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CAUTÉRISATION

ment autour des points injectés, et trois mois après, la guérison ne ^'étaii pas démentie.

Il semble au premier abord imprudent d'injecter du perchlonire de fer dans des veines sur le trajet ultérieur desquelles on ne peut exercer de compression. Mais l'anatomie pathologique dissipe ces craintes^ en montrant qu'au moment où elles traversent les tuniques du rectum, les veines hémorroîdales sont étranglées par d'étroits anneaux musculaires à travers lesquels il est à peu prés impossible que passe un coagulum.

Ce procédé est cependant encore de trop fraîche date pour qu'il soit permis de le juger.

F. Cautérisation. — La cautérisation est employée dans le bu de détruire les hémorrhoïdes (cautérisation destructive) ou bien dans le but d'y faire naitre un travail phlegmasique qui les atrophie et les rende imperméables au sang (cautérisation modlGcatrice).

1« Cautérisation destrtictiv'e. Cautère actuel. Procédé de Bégin, — On fait un gros tampon de charpie que l'on noue avec du fil de laiton, qui ne risque pas d'être brûlé par le fer rouge. Le tampon introduit dans le rectum, on recommande au malade de faire des efforts de défécation, et on tire sur les fils. Les hémorroïdes internes sortent alors, et on a qu'à cautériser. On se sert en général du cautère olivaire rougi à blanc. Lorsque les hémorrhoïdes sont saillantes à l'extérieur, on peut se dispenser du tampon préalablement introduit, ou le remplacer au besoin par une érigne à crochets. Pour éviter de brûler les parties voisines, il faut faire écarter fortement les fesses, et entourer en outre le paquet hémorrhoïdal d'un linge mouillé. Le chirurgien peut encore, pour plus de sûreté, tenir de la main gauche une mince lame de bois, un couteau à papier, pour protéger les parties contiguês.

Procédé de Richet. — Richet a combiné la cautérisation et le broiement, et il se sert à cet effet d'une forte pince en fer à mors plats el à manche envois. Cette pince , chauffée au rouge blanc, mâche et broie les hémorrhoïdes en même temps qu'elle les cautérise. Le chirurgien a soin de laisser des intervalles intacts entre les points saisis par l'instrument.

112 OEHORBHOIDES.

La cauléiiulion au Ter rouge expose peu aux hémorrhagiea et à

l'infection purulcnle. Faile par le procédé de Biigin, elle peut

entraîner un rétréciuemeiit du reclum. Le procédé de Richet met

à l'abri de ce danger.^

2" Caustiques poktaieU. Procédé d' Amassât. — Amussal cautérisai}

les bémorrhoïdei avec du caustique Filhos

mainlenu appliqué sur la (umeur à l'aide de

pinces spéciales.

Alpb. Amussal a modifié ces pinces qui, d'après son dernier modËle, se composeni essentiellement de deux brancbes cylindriques creuses, articulées en nœud de compas, et rcnrermant des cuvettes susceptibles de tourner sur leur axe, dans lesquelles on introduit le caustique. Ces tiges sont maintenues rapprocbëes à l'aide d'un écrou qui se meut sur un pas de vis creusé sur une tige métallique articulée avec l'exlrémitâ libre d'une des tiges, tandis que l'autre se termine par une mortaise dans laquelle s'engage l'écrou. L'n aide projette un Jet d'eau Troidc sur la région anale, pendant la durée de l'application du caustique.

Procédé de ioberl. — Jobert se servait de pâte

de Vienne dont il appliquait une couche sur

toute la surface de la tumeur; pour protéger

les parties voisines, il emptojait une capsule

Fig.sj. — Pinccd-Aiph. é vidée dans le fond et formée de deux parties

AnniMii (Jern.er mv- ariîculécs par une dc leurs extrémités et libres

par l'autre.

Procédé de Bminet — On applique suc le bourrelet bémorrhoîdaire un sachet de toile fine contenant de la pâle de Vienne et présentant une surface en rapport a?ec celle de la tumeur sur laquelle on veut agir. Au bout de deux ou trois minules, on a obtenu une cscbare superficielle et il s'écoule une certaine quantité de sang. On enlève le sachet, et on le remplace par une lame de Canquoin que l'on fixe avec du coton el un bandage en T. On laisse ce caustique au moins pendant doute heures en place.

CAUSTIQUES POTENTIELS. 113

Valetle (de Lyon) saisit et cautérise les hémorrhoîdes avec un entérotome chargé de pâte au chlorure de zinc.

Les caustiques potentiels que nous venons de passer en revue partagent tous Tinnocuité relative du cautère actuel vis-à-vis de l'érysipèle et de l'infection purulente. Les procédés d'Amussat et de Jobert ne mettent à Tabri, ni des hémorrhagies (car les caustiques qu'ils emploient ne coagulent pas le sang), ni des rétrécissements consécutifs. Ils ont en outre, surtout celui d'Amussat, rinconvénient d exiger des instruments spéciaux. L'application du chlorure de zinc de Bonnet éloigne le danger des écoulements sanguins, mais laisse subsister celui des rétrécissements.

2* CatUérisatiùn modt/lca/rtce, cautère actuel. — Demarquay se borne à toucher légèrement la tumeur hémorrhoïdaire avec un fer rougi à blanc.

Voiilemier a aussi recours à la cautérisation actuelle, mais seulement dans le but de prévenir la procidence des hémorrhoîdes internes habituellement saillantes. Après les avoir réduites, il recouvre la région anale de collodion et quand cet enduit est sec, il applique un cautère cultellaire aux extrémités des diamètres antéro-postérieur et transverse de Tanus.'

(wQlvanO'Cautére (Vemeuil). — Après avoir fait la dilalation forcée de ranu3, Vemeuil enfonce successivement sur les différentes bosselures de la tumeur un cautère galvanique un peu pointu qu'il fait pénétrer à une profondeur d'un demi-centimètre à un centimètre et demi, auquel il imprime un mouvement de rotation sur lui-même, et qu'il retire au bout de quelques secondes. Au besoin il se sert d'un cautère actuel. C'est ce qu'il appelle la cautérisation

interstitielle.

Caustiques' potentiels. Procédé de Gosselin, — Ce chirurgien n'agit pas sur les hémorrhoîdes externes, à moins que, à la fois cutanées et muqueuses, elles ne présentent sur leur face interne une excoriation saignante ou douloureuse.

Dans le cas où il y a un bourrelet hémorrhoïdaire, il ne le cautérise pas tout entier, mais s'adresse seulement aux deux ou trois bosselures les plus excoriées.

Le caustique qu'emploie Gosselin est l'acide nitrique monohydraté, préconisé par Houston et très- usité en Angleterre; ilseseri, DuBiUEtL, M éd. opératoire.

144 TUMEURS ÉREGTILES.

pour l'appliquer, d'un pinceau de charpie et mieux d'un morceau d'amiante fixé sur un fil de fer. Après une application de deux ou trois secondes, on voit la muqueuse blanchir et l'effet est produit. Le malade n'est pas obligé de garder le lit, et peut au bout de deux ou trois heures reprendre ses occupations.

Billroth se sert aussi de l'acide nitrique.

La cautérisation modificatrice est un mode d'opération moins radical, il est vrai, mais aussi moins douloureux et moins sérieux que la cautérisation destructive, et n'expose pas à l'hémorrhagie. Les procédés de Verneuil et de Gosselin mettent complètement à l'abri des rétrécissements et me paraissent présenter de grands avantages.

ARTICLE III

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