‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernesChapitre 65 sur 106 · Dans la Cosmologie (4)^ nous avons déjà répondu · texte numérisé non relu

Dans la Cosmologie (4)^ nous avons déjà répondu

(1)1, q. XIX, a, 7C.

(2) Serm. Advers. hceret.^ ^^PPf t- H, pag. 262, Romae 1743.

(3) In Psalm. LXXIT.n. 7. Dans le livre V, De Trinit., c. XVI, n. 17, il ajoute: « Si nous disons que Dieu est en colère contre les méchants et qu'il est miséricordieux envers les bons, c'est que les hommes changent et non Lui • on peut le comparer à la lumière qui est incommode pour les yeux infirmes, tandis qu'elle est toute bienfaisante pour les yeux exempts d'infirmité, non par l'effet d'un changement survenu dans la lumière, mais à raison de la disposition diverse desorganes. » Cf. S. Justin, Quœst. et respons. adOrthod., q. XXXVI Opp., pag. 41 5, Lutctiae Parisiorum i6i5.

(4) Cosmolog.t ch. VII, art. 3, pag. 698 et suiv., vol. II.

aux objections que Ton tire et de la création du monde dans le temps, et des diverses dénominations que Dieu eii "a reçues. Mais nous croyons devoir expliquer ici plus au loiig la réponse que nous avons faite et (jui'eèt fondée itiif ^e que les relations de Dieu avèc^ les' 'créatures sbnt réelles dans celles-ci et seulement logiques Q.ViT>ït\i^ corùiriè' nous ravons dit d'après saim Augustin. '^'''^' ''^'['^'''^J^^ ^''" r^.' Utie'^ Relation réelle dans Tun et 'Pautre extrême" demande que la cause de la relation soit la même dé part et d'autre ; par exemple, entre deux choses qui sont entre etles comme le double et la moitié, la relation est réelle des deux côtés, parce que la raison pour laquelle Tune se rapporte 'à Tautre, c'est-à-dire la quantité, est la même dans Fuii et l'autre extrême. Il en est encore ainsi de la relation qui existe entre V agent et le patient ; la cause qui lés feit se rapporter Tunà l'autre, c'est la perfection de Fun et de' ràutrè, car tout agent créé se perfectionne en agissant, patce que Faction le constitue en acte, d'autre part le patient reçoit une ceftâme perfection de Faction même que Fagent exerce sur lùî. ' Mai^, ^î dans Fun des extrêmes it'n'' existe aucune raison pouf laquelle cet extrême se rapporte à l'autre, et que par conséqûérit la cause de leur relation soit de diverse natùfe, 'là relation n'est pas réelle des deux côtés : par exemple, « une pièce de monnaie peut n'avoir aucun rapport avec la valeur que- les conventions humaines lui attribuent; de même Fhomdie h'^a rien de commun avec les opérations au moyen desquelles le peintre reproduit son image ; c'est pourquoi ni l'homme n'a une relation réelle avec son image, ni la pièce de monnaie avec sa valeur conventionnelle ; mais non pice versa (ij. » Or la cause des relations qui existent entre Dieu et les créatures est d'une nature tout autre ; en effet, dans les créatures, il existe une cause réelle qui les fait se rapporter à Dieu, mais «n Dieu il n'existe aucune cause pour laquelle il se rapporterait aux créatures ; càx ï^ substance de Dieu, étant Vêtre même subsistant par soi, est affranchie de tout rapport réek

(0 Ql- <iispP'i De Pot. f q. VÎI^ a. ^o c. S.Thomas ajoute dans la réponse aux objections (ad 12), à propos de ces sortes de relations : « Quoique l'affirmation de Tune appelle l'affirniation de l'autre, cependant il n'est pas nécessaire que ces deux relations aient le même caractère, mais il suffit que l'une soit réelle, car l'autre peut n'être qu'une relation de r^isoi^.^^^^^^ ^^^ uo aonfiî

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avec les choses qui existent hors d'elle (i) ; « Dieu, dit saint Thomas, n'agit point au moyen d'une action commune ayant en lui son point de départ et se terminant à la créature, mais son action est sa substance même, et tout ce qui est dans la substance Divine est complètement en dehors de tout bien créé pouvant rapporter la créature à Dieu ; d'ailleurs la production de la créature n'ajoute rien non plus à la bonté du Créateur (2). » Par conséquent, « comme les créatures se rapportent à Dieu et non vice versa, il est manifeste que les créatures ont un rapport réel avec Dieu, mais il n'existe en Dieu aucune relation réelle avec les choses créées, il n'y a de lui à elles qu'un rapport de raison qui résulte de ce que les créatures se rapportent à Dieu (3) » ; c'est-à-dire « de ce que notre esprit conçoit Dieu comme le terme des relations que les créatures ont avec lui (4). »

193. Qu'on nous permette de reproduire cet autre raisonnement du même saint Docteur : « Les relations dont il s'agit et qui existent entre Dieu et ses effets ne peuvent être réelles du côté de Dieu. Car elles ne peuvent exister en Dieu comme des accidents qui existent dans leur sujet, puisqu'en Dieu il n'y a nul accident... Elles ne peuvent être non plus la subs-

(i) « L'Être même, dit S. Justin, n'admet pas de relation »; Op. cit. y q. CXIII, pag. 467, éd. cit.

(2) Qq. dispp., De Pot., q. Vil, a. lo c.

(3) I, q. XIII, a. 7 c. Après avoir défendu la même opinion, Suarez conclut ainsi: a La Nature divine, la puissance et les autres attributs sont si absolus en eux-mêmes, si abstraits et si indépendants de tout rapport aux créatures, qu'ils ne peuvent faire rapporter Dieu aux créatures, soit d'une manière objective et réelle, soit même d'une manière vraiment formelle, que les créatures existent, ou n'existent pas. On ne peut donc les concevoir comme conférant à Dieu des noms et des relations réelles, car toute dénomination indiquant une relation de Dieu aux créatures est purement rationnelle et logique » ; Metaphys. dispp., disp. 47, sect. i5, § 23.

(4) QSÎ' dispp., De Pot.., q. VII, a. 1 1 c. S. Bonaventure enseigne la même chose: « Parce que, lorsqu'il conçoit qu'une chose se rapporte à une autre, notre esprit les compare ensemble, il arrive que Dieu nous est connu comme terme d'un rapport ou d'une relation à laquelle rien ne correspond en Dieu que la divine essence, mais à laquelle quelque chose correspond du côté de la créature... Par conséquent ces noms que nous attribuons à Dieu n'impliquent pas une relation réelle en Dieu, mais une simple relation de raison » : In lib. I Sent.., Dist. XXX, a. i, q. 3 resoL II ajoute un peu plus loin: a Quant à cette objection qu'il existe là un rapport de cause et d'effet, nous répondons que le rapport de l'effet à la cause est un véritable rapport et une vraie relation, mais que le rapport de la cause à l'effet n'est pas réel en Dieu, mais qu'il est seulement intellectuel et logique, car il n'y a de réel en Dieu que sa substance ou son essence » ; Jbid. ad arg.

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