RESTAURATION DU DOS DU NEZ
adliéi»eDt par sa base, c'est-à-dire la portion correspondant à la partie inférieure du nez.
Le lambeau appliqué sur la région du nez était maintenu par des sutures, et le bras fixé contre la face, Jusqu'à ce que le lambeau eût contracté des adhérences suffisantes. Le chirurgien retirait alors le bandage, sectionnait l'attache au bras de la base du lambeau, la rabattait et la cousait, en laissant deux ouvertures destinées à représenter les narines, ouvertures qu'il maintenait eu y introduisant des sondes.
Ce procédé diffère à certains égards de celui de Tagliacozza, considéré comme l'inventeur de la méthode italienne. Ce dernier, avant d'appliquer le lambeau partiellement détaché, le laissait suppurer un certain temps afin de lui donner plus de relief.
Je n'ai pas besoin de signaler tout ce que la position du bras «xigée par la méthode italienne a de pénible pour le malade ; elle a, en revanche, cet avantage que la cicatrice laissée par le lambeau se trouve sur une partie qui n'est pas exposée aux regarda, mais néanmoins elle est aujourd'hui tombée en désuétude.
2« Restauration d'un nez epfoncé par destruction de la charpente osseuse ou restauration du dos du nez (fig. 227, 228).
Cette difformité se produit assez souvent à la suite de lésions scrofuleuses ou syphilitiques ; plus rarement elle est la conséquence de lésions traumatiques.
Voici le procédé employé par DieflTenbach pour remédier à cet état : le sujet était une Jeune fille de douze ans qui avait perdu le nez à la suite de lésions scrofuleuses. Son visage présentait, au lieu d'un nez saillant, un sillon tortueux, irrégulier, qui donnait à sa figure l'aspect d'une tête de mort. Une partie des téguments du nez enlevé couvrait l'espace vide que la destruction des os atait causé; tout ce qui en restait se dirigeait en dedans. La plupart des os s'étaient détachés, entre aqtres le vomer, la plus grande partie de l'apophyse nasale, l'os malaire et lcs4ames de l'ethmoïde. La maladie était arrêtée depuis trois ans quand Dieflenbach tenta la restauration. La malade étant assise sur une table, son dos soutenu par des coussins, Dieffenbach fit sur les côtés du nez enfoncé et dans toute sa longueur deux incisions dirigées de bas en Dubuibil, Méd. opératoire. ^'
haut; il en résulta une bande de peau isolée, trois fois aussi large à sa base qu'à son sommet et unie à la lèvre supérieure par un filet de peau mince et court. En haut elle adhérait aux téguments par un pont étroit.
L'opérateur, aux deux extrémités du nez, coupa les parties molles Jusqu'à l'os. Ensuite, au moyen de deux incisions semi-lunaires, continuation des incisions latérales, il dégagea les ailes du nez de leurs adhérences extérieures. Il put alors retirer de la pro rondeur dans laquelle elles avaient été cachées pendant si longtemps, les bandelettes de peau rétrécies en haut et plus larges en bas qui résultèrent de ces diverses incisions.
Le nez, qui était en quelque façon replié sur lui-même, réapparut en saillie. DiefTenbach excisa enfin les bords intérieurs du dos du nez et le bord extérieur des parois latérales et des ailes de cet organe. Après avoir attendu quelques instants avant de réunir les lambeaux, il mit d'abord en contact les parois latérales qui de* vaient former le dos du nez, au moyen de six aiguilles entortillées dont les fils furent coupés immédiatement. Il réunit ensuite les ailes et les bords latéraux du nez à la peau des joues et à la lèvre supérieure à l'aide de huit points de suture. Il avait préalablement séparé de l'os les bords limitrophes de la joue dans l'étendue de quelques lignes.
La bande de peau qui restait de la cloison paraissant trop courte, DiefTenbach l'allongea à l'aide de deux petites incisions latérales faites dans la lèvre supérieure, il introduisit ensuite dans chaque narine un tuyau de plume mince, enveloppé de charpie huilée, et termina en faisant pr.sser des téguments de la joue au milieu du nez une grande aiguille garnie à ses extrémités d'un morceau de cuir, et dont il roula la pointe en forme de spirale. Le nouveau nez fut ainsi rendu plus saillant.
On combattit par des applications de compresses imbibées de vin tiède étendu d'eau la pâleur et le refroidissement que présenta le nez immédiatement après l'opération ; plus tard on leur substitua des compresses d'eau blanche. Le succès fut, dit-on, excellent; il y eut seulement une mortification de la peau qui formait la cloison, et DiefTenbach fit plus tard la sous-cloison avec une bandelette de peau prise sur la lèvrç supérieure.