle s'appuie l'opinion con

(i) Voir page 142, note i.

(2) Voir page 146.

(3) Cf. pag. i5g. Pour ce qui regarde le sommeil, nous dirons avec S. Thomas, « qu'il n'empêche pas que l'intelligence n'ait encore certaines perceptions, au moins sur les choses qu'il a déjà considérées : quelquefois même nous raisonnons en dormant... Mais, dans le sommeil, le jugement de l'intellect ne peut être parfait, parce que la sensibilité, qui est le premier principe de notre connaissance, est comme enchaînée »; Qq, dispp.., De verit.,q. XXVIII, a. 3 ad 6. Le même S. Docteur dit, dans un autre endroit: « Le jugement de la raison est plus ou moins empêché suivant que la sensibilité est plus ou moins suspendue par le sommeil. Ainsi tout en dormant nous considérons parfois les choses qui se montrent dans les songes. Mais, parce que dans cei état les sens ne sont jamais entièrement libres, le jugement non plus ne l'est jamais complètement; aussi les jugements sont toujours mêlés de fausseté, quoiqu'ils puissent être vrais sous certains rapports » ; In lib. IV Sent., Dist, IX, q. 1, art. 4, solut. i ad 5

traire est dénuée de toute portée philosophique. Car rame Intel Icctive peut très-bien vivre quoiqu'elle ne soit pas actuellement en exercice. En effet Tintellect « a besoin, comme nous l'avons expliqué, d'être réduit en acte pour produire ses opérations (i). » Ainsi la vie appartient proprement à Tâme intellective, à raison de sa nature intellectuelle (2), mais elle n'appartient que dans un sens impropre et plus large à Vintellection ellc-mcme. « Ce nom de vie a été imaginé, dit saint Thomas, pour signifier la substance qui a la faculté naturelle de se mouvoir elle-même, ou de se porter d'une manière quelconque à l'opération., . Le mot vivant ne désigne donc pas un attribut accidentel, mais un attribut substantiel. Quelquefois cependant la vie se prend aussi dans un sens moins propre^ pour indiquer les opérations de la vie d'où ce nom a été tiré : ce qui fait dire à Aristote (Ethic. IX^ 9) : Vivre c'est principalement sentir ou concevoir (3). « Le même saint Docteur s'exprime ainsi, dans un autre endroit : « On dit d'une chose qu'elle est vivante, lorsqu'elle a le pouvoir de se porter d'elle-même à quelque opération... Chaque puissance trouve sa perfection dans son acte; de là vient que le nom de vie a été transporté à l'opération qui est le but du mouvement, comme nous disons que la sensation est la vie de l'animal, et rintellection la vie de l'homme (4). »

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