DIVISIBHJTÉ DE. LA MATIÈRE
par mètre. Allons encore plus loin : celle portion de 01 peut èlre vue avec un microscope qui grossit 500 fois, et qui en rend visible la 500'^ partie. De cette manière un milligramme d'or, ou la millionième partie d'un kilogramme , sc trouve partagée en 16 millions de parties qui toutes possèdent les caractères que l'on retrouve dans les plus grosses masses de ce métal. Elles conservent leur solidité, leur texture, leur couleur, résistent aux mêmes agents, se combinent avec les mêmes substances. Si l'on plonge le 01 d'or dans l’acide nitrique , l'argent sera dissous, mais les particules d'or que l’acide n'aliaque pas conserveront leur cohésion et se soutiendront en forme de tube creux.
15. — Le monde organique nous offre des exemples encore plus remarquables de l’alténuation prodigieuse de la matière.
Le sang qui coule dans les veines des animaux n'est pas ce qu'il parait être, un liquide rouge homogène. Il dépose de petits globules albumineux qui flottent dans un fluide transparent connu sous le nom de sérum. Ces globules varient de figures et de dimensions dans les différentes espèces animales. Chez l’homme et chez les autres mammifères , ils sont parfaitement sphériques. Chez les oiseaux et chez les poissons ils ont une forme sphéroïdale oblonguc. Dans l’espèce humaine le diamèhe des globules est d'envion six millièmes de millimètre ; • ainsi une goutte de sang , suspendue è la pointe , d'une fine aiguille , en contient prés d’un million.
Quelque petits que soient ces globules , le règne animal nous offre des êtres de dimensions encore
16 ÉLÉMEM'S DE MÉCA.NIQUE. CHAP. II.
moindres. On a découvert des animalcules tels que le volume d’un million d’entre eux n’excéderait pas celui d’un grain de sable, cl chacune de ces imperceptibles créatures a des membres qui ne sont pas organisés d'une manière moins curieuse que ceux des plus grandes espèces. Elles ont une vie et des mouvements spontanés qui dénotent des sensations et un instinct. Ces mouvements étonnants par leur rapidité ne semblent pas soumis à un hasard aveugle, mais au contraire paraissent déterminés par un certain choix cl dirigés vers un but. Les animaux dont nous parlons mangent et boivent, cl sont pourvus d’un appareil digestif. Ils sont doués d’une grande puissance musculaire, et, pour cela, leurs muscles doivent avoir autant de force que de Uexibilité. Spallanzani a vu de ces animalcules qui en dévoraient d’autres avec tant de voracité, qu’il engraissaient et devenaient indolents par l’excès de nourriture. A la suite de tels repas, si on les mettait dans de l’eau distillée où les aliments leur manquaient, ils revenaient à leur ancien état, recouvraient leur activité, s’amusaient à poursuivre les animaux plus petits qu’on leur présentait, et les avalaient sans les tuer, puisqueavec le microscope on voyait encore ceux-ci se mouvoir dans leurs estomacs. Ces phénomènes singuliers ne nous offrent pas seulement un spectacle curieux : ne nous amènent-ils pas à conclure que ces animalcules ont des organes faisant fonction de cœur, d’artères, de veines, de muscles, de nerfs’, de tendons? qu’il y a des fluides en circulation dans ces organes? et en un mot qu’on doit y retrouver les détails si compliqués des appareils de l’organisation animale?
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