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EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS

§ i . Corps étrangers. — Pour extraire un corps étranger de la cornée, il faut faire immobiliser la tête du malade et maintenir

Fig. 193. — BlépharotUt de Kelley-Snowden modifié.

les paupières écartées avec les doigts qui fixent le globe oculaire en pressant un peu sur lui ou avec un blépharostat (fig. 493, 194).

Si cette pression ne suffit pas, on doit recourir à la pince à fixation.

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Fiff. 194. — Blépbaroctat de Robert et CoUin.

Les procédés d'extraction varient suivant la profondeur à laquelle le corps étranger a pénétré. Quand il est très-superficiel, un morceau de papier enroulé et taillé en pointe, l'extrémité d'un bistouri, la curette de Daviel suffisent parfaitement.

Lorsqu'il est enfoncé plus avant, on doit recourir à des pinces fines ou mieux à l'aiguille à cataracte.

Mais si le corps étranger a pénétré très-profondément dans la cornée, on est exposé à le voir, pendant les tentatives d'extraction, tomber dans la chambre antérieure. Pour éviter cet accident, on enfonce derrière le corps étranger un couteau lancéolaire qui reste entre les lames de la cornée, si le corps à extraire n'a pas perforé la partie profonde de cette membrane, et qui, dans le cas contraire* pénètre dans la chambre antérieure.

11 faut, dans ce dernier cas, enfoncer le couteau trèB-obliquement pour éviter l'issue de l'humeur aqueuse. Le corps étranger étant maintenu en arrière par le couteau lancéolaire, on peut l'enlever sans danger avec des pinces ou une aiguille à cataracte.

Quand, malgré les précautions que Je viens de signaler, ou plutôt, par l'oubli de ces précautions, le corps étranger est tombé dans la chambre antérieure, on attend que cette chambre contienne une quantité suffisante d'humeur aqueuse et alors, avec un couteau lancéolaire, on fait une section de trois ou quatre millimètres à la périphérie de la cornée.

L'humeur aqueuse, en s'écoulant, entraîne le corps étranger. Au cas où il resterait encore dans l'œil, on exciserait la portion d'iris sur laquelle il est fixé.

Des applications réfrigérantes et des instillations d'atropine sont indiquées après ces opérations.

Pour les corps étrangers formés de parcelles de fer, on peut utiliser les propriétés attractives de l'aimant.

§ 2. ParacentèM de la cornée. — Cette petite opération qui a pour but de donner issue au liquide de la chambre antérieure ou d'évacuer le contenu d'un abcès de la cornée, se pratique

sinniTcon»-

Fig. 195. — Goateau UacéolAire.

avec une aiguille à paracentèse, c'est-à-dire une aiguille terminée en fer de lance et pourvue d'un arrêt ou, à son défaut, avec un couteau lancéolaire (flg. 495). 11 est bon d'avoir aussi un petit stylet courbe à pointe mousse.

L'œil étant fixé, on enfonce l'aiguille ou le couteau obliquement à la surface de la cornée et, lorsque la pointe a pénétré dans la chambre antérieure, on rapproche l'instrument de la face postérieure de la cornée, de façon à ne pas blesser l'iris. Si l'issue de l'humeur aqueuse ne se fait pas librement, on écarte les bords de la plaie avec le petit stylet.

§ 3. AbrasIoM «e U eeraéc.— * Cette opération destinée à faire dit-

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paraître les taches de la cornée consiste à racler la surface de cette membrane avec un couteau à cataracte ou un couteau lancéolaire.

A Faide d'un couteau étroit, on peut, dans quelques cas, tailler un lambeau comprenant une partie de l'épaisseur de la cornée, lambeau que l'on détache avec des ciseaux.

§ 4. OpéralloBs dlri|r^« coatre les ■tApbylèmeB de la eor- ■^e. — A. Staphylâme opaque. — Une série d'opérations ont été dirigées contre le staphylôme opaque.

Ce sont, sans compter l'énucléatîon de l'œil que je décrirai plus tard :

a. L'incision;

b. L'excision;

c. La ligature ;

d. Le se ton.

Il est bon pour ces différentes opérations de recourir à l'anesthésie.

a. Incision, — Le malade immobilisé, les paupières écartées et l'œil fixé, le chirurgien traverse de dehors en dedans la base du staphylûme avec un couteau à cataracte dont le dos regarde le fond de l'orbite ou avec un couteau lancéolaire à deux tranchants appelé staphylôtome; lestaphylôme est ainsi partagé en deux et l'œil se vide en partie. Immédiatement après on rapproche les paupières avec des bandelettes de taffetas et on fait la compression avec de la charpie maintenue par un monocle.

h. Excision. — 1^ Excision partielle. Avec un couteau à cataracte, on taille un large lambeau dans le staphylôme. L'œil en partie vidé, avec des ciseaux courbes on excise une partie du lambeau de dimension telle que celle qui reste s'adapte sur l'autre bord de la plaie à laquelle on la réunit par un point de suture.

2» Excision totale. Desmarre» recommande de passer un fil à travers la tumeur pour maintenir plus sûrement l'œil. On introduit de dehors en dedans, au niveau de la base du staphylôme et un peu au-dessous de son centre, un couteau à cataracte ou un staphylôtome, et on taille ainsi un lambeau dont on excise la base avec des ciseaux courbes. L'œil doit être immédiatement fermé, comme après l'opération décrite ci-dessus.

3<» Excision avec suture. — Critchett pratique l'excision avec suture (fig. i96, 197). Voici comment il procède : il commence par Ira-

veraer de haut en bas la baae du staphylôme avec quatre ou cinq

lûguilles couriiee armâes de fils de soie et laisse ces aiguille* en

placrï. Puis, au niveau de l'insertioa du muscle droit interne et avec un slaphylOtouie, il Tait une incision boriiontale de cinq millimètres. Il excise alorj, avec des ciseaux k pointe mousse, deux lambeaux ae mi-elliptiques comprenant le stsphylOme et s'anétant en avant des aiguilles. Le cristallin et une partie du corps vitré étant évacués, le chirurgien tire les aiguilles et noue les fils ; il Terme ainsi la plaie. Les points de suture sont laissés en place une ou plusieurs semaines.

C. Ligature {Borêlli). — On traverse la base de la tumeur avec deux épingles en croix, et au-dessous d'elles on Jette un fil que l'on serre fortement.

La portion étranglée se détache généralement au bout de tnHS Jours.

d. Séton. — De Grtere, dans le but de déterminer l'atrophie du globe oculaire passait transversalement dans le corps vilré, k l'aide d'une aiguille, un fli de soie double, qu'il laissait à demeure un temps suffisant pour produire une ophthalmite.

Un mot maintenant sur la valeur des opérations dirigées contre le itapbyiame.

L'incision simple expose i la récidive, l'excision à la suppuration,à l'hémorrhegie. Le sêton de de Grsere peut donner lieu à une phlegmasio trop intense, el la ligature de Borelli me paraît encourir le même reproche.

La méthode de Critcheit évite les inconvénients que Je viens de signaler.

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Au point de vue de la prothèse, il est évident que le moignon formé par un œil atrophié est préférable à celui que laisse un œil enlevé môme avec conservation de l'aponévrose et de la conjonctive; mais, en somme, Ténucléation a Tavantage de ne pas laisser place aux innaoauaaations dont un œil atrophié peut être le siège, et qui peuvent retentir d'une manière fâcheuse sur son congénère.

B. Staphylôme transparent. — Bowman, à l'aide de deux opérations successives d'iridésis (p. 420), changeait la forme de la pupille et la transformait en une fente verticale ou transversale.

De Grœfe a eu recours à l'opération suivante^ qui jouit d'une véritable efficacité, et qui, depuis, a été plus ou moins heureusement modifiée : dans le voisinage du sommet de la tumeur, il taillait avec un couteau à cataracte, et sans pénétrer dans la chambre antérieure, un petit lambeau qu'il détachait avec des ciseaux.

Tous les trois ou quatre jours, pendant deux ou trois semaines, il cautérisait la perte de substance avec un crayon de nitrate d'argent mitigé. Meyer se sert, pour tailler le lambeau, d'une aiguille spéciale.

Bowman et Wecker ont eu recours à la trépanation du sommet du kératocone pratiquée avec une espèce d'emporte-pièce.

Galezowski fait une iridectomie à la partie supérieure et excise un lambeau de deux millimètres sur l'un des bords de la plaie cornéale.

Bader taille, avec le couteau de de Grœfe, un lambeau intéressant toute l'épaisseur de la cornée et l'excise avec des ciseaux.

ARTICLE VI

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