‹ Éléments de littérature (volume 3)Chapitre 53 sur 69 · STROPHE · texte numérisé non relu

STROPHE

D'autres sont composées de trois asclépiades et d'un gliconique. Elles sont au nombre de neuf, et rien de plus harmonieux, m Quàntô quîsqiië sYbî plûr^ në^âvt^iït,

" A dis plûrâ f^rët. Ml cùpïëntïûm

Nûdûs câstrâ pëto; et trânsfûgâdîvtlûm l'ârlës linqùerë gëslïô.

Mais la forme qu'Horace paraît avoir le plus aimée, et qui lui est la plus familière, est celle où deux vers alcaïques, divisés comme l'asclépiade , et terminés de même, mais ayant un ïambe , ^ -, à la place du premier dactyle , sont suivis d'un vers ïambique de quatre pieds et demi , et d'un alcaïque formé de deux dactyles et de deux chorées.

Fôrlês cieânlûr lôrtïbiSs et bônïs :

Est in jùvêncis, ëstïn eqnîs patiûm Vïrlûs; nëc în>bëllëm fôrôcës Piôg?nëiânt âquïlâe côlûmbâni.

Ces odes sont au nombre de trente-sept. Le rhythme en est majestueux , et le poète y a répandu les pensées et les images avec la plus riche abondance. Ainsi , dans les odes d'Horace , la strophe est composée de quatre façons différentes; et avec la plus légère attention de l'oreille , on en distinguera le rhythme. Il en sera de même des odes en distiques; et si parmi les formes qu'Horace leur a données, il en est quelque-unes dont l'harmonie n'est pas sensible à notre oreille, le plus grand nombre a pour nous encore une cadence assez marquée : celles, par xemple, qui sont mêlées d'un vers gliconique et d'un asclépiade :

Virlutem incolumem odimus ; Sublatam ex oculis quœrimus invidl.

(belles aussi qui sont composées d'un hexamètre et d'un fragment d'hexamètre :

Mista senum acjuvenum densaniur funera : nullum Sœvacaput Proserpinafugit.

Ou d'un hexamètre et de son premier hémistiche en dactyles:

Immortalia ne speres : monet annus^ et almum Quœ rapit hora diem.

Ou d'uu vers ïambique de six mesures, et d'un vers ïambique de quatre :

Viderefessos vomerem inversum boves Collo trahentes languido.

Ou d'un liexamètre, et d'un ïambique de quatre pieds :

Nox erai, et cœlo fulgehat luna sereno, In ter minora sidéra.

Ou d'un hexamètre , et d'un ïambique pur :

BarbaruSj heu ! cineres insistet Victor, et urbem Eques sonante verberavit ungula.

Mais ce qui ne laisse pas d*être une énigme pour nous, et ce qui nous semble une négligence inexplicable dans un poëte aussi attentif et aussi habile qu'Horace, à donner à ses vers lyriques tous les charmes de l'harmonie; c'est de voir, même dans les odes qu'il a divisées en quatrains , le sens enjamber à tout moment d'une strophe à l'autre, sans qu'il ait cru devoir se donner aucun soin de les couper par des repos.

Tantôt la phrase commence à la fin ou au milieu d'une strophe, et va se terminer au milieu ou à la fin de l'autre. Tantôt le vers, et quelquefois le mot, qui devrait clore en même temps la pensée et le rhythme, et qui manque à la strophe pour en fixer le sens , se trouve jeté et isolé au commencement de la strophe suivante.

Valet ima siimmis —

Mutare, et insignem atténuât Deus, Obscura promens. Hinc apicem rapax For luna , cum stridore acuto, Sustulit; hic posuisse gaudel. ( L. I, od. 34. )

Quid nos dura refugimus

J'JtasP Quid intactum nefasti Liquimus ? Unde manum juventus — Metu deorum continuit? quitus

Pepercit aris?.... (L. I, od. 35.)

Ausa etjQcentem visere regiani Vultu sereno, for tis et asperas Tractare serpentes, ut atrum

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