CHAPITRE VIL — ORIGINE DE L'AME HUMAINE
g 41 5. D'où l'âme tire-t-elle son origine? à quelle époque remonte le commencement de son existence? Tel est le double sujet de ce chapitre sur l'origine de • ame humaine. Pag 3 1 3
Art I. — Réfutation de V émanatisme
g^ 416. Pythagore enseigne que l'essence divine est répandue dans tout l'univers à la manière d'une âme et que l'esprit humain en dérive; suivant Platon, les âmes raisonnables émanent de l'inielligence divine par l'âme du monde ; pour les Stoïciens, la nature divine, semblable à un feu wls-pur et doué de vitalité, est répandue par tout l'univers, c'est d'elle que nos esprits émanent. — ^^^^^ ^-^s Néoplatoniciens combinèrent ensemble l'opinion de Platon et celle des Stoïciens: de YUnitc émane Y Intelligence', de l'inteiligence émane Vdme universelle qui est ensuite le principe des dmes particulières. — 41S. l^cs Manichéens c\ \esPriscillianistes crurent également que l'âme était une émanation de la divinité ; ajoutons à celle liste quelques philosophes anjôes, qui admettaient un intellect séparé. -=- 419. Spinoza fait de l'esprit humain une partie de l'intelligence infinie de Dieu ; Pierre Poiret arrive au même résultat; enfin Arhcns et les panthéistes transcendantalistcs confondent l'âme avec la substai:ee divine. — 420. Cette dernière erreur se réfute par les mêmes arguments que le panthéisme, —421. i"^ Telle est la simplicité qui con-
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vient à Dieu qu'on ne saurait imaginer en lui aucune espèce de composition ; or l'âme humaine est au moins composée de puissance et d'ac/e ; donc. — 422. 2" Nous avons démontre ci-dessus que l'dme est naturellement la forme du corps ; ce qui répugne à la nature divine. — 423. 3» L'âme chanpçe cl varie^ tandis que la substance divine est immuable. — 424. 40 Si l'âme humaine dérivait de la substance divine, il faudrait admettre ou bien que /'immutabilité divine convient à l'âme, ou bien que les changements propres à l'âme conviennent à Dieu. — 426. Les partisans de Yémanatisyne citent en faveur de leur opinion ces mots de la Genèse : Inspiravit in faciem ejus spiraculum vitœ ; mais tel n'est pas le sens de ces paroles. Pag 3i5-32i.
Art. II. — Que l'dme humaine vient au monde par création et non par génération
g§ 426. Puisque l'âme humaine n'est pas une émanation de la substance divine, il s'agit de savoir si elle est produite par création ou par génération. — 427. Ceux qui assignent à Vorigine de l'ânie cette dernière cause sont appelés traducianistes ; Tertullien et Apollinair-e furent les premiers auteurs de cette opinion. — 428. 11 est faux que S. Augustin l'ait jamais soutenue. — 427. 11 serait /éméra/re aujourd'hui de soutenir le traducianisme; Ubaghset le baron de Berlepsch ont tort de l'oublier. — 430. D'après Rosmini, l'âme d'abord toute sensitivCf deviendrait ensuite intellective parla présence de l'idée d'être que Dieu lui manifesterait. — 431. Le traducianisme peut s'entendre en deux sens: l'âme du fils vient de Tâme du père médiatement ou immédiatement ,* or l'une et l'autre hypothèse est absurde. — 432. Cette opinion conduit à cette conséquence que l'âme ne serait pas subsistante et qu'elle se dissoudrait avec le corps. — 433. On ne peut dire que l'âme du fils procède immédiatement de l'âme du père. — 434- De la fausseté du traducianisme on peut déduire, comme corollaire, que les âmes sont produites par Dieu au moyen d'une création véritable. — 435. S. Bonaventurc confirme cette doctrine par deux arguments tirés l'un de la dignité de l'âme et l'autre de son incorruptibilité. — ^36. C'est Dieu, dit Isaïe, qui forme l'esprit de l'homme dans l'homme même, — 437. ire Objection. L'homme est engendré par l'homme ; or l'homme se compose d'un corps et d'une âme; donc l'âme résulte de la génération. — 438. Réponse : Quoique l'âme raisonnable ne soit pas engendrée, cependant son union avec le corps est en quelque sorte l'oeuvre de celui qui engendre ; car celui-ci produit dans la matière la disposition qui appelle naturellement l'âme comme son complément nécessaire. — 43g. 2e Objection. Un être ne peut provenir de deux causes diverses: or cela aurait lieu si le corps était engendré et l'âme créée ; donc. — 440. Réponse : Il ne répugne pas qu'un être soit produit par deux causes diverses, pourvu que l'une soit soumise à l'autre et lui serve comme d'instrument: dans la génération, la nature est comme ufi instrument qui dispose le corps à recevoir l'âme. — 44 ï. -?<' 06jection. Si l'âme procède des parents, on s'explique très-bien comment le fils ressemble à son père par les qualités morales. — 44^. Réponse: On peut l'expliquer aussi d'une autre manière : la disposition de l'âme raisonnable suit la disposition du corps, son à voiîson de Y influence du corps sur elle, soit parce que Dieu diversifie les formes suivant la diversité de la matière. — 443. 4e Objection. En dehors du traducianisme il est impossible d'expliquer la transmission du péché originel. — 444. Réponse: Les théologiens expliquent parfaitement la transmission du péché originel sans admettre que l'âme se propage par génération. — 445. L'âme sensitive ne peut se transmettre dans' l'homme par génération, comme l'a cru Rosmini ; car de même que la sensibilité disparaît si l'àme raisonnable quitte le corps, de même elle doit se répandre dans le corps à l'arrivée de l'âme. — 446. En outre, Yêtre de l'âme humaine, laquelle est à la fois sensitive et raisonnable, est itn ; or l'âme humaine, en tant qu'elle est raisonnable ne tire pas son être de la génération ; donc. — 447. Mais, dit-on, le fxtus est déjà vivant qu'il n'est pas encore informé par .l'âme raisonnable ; nous rejL^O)iio>w que l'âme végétative et sensitive, à laquelle