MACHINE D ATTWOOD
Anales , ù la fin de chaque seconde de chute , pourront être exprimées par la série des nombres pairs,
2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, etc.
A la latitude de Paris , la vitesse finale sera donc de O”, 81 par seconde, au bout de la première seconde de chute, et de 98™, 1 au bout de la dixième seconde.
124. — Après avoir développé théoriquement les lois du mouvement des corps qui obéissent librement à l’action de la pesanteur, ou de toute autre ' force dont l’inlensilé et la direction ne varient pas, il est utile d'expliquer comment ces lois peuvent Cire établies par l’expérience. Plusieurs circonstances rendent ditïïciles, sinon impossibles, les expériences directes sur la chute des corps. Nous voyons par le tableau de l’art. 121 que, pour pouvoir observer les lois du mouvement, seulement pendant 4 secondes de chute , il faudrait disposer d’une hauteur de près de 80 mètres. La vitesse finale, au bout de la quatrième seconde de chute, serait d’environ 40 mètres par seconde , vitesse beaucoup trop rapide pour qu'on puisse la mesurer avec exactitude, lors même qu’on disposerait de la hauteur convenable. Enfin, lorsqu’on opère sur de telles hauteurs, il est impossible de se débarrasser de la résistance de l’air, qui devient très-considérable pour des vitesses aussi rapides.
125. — Ces considérations ont suggéré à George Attwood , géomètre et physicien du dernier siècle , l’idée d'observer les phénomènes de la chute des
corps , en subsliluanl à l’aclion de la pesanteur celle d’une force de même genre, c'esl-â-dirc agissant d’une manière continue et uniforme, mais avec une moindre intcnsilc. Les lois du mouvement devant être les mêmes en pareil cas que celles qui régissent • la chute des corps pesants , il lui sulTisait de modérer l'inlensilé de la force , de manière que l’expérience , prolongée même pendant un assez grand nombre de secondes, permit de prendre des mesures pré- , cises; après quoi une simple proportion lui donnait . les résullals qu’on aurait obtenus, si les corps avaient été soumis à une force aussi intense que la pesanteur terrestre.
126. — Voici le mécanisme imaginé par Altwood pour réaliser cette idée. Un til de soie très-lin {Fig. 23), aux deux extrémités duquel sont suspendus des poids cylindriques égaux, est enroulé sur la gorge d’une poulie qui tourne autour d'un axe lixe, avec le moins de frottement possible. Les poids, ‘ ainsi placés, se font parfaitement équilibre, et il n’y a aucun mouvement produit. On surcharge alors l’un dos poids d’un petit poids additionnel qui rompt l’équilibre , et fait descendre le poids surchargé . pendant que l’autre remonte. La force qui imprime ce mouvement nu système est la pesanteur, mais diminuée d'intensité, suivant une proportion qui dépend du rapport entre la masse du poids addi-., lionnel cl celle des poids principaux qui s’équilibrent. En effet , les actions exercées par la pesan- '• leur sur les deux principaux poids se délruiscmt réciproquement et ne contribuent en rien au mouvement du système. L’aclion de la pesanteur sur le