‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernesChapitre 8 sur 106 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

diatemcnt dans Thomme chaque opération de Tâme et chaque mouvement du corps ; ce qui, comme nous le prouverons bientôt, est absurde et indigne de la sagesse de Dieu (i).

42. Joignons à cela que le système des causes occasionnelles est opposé au témoignage constant et très-net de la conscience, à Topinion du commun des hommes, et à celle des Philosophes eux-mêmes. En effet nous éprouvons en nousmêmes que notre corps reçoit de Tâme sa vie et sa vigueur et qu'il est mu par elle, et réciproquement que Pâme dépend du corps dans ses opérations. D'où il arrive que chacun s'attribue, ainsi que nous Tavons indiqué plus haut (2), et les opérations de Tàme et les mouvements du corps; et chacun dit avec une intime et entière conviction : Je pense^ je veux^

je m'assieds^ je me promène etc., expressions qui toutes signilient qu'il se regarde comme le principe unique et complet et comme l'unique sujet des opérations de Tâme aussi bien que des mouvements du corps. Les Occasionalistes ne nient pas ce témoignage de la conscience, mais ils soutiennent qu'on ne doit pas s'y fier, parce qu'ils regardent comme indubitable que l'activité ne peut convenir aux choses finies. Mais nous leurs répéterons: i" que le témoignage de la conscience dont il s'agit ici est si profond et si universel qu'il ne saurait être répudié que par ceux qui sont disposés à tout sacrifier au plus opiniâtre scepticisme ; et 2° que la raison sur laquelle ils se fondent pour répudier ce témoignage est sans valeur et même complètement absurde, comme nous l'avons démontré.

43. Enfin le système des causes occasionnelles enfante des conséquences impies. La plus grave de toutes, celle qui a principalement rapport à notre sujet, c'est qu'il détruit toute la moralité des actions humaines. En effet, si l'âme n'est pas, de concert avec le corps, le principe et le sujet de toutes les opérations corporelles et que Dieu en soit l'unique cause, ce n'est point à l'âme, c'est à Dieu même que doivent être attribuées les actions bonnes ou mauvaises que l'âme paraît accomplir par le moyen du corps. De même, si l'âme n'est pas le principe actif de ses pensées, si Dieu les produit en elle à

(i) Théodicée, r* part., g Ci, pag. 32o. (2) Voir ci-dessu» g i 3, pag. 14,

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