ÉNUCLÉ\T10N DU GLOBE OCULAIRE
Après l'extirpation de l'œil, on enlève, s'il y en a, les tissus pathologiques contenus dans Torbite. Il suffit, pour arh^.ter Vhémorrhagie fournie par les artères que peut intéresser Textirpation de Toeil, voire môme par rophthalmique, de tamponner Torbite avec des boulettes de charpie maintenues par un monocle.
Dans les cas où les paupières participeraient à l'altération, on circonscrirait par une incision semi-lunaire à convexité dirigée vers le bord adhérent la portion de paupière malade, et on l'exciserait dans toute son épaisseur.
L'extirpation telle que je viens de la décrire est employée dans les cas où l'œil est atteint d'une tumeur ayant percé la coque oculaire et pénétré avant dans l'orbite. Quand, au contraire, c'est pour des lésions bornées seulement à l'œil que l'on en pratique l'ablation, on a recours à l'énucléation par le procédé de Bonnet.
Énucléation. — Procédé de Bonnet — Cette opération se pratique avec un crochet à strabisme et des ciseaux courbes ; ceux à pointes mousses sont préférables. Les paupières maintenues écartées, l'opérateur saisit transversalement un pli de la conjonctive du côté interne, comme pour l'opération du strabisme, et coupe ce pli d'un coup de ciseaux perpendiculairement à sa direction et près du boid de la cornée.
Avec le crochet mousse, il va chercher le muscle droit interne et le divise avec les ciseaux. Il sectionne successivement en haut, en dehors et en bas la conjonctive tout autour de la cornée, et coupe en même temps les muscles droits en les chargeant sur le crochet.
Fixant alors le globe oculaire en dedans avec la pince, il divise le nerf optique à l'aide des ciseaux courbes passés du côté externe; puis, avec l'index et le médius gauches introduits derrière le globe oculaire en longeant la pai^i interne de l'orbite, il luxe ce dernier. Il ne reste plus alors qu'à couper les muscles obliques.
Cette opération n'a pas de retentissement, est suivie d'une guérison rapide et a, en outre, l'avantage de donner un moignon mobile qui peut imprimer des mouvements à un œil artificiel.
ARTICLE IX
PROTHESE OCULAIRE.
Yeux artificiels. >- En dehors de Tavantage qu'offrent les yeux artificiels de masquer la difformité produite par l'absence ou Ta- Irophie d'un œil, ils maintiennent les jpaupières et facilitent l'écoulement des larmes.
L'œil artificiel est fixé en avant par les paupières. La condition la meilleure pour son application est la persistance d'un œil simplement diminué de volume ; la concavité de la face postérieure de la pièce peut alors s'appliquer complètement sur la convexité de l'œil dont tous les mouvements lui sont transmis. Dans les cas où le globe oculaire a été énucléé, mais où on a conservé les muscles et la capsule, le moignon, je l'ai déjà dit, imprime à l'œil artificiel une certaine mobilité. Mais quand on a fait l'extirpation proprement dite de l'œil, c'est-à-dire, quand on a enlevé avec lui les muscles el la capsule, l'œil artificiel reste immobile, et cette immobilité, comparée aux mouvements de l'œil opposé, constitue une difformité choquante.
Les yeux artificiels dont on se sert aujourd'hui sont en émail.
Pour introduire l'œil artificiel, on soulève avec l'indicateur gauche la paupière supérieure, et on glisse au-dessous la partie supérieure de la pièce que l'on maintient avec le pouce et Tindex droits. Avec la main gauche on abaisse la paupière inférieure, et on achève de placer la pièce.
Pour l'enlever, on se sert d'un petit crochet ou simplement d'une grosse épingle dont on passe la tète sous le bord inférieur de la pièce, après avoir abaissé la paupière inférieure. F!n pressant ensuite avee l'épingle sur la coque en émail, d'arrière en avant, on la fait sortir de l'orbite.