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OPÉRATIONS QUI SB PRATIQUENT SUR L' APPARSIL

CIRGUIiATOIRB.

ARTICLE 1

AHTÈRfiS.

Les opérations qui se pratiquent le plus souvent sur les artères sont la compression et la ligature. Viennent ensuite la torsion, l'acupressure, etc. ; mais comme ces derniers moyens hémostatiques sont surtout mi^ en usage après les ablations de tumeur, les amputations, je les décrirai avec ces dernières.

§ 1. CompreMion. — La compression varie suivant le point sur lequel est appliqué l'agent compresseur et suivant la nature de cet agent. C'est ainsi qu'elle est médiate ou immédiate selon qu'elle s'exerce à travers la peau ou sur l'artère mise à nu. La compression immédiate est directe quand elle porte sur le point du vaisseau atteint de la lésion pour laquelle on comprime^ indirecte, lorsqu'elle agit à une certaine distance.

Les agents compresseurs sont des plus divers. On peut employer les doigts, de la charpie, de l'agaric, une bande roulée, une pelote montée sur un cachet, un garrot, le tourniquet de J. L. Petit, et enfin les instruments désignés sous le nom de compresseurs et parmi lesquels je citerai ceux de Dupuytren, de Bellingham, de Charrière, de Marcellin Duval, applicables aux artères en général, ceux de Signoroni, de Broca et d'Anger pour la fémorale, ceux de Yelpeau et de Michon pour les artères du membre supérieur, celui de Charrière pour la carotide et celui de Nélaton pour l'aorte, tous appareils qui servent à la compression médiate et sont surtout usités dans les cas d'anévrysmes. Je ne puis ici que signaler les prin-

COHPRESBION.

cipe» delà compreuion en général et dire quelques mols^de ^ellc qui eti exercée par les doigts.

Pour exercer la coinpressioD médiate indirecte qui est de beaucoup fa plus usitée, il faut que l'artùre toit Buperflcielle, et qu'en

lif. I*. — Taarniqutl d« 1. L. Pctil.

Fpgard de l'agent conipresteur il existe un plan résistant sur lequel cite repose, plan résistant qui esl Toumi naturellement par les os ou art ÏB ci elle ment par une pièce de l'appareil, comme dans le «ixnpresseur de Benjamin Anger pour la fémorale.

La compression médiate digitale s'exerce avec les trois doigts io milieu ou les quatre derniers doigis appliqués sur le trajet if l'artère et parallëleroenl A son axe, le pou(^ prenant, aulant que possible, un point d'appui sur un organo Sxe situé dans le Toisinage du lieu de la compression et celle dernière s'exer-

:|6 ARTÉRBS.

çant pcrpendicnkiremcnl au plan osseux sur lequel repose l'artère. Quand lacompressionest raitcdanslebuldeptévenirou d'ari-éler

une hëmorrhagie, elle dnil <>tre assez énergique pour aplatir Tarière

et y supprimer le cours, du sang. Lorsqu'elle est appliquée à la cure des anëvrystnes, elle doit d'abord, selon Droca, laisser arriver dans le sac une certaine quantité de sang et devenir complète à l'époque oit la tumeur a déjà acquis de la densité et où les bâillements ont diminué.

KifT. il. - nomprc^.'ur de Chirrim. § 3- LICBtarc. — Elle

est médiate ou immédiate.

I.a première, qui cnmprcnd une certaine quantité de parties molles dans Tanse du (il constricteur, n'est guère employée que comme pie aller. On s'en sert quelquefoispour arrêter une hémoiThagle Touroie par une petite artère ; on passe alors une aiguille courbe armée d'un.

lit aa-denous du vaisseau, entre la plaie cl le cn^ur, et on noue les deux chefs dn 111 sur un petit rouleau de diachvlon. On peut, de la mémo façon, ^1 reimlre une arlériole entre une épingle passéo au*

dessous el un fil formant an -dessus un point de suture entortillée.

L'opéradonquiconsisleàlierune arU'^re se compose de trois temps:

I • Rechercher et découvrir le vaisseau ;

2» L'isoler ;

3« Le lier.

Aiant de commencer l'opération, le chirurgien doit placer le malade et le membre dans une position voulue qui varie avec chaque artère.

Pour rechercher le vaisseau, il est indispensable d'en connaître d'une façon exacte la situation, les rapports. Un ou plusieurs organes qui affectent vis-à-\is de Tartère une position fixe et invariable, el qui, en outre, par leur situation où leur volume, sont plus faciles qu'elle à découvrir, servent de point de repère. Les muscles surtout méritent ce titre, car la plupart des artères ont un muscle satellite. Les artères «ont généralement logées dans des interstices musculaires au nivçau desquels il existe une dépression parallèle au vaisseau, laquelle est facile à reconnaître, sinon à la vue, au.moins au loucher, et qui constitue un guide précieux.

D'une façon générale, pour faire des ligatures, il est bon de se servir d'un bistouri convexe; ce bistouri expose plus que le droit à faire des queues, mais mieux que lui il permet de pratiquer des incisions peu profondes.

L'incision est le plus souvent droite. Elle est faite suivant le trajet de l'artère, sauf les cas où celle-ci est petite ou profondément située, el où l'on n'a pas de point de repère bien commode et bien iÙT (exemple : faciale, mammaire interne). La peau et le tissu cellulaire sous-cutané divisés, on pratique une ouverture à l'aponévrose, au niveau d'une des extrémités de l'incision cutanée, >'n la soulevant avec des pinces à disséquer et dirigeant le tran- •«"hant du bistouri vers les pinces. Cette ouverture sert k introduire

Fig. 23. — Crochet mousse ou écartcur.

la sonde cannelée dans laquelle doit glisser le bistouri qui va sectionner Taponévrose.

38 artères:

Dans les régions où l'artère est très- superficielle, comme la diale à la partie inférieure de" Tavantbras, on a recommandé de ne pas se servir de la sonde cannelée, de peur de léser le vaisseau en l'introduisant sous l'aponévrose. Mieux vaut cependant, lorsqu'on voit l'artère, employer la sonde cannelée, avec la précaution de la placer un peu à côté du vaisseau.

On doit faire filer la sonde dans toute l'étendue de l'incision cutanée et couper l'aponévrose sur toute cette longueur.

Celle section faite, on cherche premiè-

ra-

Fig. 24. * Aiguille Fig. 15. — Aiguille de de Cooper. Detcharopt.

Fig. 26. — Aiguille de MarccIliD DuTal.

rement les points de repère et puis l'artère. C'est alors qu'il est

U(jATURE. 39

bon de recourir aux crochets mousses ou écarteurs tenus par des aides; mais on doit avoir grand soin de placer soi-môme les écarteurs avant de les conQer aux aides, car, sans cela, ils peuvent, quand il» ne sont pas suffisamment exercés, prendre l'artère elle-même dans la concavité de l'instrument. Lorsqu'on procède à l'isolement du vaisseau, il faut bien se rappeler qu'on ne doit jamais le saisir avec des pinces. C'est du reste un précepte général de ne prendre avec les pinces que les tissus cellulaire et fibreux.

Pour ouvrir la gaine, on se sert du bistouri. On saisit la gaine a>ec des pinces perpendiculairement à la direction de l'artère, et, avec le bistouri porté à plat, le tranchant dirigé vers les pinces, on divise le pli ainsi formé. Puis on prend avec les pinces une des lèvres de la boutonnière, on l'écarté du côté correspondant et, à l'aide de l'extrémité de la sonde cannelée engagée entre la gatne et les tuniques artérielles, on isole le vaisseau de ce côté, en imprimant à la sonde des mouvements de va-et-vient dans le sens de la longueur. On en fait autant du côté opposé. On peut à la rigueur se passer du bistouri, et, la gatne étant fixée avec une pince, la déchirer avec une autre pince ou bien une sonde cannelée tenue près du bec.

L'artère étant suffisamment dénudée, on la soulève sur la sonde cannelée passée en travers ; c'est ce qu'on appelle charger l'artère. tinfinydans la cannelure de la sonde, on fait glisser un stylet aiguillé muni d'un fil rond et ciré dont le volume doit être en raison directe de celui du vaisseau. Pour les artères profondément situées, on emploie l'aiguille de Cooper ou celle de Deschamps qui servent à la fois à charger le vaisseau et à porter le fil.

Marcellin Duval a inventé un instrument qui, à l'aide d'un mécanisme ingénieux, peut remplacer à la fois les aiguilles de Cooper et de Deschamps et qui porte en même temps une sonde cannelée percée d'un trou h son extrémité.

Si l'artère est libre d'un côté, c'est-à-dire n'est côtoyée de ce côté par aacun organe important, on engage la sonde sur le point opposé, afin qu'çlle ressorte du côté où il n'y a rien aménager. Quand elle est entre deux organes qu'il faut respecter, un nerf d'un côté, une veine de l'autre, on introduit la sonde entre l'artère et la veine pour la faire ressortir entre le nerf et l'artère. La raison en est que l'on est plus exposé & blesser l'organe avoisinant, en faisant ressortir

la sonde qu'en l'inlroduiganl, et que la lésion d'un nerf est plus Ta-

cilo à éïiler el moins dangereuse que celle d'une veine.

Lorâqu'on'aaITaire à une arlère volnmiiieuBC el mobile, on peut, pour passer la sonde, la mainlenir entre le pouce el l'index de In main gauche.

Avant délier, le chirurgien doit eb rappeler qu'il faut, aulanlque possible, laisser entre la ligature et l'origine de toute collatérale importante une dislanco de trois ccntiméiree, distance nécessaire et suISsanle pour la formation d'un caillot ublili^rulcur.

Quand le slyict aiguillé a été introduit, le chirurgien moinlienl une des extrémités du fil et retire eusuilc le slïlol du cfllé opposé, de Taçon à avoir un clief de chaque côté de l'artère. d:\a Tait, on rapproche el on croise les deux chefs. On les saisit entre le pouce el le médius de la main droite, tandis que la main gauche tient un

Rf. tï. — Tcmpl d( !■ ligalun dui Irqncl on •erre le iiiEud.

des côlâs du fli. l'n léger mouvement de la main droite permet d'engager l'un des chefs au-dessous de l'autre.

Puis, les deux cheTi sont saisis et tirés en sens inverse par le pouce et les trois derniers doigts de chaque main, tandis que les index étendus et rapprochés l'un de l'autre, appliqués de chaque cOté sur le fil par leur pulpe, augmentent la Iraction. lin second nœud pareil au précédent est Tait de la mOme maaiére. Seulement, pour plus de régularité, il faut que le chef qui dans le premier nœud avait passé au-dessus, soi Iplacé au-dessous dans le second. Le

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