‹ Eléments de littérature (volume 4)Chapitre 6 sur 27 · OO K L E M E A' T S · texte numérisé non relu

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réduit de même , dans les temps éloignés , au mécanisme naturel des causes morales et physiques; et il n'y a plus eu de miracles que ceux du génie et de la vertu.

Il est bien vrai que cette partie reculée de notre histoire est d'une sécheresse extrême, en comparaison de l'histoire fabuleuse des anciens temps ; mais ce n'est ni pour les enfants , ni pour le peuple qu'elle est écrite ; et du moins ce qui nous en reste, on peut le croire sans rougir.

Mais il est pour Vhistoire un autre genre de superstition , nationale ou personnelle , dont elle n'a jamais assez écarté les illusions. Un historien ^ pour être impartial et juste, devrait n'être , comme on l'a dit, d'aucun pays, d'aucun système politique, d'aucun parti religieux. Celui qui se passionne, ou pour les intérêts de sa secte ou de sa patrie , ou pour la faction qu'il embrasse , ou pour le caractère du personnage qu'il met en scène; celui qui se laisse éblouir par des talents , par des exploits, ou par des qualités brillantes; celui dont l'admiration se range du côté de la bonne fortune et pardonne tout au succès; celui qui dans le faible ne voit que le jouet du fort , et qui dans les événements oublie le juste et l'honnête, pour tout accorder à l'utile; celui, enfin , qui n'a pas droit d'écrire , comme Tacite à la tête de ses annales , sine ira et studio , n'est pas digne de la confiance de la postérité ; et il en est peu d'assez libres de toute espèce de préven-

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lions OU d'alFections personnelles , pour se rendre ce témoignage. La politique a ses préjugés , l'esprit de parti son délire ; les intérêts de l'ambition, de l'orgueil , de la fausse gloire , la passion de dominer et d'envahir, enfin le zèle du bien public, l'amour de la cité, l'esprit de corps, ont aussi leurs préjugés superstitieux et leurs maximes fanatiques , dont Vhistorien doit être dégagé pour être impartial et juste. Et qui l'est parmi les modernes? Qui le fui parmi les anciens?

Partout V histoire s'est pliée aux mœurs et à l'esprit du temps. Un peuple a-t-il voulu primer dans son pays comme les Athéniens, se rendre uniquement guerrier comme les Spartiates , conquérant comme les Romains, maître delà mer et du commerce comme les Carthaginois ; Vhi'sloire a trouvé juste et grand tout ce qu'il a fait pout atteindre au but de son ambition. Le système de son gouvernement, ses lois , sa politique, sa morale même, tout a été soumis à la raison d'état. Les crimes nécessaires ou seulement utiles à sa grandeur, à sa puissance , se sont érigés en vertus. \] histoire y ainsi que les nations déprédatrices et conquérantes , semble avoir pris pour règle d'équité le mot de Brennus : Vœ victis.

Al l'égard des modernes, je veux bien m'interdire toute espèce d'application ; mais à parler librement des anciens , voyez , dans Xhistoire romaine, si jamais le droit de conquête et de rapine est mis en doute; si aux dévastateurs du

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