CONJONCTIVE
Tangle de l'œil. 11 coupe les deux chefs du fil sur un point rapproché des aiguilles qu'il retire. Il a ainsi trois ligatures : deux extrêmes qui étranglent le ptérygion perpendiculairement à sa longueur, et celle du milieu étreignant les insertions scléroticales de la tumeur. Au bout de quatre jours, on peut enlever les portions étranglées.
L'excision et la ligature sont plus simples et tout aussi efficaces que le procédé de Desmarres.
§ 3.Sjmblépharon.— Le symblépharon est constitué par l'adhérence de la conjonctive bulbaire et delà conjonctive palpébrale.
Les procédés opératoires destinés à remédier à cet état doivent varier suivant l'étendue de la bride qui unit la paupière à l'œil.
Je ne parlerai pas de la section de la bride faite avec un bistouri ou des cbeaux, suivie d'applications dessiccatives ou de l'interposition d'un corps étranger (œil artificiel, coque d'ivoire ramolli) ; CCS moyens sont d'une efficacité plus que douteuse.
A. Ligature. — Pour les brides peu étendues et incomplètes, c'està-dire n'allant pas jusqu'au cul-de-sac conjonctival, il suffit d'une simple ligature avec un fil de soie, d'argent ou de plomb. On peut, pour les adhérences un peu plus larges, se servir d'une double ligature dont chaque portion étreint la moitié de la bride. La section une fois opérée par la ligature, on excise la portion de la bride fixée à l'œil, et quand la plaie bulbaire est entièrement cicatrisée , on résèque la portion palpébrale de l'adhérence.
Dans les cas de symblépharon complet, c'est-à-dire s'étendant jusqu'au cul -de-sac conjonctival, on peut, à l'exemple de Brûlé, de Dijon, recourir à un procédé analogue à celui de Rudtorlfer pour les palmures digitales. Avec une aiguille-lance armée d'un fil de plomb, on perce la bride en travers au niveau du cul-de-sac palpébral, et on laisse dans la plaie le fil de plomb dont les deux extrémités ressortent et sont recourbées au niveau des angles palpébraux. On peut aussi nouer et resserrer de temps en temps les bouts du fil. C'est lorsque le trajet du fil de plomb est cicatrisé» qu'il faut diviser l'adhérence.
B. Procédé de ArlL ^ Un aide écartant la paupière du globe de l'œil, on passe un fil de soie à travers la partie du symblépharon la plus rapprochée de la cornée, et ensuite on sépare le symblépharoa
PTËRÏGION. 4UI'
du globe oculaire jusqu'à la partie inférieure. Cbaque extrémitâ du fil est alon armée d'une aiguille qui vient traverser la paupière de dedans en dehors, au voiainage de son bord orbitaire. Les extrémités du fil tout tirées et nouées du cOté de la peau, et les lissuB qui constî tuaient l'adhérence sont maiulenue déprimés au fond du cul-de-aac oculo-palpébral. On réunit par la suture la plaie de la conjonctive, et, lorsqu'elle est cicatrisée, on excise le petit lambeau qui formait le symblépharon .
C. AvUtplastie. — Ammon a employé un procédé qui tient de la blépharoplastie.
II circonscrit entre deux incisious réunies en V, Â base dirigée vers le bord libre, la portion adhérente de la paupière, el, laissant la bride adhérente k l'œil, il réunit par la suture entortillée les deux bords de la section palpéhrale. La réunion consolidée, il excise la bride.
On peut faire l'inverse, c'est-à-dire circonscrire et disséquer par une seclton en forme de V, l'implantation sur l'œil de la bride que l'on laisse adhérente à la paupière. On réunit ensuite les bords de la plaieconjonctivale, après avoir favorisé leur mobilisation par des incisions parallèles à la circonférence de la cornée.
[.'opération d'Ammon et celle que Je viens de décrire sont applicables au symblépbaron complet, mais peu étendu. C'est au Ejmblépbaron plus étendu que Teale a cherché a remédier par le procédé suivant, dans lequel il pratique une transplantation de la conjonctive bulbaire : il commence par faire sur la paupière adbé-
Fig. ISS, IST, IBS. — Sliiibl«|ibuUD. FroctM de T«le.
rente une incision correspondant au bord de la cornée et divisant dans toute son épaisseur la bride qu'il détache ensuite entièrement de la conjonctive bulbaire. Il reste ainsi à la surface de la sclérotique une perte de substance de la conjonctive. Pourla combler, Tcale prend sur laconjonctive oculaire (6g. 186, JXiMttu,, nid. opjraloire. )S
402 ANKYLOBLÉPHARON.
187, i88), deux lambeaux A et B disposés de façon que leur base conironte à la perte de substance et que leur sommet soit placé en dedans pour l'un, en dehors pour l'autre. Les lambeaux disséqués sont renversés et appliqués sur la perte de substance, Vun à la partie supérieure, l'autre à l'inférieure, et maintenus par des points de suture. L'opérateur rapproche ensuite par la suture les bords des plaies laissées par la migration des lambeaux. Ces lambeaux doivent comprendre la conjonctive, mais non le tissu sous-conjonctival.
La portion de bride laissée adhérente à la cornée s'atrophie au bout de quelque temps.
Teale rapporte un certain nombre de cas de succès obtenus par ce procédé, très-ingénieux sans doute, mais un peu compliqué.
Pour les cas de symblépharon complet où des adhérences anormales unissent une moitié du globe oculaire à la paupière correspondante, Ledentu a imaginé le procédé suivant : il commence par diviser les adhérences jusqu'au point où doit exister normalement le cul-de-sac conjouctival. Cela fait, il taille un lambeau en pont aux dépens de la conjonctive qui recouvre la portion saine du globe oculaire (la portion supérieure si le symblépharon siège en bas) ; ce lambeau, complètement séparé duglobe par sa face profonde, reste adhérent par ses deux extrémités. On le fait passer par-dessus la cornée, et on le fixe sur la surface avivée du globe oculaire primitivement adhérente à la face postérieure de la paupière.
Le lambeau ainsi mobilisé doit avoir au moins huit millimètres de largeur. 11 est maintenu par des points de suture.
Ce procédé encore de fraîche date parait appelé à rendre des services dans les cas d'adhérences très-étendues du globe et d'une des paupières.
§ 4. AakiloblépharoB (adhérence des bords libres des paupières entre eux).
Plus ou moins étendu, rankylobléphuron est traité par la section des adhérences avec le bistouri ou les ciseaux. On peut, pour plus de sûreté, passer une sonde cannelée entre l'adhérence et l'œil, avant de la diviser. Mais la section simple ne suffit pas ; il faut ensuite s'opposer à la reproduction des adhérences. On a eu recours, dans ce but, à l'interposition de corps étrangers, à des applications de collodion, à des cautérisations avec le nitrate d'argent
faites 8ur une seule paupière ; ce qu'il y a encore de plus sûr, surtout quand Tankyloblépharon avoisîne une des conunissures, c'est la suture de la peau et de la conjonctive suffisamment disséquée et renversée en dehors.
La réunion est facile à obtenir et prévient sûrement la récidive.
ARTICLE IV