POLYPES DE L'UTÉRUS
que Ton imprime au polype tendent à oblitérer le» vaisseaux qui peuvent se trouver dans le pédicule.
Mais il est imprudent de mettre en usage la torsion ou l'arrachement pour des polypes fibreux, car on s'exposerait ainsi à tous les accidents qui peuvent résulter de Tarrachement d'une portion du tissu utérin.
Ligature lente, — Elle consiste à porter et à laisser à demeure une ligature sur le pédicule du polype. Â propos des polypes nasopharyngiens, j*ai indiqué les instruments destinés à l'application des ligatures et la manière de s*en servir.
Les instruments de Levret, de Desault, de Mayor, etc., sont ici facilement applicables. Gooch a fait subir à la double canule de Levret et de Niessen une modification qui consiste à séparer les deux canules; quand il a passé autour du pédicule la ligature dbnt chaque chef est engagé dans une canule, il fixe ces canules l'une contre l'autre à l'aide de cercles métalliques dans lesquels il les engage. Des crochets, des érignes, des fragments de sonde peuvent servir à porter les ligatures. Au besoin, on recourra aux portenœuds^ et on fixera la ligature avec un des serre-nœuds que j'ai indiqués à propos des polypes naso-pharyngiens. lliierry a appliqué un véritable clamp sur le pédicule d'un polype fibreux.
La ligature lente expose à des phénomènes inflammatoires et à des accidents de résorption putride, qui en ont singulièrement restreint l'emploi. Quand on y a recours, il faut avoir bien soin d'appliquer la ligature sur le pédicule du polype et non sur une portion de l'utérus.
L'écrasement linéaire, la ligature extemporanée peuvent être appliqués avec succès aux différents polypes de l'utérus et remplacent arec beaucoup d'avantage la ligature lente dont ils évitent les inconvénients. Pour faciliter les manœuvres, on abaissera, au besoin, le polype à l'aide de pinces-érignes parmi lesquelles je citerai celle de Chassaignac et celle de Robert (Alph.). On peut aussi recourir au tire-bouchon de M'Glintock que l'on implante dans le . polype.
Sims a ajouté à l'écraseur un porte-chaine qui maintient la chaîne ouverte et en facilite l'application. Avec un constricteur de Maisonneuve armé d'un fil de fer ou d'une petite corde en fer on arrive
au même résultat, et on évite cette complication instrumentale.
Âveling (de Sheffîeld) a imaginé une pince analogue à un brisepierres pour broyer le pédicule du polype.
Excision. — Nombre d'instruments ont été inventés pour aller exciser le pédicule des polypes, bistouris portés sur un long manche et courbes sur le plat, ciseaux courbes et mousses à Vextrémité, ciseaux-pinces de Siebold en forme d*S, polypotome de Simpson dans lequel une lame tranchante cachée dans un crochet mousse devient saillante quand on presse un bouton. Mikschik a conseillé, pour détacher le polype, de se servir d'un ongle métallique adapté à un doigtier que l'on fixe au bout du doigt, procédé qui a été mis en usage pour les polypes naso-pharyngiens par Chassaignac et par Bone (de Nîmes).
Enfin on a proposé de détacher le pédicule du polype en le sciant avec une anse métallique appliquée sur lui.
On comprend sans peine que l'excision du polype sera d'autant plus difficile que le pédicule sera situé sur un point plus élevé. On aura recours, s'il le faut, aux moyens que ]'ai indiqués pour dilater les orifices de l'utérus ; on abaissera le polype avec les instruments que j'ai signalés plus haut.
11 peut arriver qu'un polype C4)ntenu dans l'utérus, une fois détaché, se trouve trop volumineux pour franchir le col. Plutôt que de débrider ce dernier, il vaut mieux agir sur le polype, aller le morceler dans l'intérieur de l'utérus et l'extraire par fragments. Beaucoup plus rarement on sera aiTété par la vulve dans l'extraction i'un polype qui se sera développé dans le vagin. Ici encore Je recommanderai la môme conduite que ci-dessus, et au débridement le la vulve on devra préférer le morcellement du polype.
En résumé, les deux procédés d'élection pour l'ablation des polypes utérins sont l'excision et l'écrasement linéaire ou la liga* ture extemporanée. L'excision pourra être mise en usage quand on croira ne pas avoir d'hémorrhagie à redouter après la section du pédicule. Mais, dans le cas contraire, on emploiera Técraseur ou même Je constricteur armé d'un ou de plusieurs fils de fer, ou bien l'anse coupante du galvano-cautère, quand faire se peut.
Tumeurs fibreuses de Vutérus. — Je ne décrirai pas à part la théimpeutique des tumeurs fibreuses; en effet, c'est suivant leur forme