En outre, l'essence Divine est non-seulement, comme
(1) Epîstolarum lib. II, Epist. XVII, Opp., t. I, pag. 122, Romae 1606.
(2) In lib. I Sent., Dist. XXXIX, a. 2, q. i resol.
(3) Voir ci-dessus, pag. 594.
(4) Contr. Gent.^ lib. I, c. 46.
(3) Contr. Gent., lib. I, ibid.
DES ATTRIBUTS DE DIEU ABSOLUS ^99.0<i'
nous Tavons montré, Tespèce intelligible, ou, autrement dit, ? le moyen /7ar lequel Dieu connaît les choses (i), mais de plus elle est le milieu dans lequel les choses lui sont connues, c'est-à-dire la raison qui une fois connue expUque Tintellection de tout le reste (2) ; il est défait que, si cela n^était point^,^ ainsi, Tessence Divine ne serait pas connue immédiatement ^.j et par soi, ce qui est contraire à toute raison, ainsi que nous, , Pavons démontré (3). Suivons Targumentation de saint Tho-^^^ mas : « Ce qui donne à l'opération intellectuelle sa nature., spécifique et sa noblesse, c'est la chose qui lui est connue im-:... médiatement et par soi, puisque cette chose constitue son^.^ principal objet. Si donc il était vrai que Dieu eût autre chose que lui-même comme premier objet d'intellection, son opé- . ration intellectuelle recevrait d'un autre son espèce et sa .. noblesse, ce qui est absolument impossible, attendu que son opération et son essence ne font qu'un. Par consé-quent il est impossible que le premier objet de Tintellectioa^ Divine soit autre chose que Dieu lui-même (4). » ^
234. Or, s'il enest ainsi, il faut admettre également que Dieur^ connaît les choses en lui-même et non en elles-mêmes. « Quoi- j que Dieu perçoive toutes les choses célestes et terrestres et, jusqu'aux moindres détails de chacune d'elles, dit saint Am- ^ broise, il est certain néanmoins qu'il ne perçoit rien hors de. . lui, et qu'il contemple tout en lui-même (5) » ; enj4!aut;eSi
(i) « On a coutume, dit le cardinal Gottl, de distinguer deux sortes de mi-^o lieu pouvant servir à la connaissance des choses. L'un appelle milieu non connu, ou medimn quo ; c'est l'espèce ou la forme intelligible, que nous app&i Ions aussi espèce impresse, laquelle constitue, il est vrai, le moyen de connaître'! l'objet qu'elle représente, ainsi que le principe de la connaissance, mais sans être elle-même l'oè/ef qui est connu, objectum quod. Outre ce milieu, ily a en a un second appelé milieu ou moyen antérieurement connu, ou encore mcdium quod ou in quo : tel est le miroir dans lequel nous voyons l'objet quv» s'y trouve représenté ; telle est la cause dans laquelle nous connaissons, une fois connue elle-même, l'effet qu'elle contient; tel est encore l'objet principalfî dans lequel on connaît l'objet secondaire; » Theolog. Schol.Dogm., t. I, tract. IV, q. II, dub. 2, g 2, pag. 189, Venetiis ijSo.
(2) Avant même que nous en fassions la remarque, on comprend de reste que ce milieu ou moyen de la science Divine ne doit pas être entendu en ce sens qu'il y ait en Dieu un acte qui serve à la connaissance des autres ; on a voulu simplement indiquer l'ordre dans lequel se succèdent logiquement les objets que l'intellect divin connaît par un acte très-simple.
(3) Voir ci-dessus, pag. 594-595.
(4) Contr. Gent., lib. I, c. 48, n. 7.
(5) Tract. inSymb., c. I, Opp.j t. IV, pag. 66, éd. cit.