‹ Elements de mecanique par le cap.e Kater et le dr. LardnerChapitre 162 sur 167 · EXPLICATION DES EFFETS DES MACHINES · texte numérisé non relu

EXPLICATION DES EFFETS DES MACHINES

ges modernes sur Taction des machines sont conçus dans la théorie ieibnitzienne ; et il était bon que le lecteur eût quelque idée de l’une et de l’autre.

412, — Nos remarques nous conduiront encore A apprécier à sa juste valeur une certaine métaphysique des machines , qui a généralement cours dans les livres de mécanique, et à laquelle des philosophes, des écrivains ont souvent fait allusion, même en traitant de tout autres matières. Les machines, dit-on, sont de leur nature des instruments passifs, qui ne peuvent agrandir les effets des puissances motrices dont l’homme dispose, mais seulement servir à répartir différemment ces effets. Ce qu’on fitagnc en force on le perd en vitesse : si une masse plus grande est ébranlée, elle décrira dans le même temps un moindre espace. On a déjà va ces considérations exposées dans le chapitre XIII de cet ouvrage ; citons encore un passage de Carnot, où elles sont résumées avec beaucoup de concision ;

« L’avantage que procurent les machines n’est « pas de produire de grands effets avec de petits « moyens, mais dé donner à choisir entre différents « moyens qu’on peut appeler égaux, celui qui con- « vient le mieux à la circonstance présente. Les « points fixes et obstacles quelconques sont des for- « ces purement passives, qui peuvent absorber un « mouvement, si grand qu’il soit; mais qui ne peu- « vent jamais en faire naître un, si petit qu’on i( veuille l’imaginer, dans un corps en repos. Or,

« c’est improprement que dans le cas d’équilibre ,

(( on dit d'une petite puissance, qu’elle en détruit « une grande. Ce n’est pas par la petite puissance

(( que, la grande est détruite; c'est par la résistance « des points fixes : la petite puissance ne détruit réel- « lement qu'une petite partie de la grande, et les «( obstacles font le reste. Si Archimède avait eu ce « qu'il demandait (un levier et un point fixe pour « soutenir le globe terrestre), ce n'est pas lui qui (( aurait soutenu le globe de la terre, c'est son point « fixe ; tout son art aurait consisté à mettre en oppo- « sition les deux grandes forces, l'une active, l’autre <( passive, qu’il aurait eues à sa disposition ; si au « contraire il eût été question de faire naître un « mouvement effectif, alors Archimède aurait <( été obligé de le tirer tout entier de son propre « fonds', aussi n’aurait-il pu être que très-petit, U même après plusieurs années. N’attribuons donc « point aux forces actives ce qui n'est dû qu'à la ré- « sistance des obstacles, et l'effet ne paraîtra pas plus <( disproportionné à la cause dans les machines en « repos que dans les machines en mouvement »

Mais la passivité de la machine, sur laquelle repose tout le raisonnement qui précède , n’empêche pas qu’une machine n'agrandisse réellement l'effet des puissances motrices, dés l'instant qu’il ne s’agit plus d’une classe particulière d’effets dynamiques , de ceux qui sont mesurés par les quantités de travail ou de force vive. Si, dans la Fig. 113 qui nous sert habituellement d’exemple, on supprime le poids P, et si l’on suppose que, pendant que le poids W, en descendant , fait tourner la roue, les chevilles

' Principes fondamentaux de l’équilibre el du mouvemenl, n' 2C.

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