TOME m 'i
mes du philosophe allemand, on ne peut admettre dans rhommc un double moi et une double conscience.
20. Rosmini, comme nous Favons indiqué, crut échapper aux inconvénients de la théorie de Descartes et de la théorie de Kant en faisant consister le moi^ non dans le sujet pensant seul, ni dans la seule réflexion des pensées se repliant sur elles-mêmes, c'est-à-dire dans la seule conscience, mais dans le sujet considéré comme prenant connaissance de lui-même par la réflexion, c'est-à-dire en tant qu'il a conscience de soi. La raison qui détermina Rosmini à soutenir cette opinion, c'est que « le sujet humain acquiert la personnalité, ou le moi^ alors qu'il a acquis la conscience de soi par Texercice de ses diverses opérations internes (i). » Mais Rosmini confond ici deux choses qui sont très-dissemblables, il confond ce qui constitue le moi avec ce par quoi le moi nous est connu, en d'autres termes la réalité du moi avec sa connaissance. Certes, personne ne disconvient que le moi ne peut parvenir à la connaissance actuelle de soi avant de s'être replié par la réflexion sur les opérations de ses facultés ; mais quel est celui qui ne comprend aussi que le moi ne peut réfléchir sur ses opérations, si déjà il n'existe, et par suite qu'il doit exister en effet avant d'acquérir la conscience de soi ? Or si le moi existe avant d'avoir conscience de lui-même, il est évident qu'on ne peut le définir, comme le veut Rosmini, un sujet qui a cojiscience de soi.