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GREFFES ÉPIDERMIQUES

Pour que la transplantation se fasse avec succès, il faut que la surface sur laquelle on va appliquer l'épiderme soit dans de bonnes conditions de bourgeonnement. I/épiderme peut être emprunté soit au malade lui-môme, soit à une autre personne. Les lambeaux ainsi détachés ont des dimensions très-minimes, deux ou (rois millimètres carrés. Ils comprennent non -seulement l'épiderme proprement dit, mais encore une portion du corps muqueux enlevé avec lui, car Tépiderme seul ne contracterait pas d'adhérence avec la partie sur laquelle on l'applique.

Reverdin taille le petit lambeau par transfixion, à l'aide d'une lancette qu'il applique d'abord perpendiculairement sur la peau , puis qu'il incline de façon à lui faire traverser le derme. 11 t&che de détacher en même temps les deux côtés du lambeau pour qu'ils ne s'enroulent pas ; on peut du reste le détacher avec un bistouri et des pinces à dents de souris, sauf à le dérouler ensuite.

Le lambeau est maintenu au moyen d'une bandelette de diachylon qu'il est prudent de laisser en place pendant quarante-huit heures. L'épiderme ainsi greffé devient le point de départ d'une prolifération épithéliale qui hâte la cicatrisation de la surface suppurante, si l'on a soin de multiplier les greffes.

OUier de Lyon a eu recours à des greffes dermo-épidermiques, c'est-à-dire qu'il a transplanté de véritables lambeaux cutanés de quatre, six et huit centimètres carrés. Le but de cette méthode est non-seulement de fermer rapidement la plaie, mais encore et surtout de prévenir la formation du tissu cicatriciel ré* tractile et de lui substituer une véritable peau. L'application de petits lambeaux multiples dermo-épidermiques (greffe en mosaïque) a été, dit- on, mise en usage avec succès, pour prévenir ou guérir des ectropions. Pour former les lambeaux dermo-épidermiques, Ollier se sert d'un couteau à cataracte et procède par transflxion.

Les expériences de Bert, de Follet et mes propres observations prouvent que les lambeaux cutanés empruntés aux animaux et appliqués sur l'homme sont résorbés au bout d'un certain temps.

SYNDACTYUE. 31

• ARTICLE X

SYNDAGTYLIE.

le Tais maintenant passer en revue les opérations propres à remédier aux adhérences congénitales ou accidentelles des doigts entre eux, constituant la syndactylie.

L*idée qui s'est présentée la première à l'esprit des chirurgiens, a été de diviser purement et simplement la membrane interdigitaie, mais Texpérience est venue démontrer qu'après celte section les adhérences ne tardaient pas à se reproduire, en conmiençant par la commissure. De là sont nés une série de moyens destinés à taire cicatriser la commissure, de façon à prévenir les adhérences.

HudtorCTer plaçait, un certain temps, à demeure un fil de plomb traversant la partie de la membrane interdigitale voisine de la commissure, et n'achevait de diviser cette membrane que lorsque la partie, à travers laquelle était passé le fil de plomb, se trouvait entièrement cicatrisée»

Dupuytren cherchait i obtenir le résultat désiré, en sectionnant les adhérences et exerçant, à l'aide de bandelettes de diachylon, une compression au niveau de la commissure.

Amussat divisait, toutes les vingt-quatre heures, l'angle de réunion des plaies.

D'autres ont eu recours à la suture.

Velpeau plaçait trois fils, un au milieu et un de chaque côté, à travers la partie supérieure de la membrane interdigitale qu'il divisait ensuite, de façon que la section s'arrêtât dans le triangle limité par les fib, qui lui servaient alors à faire la suture au niveau de la commissure. Quelques chirurgiens ont obtenu des succès en plaçant de la môme façon des points de suture de chaque côté de la membrane interdigitale dans toute son étendue, et en la sectionnant sur la ligne médiane.

On a aussi employé un procédé dont l'origine remonte à Delpech et dans lequel, après avoir enlevé la membrane unissante, on cherche à réunir par première intention les plaies ainsi produites. Dilfenbach s'est en quelque sorte approprié ce procédé en disse-

3Î STHDACTÏLII.

quant un peu les lambeaux de peau, avant de lei réunir, afin

d'avoir un rapprochement plus Tacile.

Zeller opérait de la Façon euivante : il faisait sur la Ikce dorsale des deux doigta réunis deux incisions convergentes commençant sur le milieu de la partie supérieure de la première phalange et venant Bc réunir sur la membrane interdîgitale k peu près à la hauteur de l'articulation phalango- phalanginienne ; les incisions n'intéressaient que ta peau.

Il avait ainsi un lambeau triangulaire k base adhérente ft la commissure; il achevait de diviser la membrane inlerdigitale et rabattait vers la Tace palmaire le lambeau qu'il fixait au moren d'une bandelette de diachïlon.

Morel-Lavalléc a proposé

la modification suivante :

tailler deux lambeaux en V

au niveau de la racine de»

doigts, un dorsal et un palmaire, exciser la pointe de chaque V et

réunir les deux sommels tronquésà l'aide d'un point de suture, au

niveau de l'espace inlerdigital.

Ces derniers procédés peuvcntà la rigueur iMrc considérés comme se rat lâchant & l'autoplaslic, ainsi que ceux de Décès et deDidotqui apparliennent sans conicste i cette catégorie d'opérations.

Procédé de Detés. — La bride inlerdîgilslc est saisie avec unq pince A disséquer et divisée de cliaquc cOIé à son point d'adhérence avec le doigl. Elle devient donc libre, sauf par son sommet. Les doigts ainsi rendus mobiles sont appliqués sur une planchette digitiforme qui les maintient écartés, après qu'on les a entourés d'un

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lingp téra!»:-. U membrane interdigitalc se réiracle el flnil par romtiluer la commissure.

ProrédédeDidotou deSédillot. — Elant donnés deux doigU réunis, à l*aïde de trois incisions, une longiludioale el deux Iransvcr- «ales, on taille dans loule la hiuleur de la membrane inlerdigitale un lambeau dorsal «ur un des doigts et un lambeau palmaire sur l'autre. La membrane interdigitale se Irouve ainsi dédoublée. Les lunbeaux disséqués et les doigts écartés , on applique i-haque lambeau sur le doigl :iuquel il adhère par un de ses t'Atés, el on le fixe à l'aide de quelques points de suture ou simplement de bandelettes de diochf lo n .

Vaisouneuve, pour éviter la n-union, a dëtiuit la mem-

btane unissante par la com- *"^- "" " ^""'tj^ °'^'" ™ '''' '''■' pression exercée à l'aide de

deu\ liges d'argent prismatiques et triangulaires que l'on fixe avee dpuv vis pénétrant dans les deux liges à leurs deux extrémités el 'reversant la membrane interdigitale.

I.es procédés qui me paraissent olTrir le plus de garanlie aoiK rpux de Zeller, de Décès et de Didol.

llcant'EiL, Hi-il. opéritoin:.

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