‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernesChapitre 54 sur 106 · Il n'est pas nécessaire que nous nous arrêtions à discu · texte numérisé non relu

Il n'est pas nécessaire que nous nous arrêtions à discu

(0 /n lib, I Sent., Dist. III, q. I, a. 2 ad i.

(2) I, q. II, a. I ad i.

(3) Contr. Gent.-, lib. I, c. ii. « De ces témoignages des Pères, dit à ce sujet le cardinal d'Aguirre, on peut seulement conclure que la connaissance de l'existence de Dieu peut être facilement obtenue par tous les hommes qui ont acquis l'usage de la raison, non pas cependant par la simple appréhension des termes, comme il arrive pour les premiers principes, mais à l'aide d'un raisonnement facile et à la portée de tous les esprits, en sorte que nul homme n'est excusable de l'ignorer.quelque obtus et quelque ignorant qu'on le suppose. En outre quelques SS. Pères ne parlent pas spécialement de Dieu, ils parlent seulement de lui sous le nom du bonheur (.n général. Comme, en effet, tous les hommes désirent naturellement d'être heureux, tout le monde connaît naturellement qu'il existe quelque chose qui constitue le bonheur. Mais tous ne connaissent pas en quoi il consiste précisément, puisque certains le placent dans les richesses, certains dans les voluptés, ou dans d'autres choses, qui toutes sont à une distance infinie de Dieu. Par conséquent, de ce que les SS. Pères disent que tous les hommes désirent naturellement le bonheur et par suite qu'ils le connaissent, on ne peut conclure que l'existence de Dieu est connue par soi, mais seulement la possibilité de la béatitude en général, quelle que soit d'ailleurs cette béatitude. Enfin, quelques Pères, lorsqu'ils disent que la connaissance de Dieu est naturelle à l'homme, ne veulent point parler de cette connaissance considérée en soi et formellement, mais considérée virtuellement et dans sa racine; parce que tout homme possède naturellement dans son esprit la lumière de la raison naturelle qui lui fait appréhender facilement cette vérité, en sorte que personne n'est excusable de l'ignorer »; Theologia S. Anselmi, t. I, De Deo et divinis Perfectionibus etc., Disput. VI, sect. 4, pag. 147.

DE l'existence DE DIEU 489

ter les opinions de Kant, de Jacobi et de Lamennais. Pour ce qui regarde Kant en particulier, nous avons déjà montré dans la Dynamilogie (i), i° que la Critique de ce philosophe renfermait plusieurs absurdités ; 2** que le philosophe allemand se fait illusion lorsqu'il attribue à la raison pratique une valeur supérieure à celle de la raison théorique ; 3** que l'existence de Dieu ne peut être admise comme postulatum de la raison pratique, mais plutôt que la raison pratique ne peut elle-même se concevoir sans la réelle connaissance de l'existence de Dieu. Nous noterons ici en passant l'erreur de quelques philosophes qui soutiennent que l'existence de Dieu doit être considérée comme une vérité connue />^r soi^ même relativement à JiouSy parce qu'il y a certaines propositions pratiques ayant Dieu pour objet qui ont ce caractère, celle-ci par exemple: Il faut rendre un culte à Dieu. Mais, comme la proposition pratique dépend de quelque proposition spéculative, car rintellect spéculatif « devient pratique, ainsi que s'exprime saint Bonaventure,... et la même faculté qui dirige d'abord les idées spéculatives règle ensuite les opérations (2) », cette proposition pratique peut être connue relativemeyit à nous, en tant qu'elle ne dépend d'aucun autre principe pratique antérieur ; mais cela n'empêche point qu'elle n'exige quelque connaissance spéculative qu'on ne peut acquérir sans l'emploi du raisonnement.

19. Quant à Frédéric Jacobi, nous avons également démontré dans la Dynamilogie (3)^ àl'encontre de son système, i* que la comiaissance instinctive était absolument incompatible avec la nature raisonnable de l'homme ; 2° que le critérium du sentiment intérieur^ dont il fait la base de toute certitude, est tout à fait incapable de nous manifester la vérité. Ajoutez à cela que si nous connaissions la vérité de l'existence de Dieu par la manifestation de quelque sens intérieur^ cette connaissance serait variable, relative, et subjective, au lieu d'avoir une portée objective ; car les manifestations du sentiment intérieur ne sont autre chose que cenaines modifications de notre âme ; or les modifications de l'âme sont sujettes à

(i) Vol. I, Dynamilog., ch. X, art. 8, pag. 792 et suiv.

(2) In lit. II Sent., Dist. XXIII, p. I, a. 2, q. i ad arg,

(3) Vol. I, DynamiLf ch. X, art. 8, pag. 732, net. i.

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