OPÉRATIONS POUR LA CURE DES TUMEURS ÉREGTILES
Après les opérations pratiquées sur le système artériel et sur le système veineux, je placerai celles qui ont pour but de remédier à des lésions qui ont les capillaires pour point de départ, c'est-àdire aux tumeurs érectiles ou angiomes.
Ces opérations peuvent se ranger sous les chefs suivants :
§ 1. Celles dans lesquelles on cherche à supprimer ou à diminuer l'afflux du sang dans la tumeur ;
§ 2. Celles dans lesquelles on enlève ou on détruit la tumeur;
§ 3. Celles dans lesquelles on a pour but de modifier la tumeur et de la rendre imperméable au sang.
Je ne ferui que mentionner, dans l'étude des moyens curatifs des tumeurs érectiles, ceux qui ne constituent pas de véritables opérations, insistant seulement sur ces dernières.
§ 1. OpérAtloBB qal ont* pour bat de dlmlnaer oa d'«m> pèeker l'Afllaz da mmug dAss 1a tnmear. — Avant de décrire ces opérations, je citerai, comme moyens destinés à agir d'une façon analogue, la compression et l'application des topiques astringents.
A. Ligature des troncs artériels se rendant à la tumeur. — Cette
ABLATION DE LA TLMEl'R. llo
opération peut être pratiquée de deux façons : on peut lier simultanément toutes les branches arlérielles qui se rendent à la tumeur ou bien recourir à la ligature du tronc artériel principal qui va&cularisG la région où elle s'est développée. L'expérience a aujourd'hui prononcé sur ces deux procédés ; le premier doit être rejeté d'une iaçon absolue, et le second réservé pour les tumeurs pulsatiles placées dans un point où les artères n'ont que.d'étroîlcs communications avec celles des parties voisines, ou, pour mieux spécifier, dans l'orbite. On devra donc pour ces tumeurs, si l'on a vainement employé des procédés moins périlleux, recourir à la ligature de la carotide primitive.
B. Incisions autour de la tumeur, — Physick (de Philadelphie) a guéri par cette opération une tumeur érectile du front. Lawrence, dans un cas où avait échoué la ligature des artères radiale et cubitale pratiquée pour une tumeur érectile du doigt annulaire, incisa circulairement autour de la tumeur toutes les parties molles, sauf les tendons et leurs gatnes, lia les deux bouts dès artères collatérales et obtint ainsi une guérison.
C'est, on le voit, un procédé qui n'est applicable qu'à un bien petit nombre de tumeurs. En dehors des dangera que pourraient présenter ces sections pratiquées autour d'un angiome volumineux, auquel cas Gibson conseille de les faire en plusieurs temps, elles ont rinconvénient de ne pouvoir agir sur les vaisseaux qui pénètrent dans l'angiome par sa fuce profonde. \
C. Ligature des troncs veineux. — Malgaigne a proposé lu ligature des troncs veineux voisins de la tumeur, mais je ne crois pas que cette opération ait jamais été pratiquée. •
§ 2. OpfrMioiiB qol onl poor bot la dealrvctlon de la tu- ■ie«r. — A. Ablation de la tumeur, — On pourra, suivant les circonstances, enlever ou conserver la peau qui recouvre la tumeur. '
Il faut, autant que possible, pratiquer l'excision à une certaine distance de cette dernière, afin de n'agir que sur des tissus sains. Pour celte opération, il y a des avan loges réels à employer l'appareil galvano-caustique de Middeldorpf, soit que l'on se serve de l'anse coupante, soit qu'on ait recours au galvano-cautèrc cultcllaire.
L*anse coupante et le galvano-cautèrc divisent les tissus en 1rs
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brûlant et préviennent ainsi Thémorrhagie . Quand on emploiç Tanse coupante, on en engage les extrémités dans un serre-nœud, afin de diminuer la longueur de l'anse à mesure que la base de la tumeur est sectionnée. Deux épingles passées préalablement en croik au-dessous de l'angiome servent à maintenir le fil de platine.
L'ablation de la tumeur, qu'on la pratique avec le bistouri ou le galvano-cauti*re, est loin, on le comprend sans peine, d'être toujours applicable. A fartûni en est-il de même du procédé dans lequel on enlève et la tumeur et la partie où elle est placée.
B. Ligature. — Lorsque la tumeur est supportée par un étroit pédicule, il est très-facile d'étreindre sa base dans une ligature. On peut se servir avec avantage à cet effet des fils de caoutchouc employé par Adolphe Hichard, lesquels, se rétractant à mesure que le pédicule de la tumeur s'affaisse, exercent une constriclion toujours égale.
Il est, par contre, malaisé d'appliquer la ligature aux tumeun qui, présentant une large base d'implantation, n'ont pas, à proprement parler, de pédicule. Pour celles-là on a inventé des procé dés plus ou moins ingénieux, qui ont tous pour but de décomposer la base de l'angiome en une série de pédicules, procédés qui sont naturellement plus ou moins compliqués, selon que cette base es( plus on moins volumineuse.
Keatc et Brodie passaient deux longues épingles en croix sous la tumeur et serraient au-dessous la ligature, qui se trouvait ainsi maintenue. Ce procédé n'est applicable qu'aux tumeurs n'ayant pas une base trop volumineuse.
J. Bell a proposé le mode de ligature suivant, que White a mis en pratique avec succès : on traverse la base de la tumeur avec une aiguille munie d'un fil double. Les fils coupés du côté de l'aiguUle permettent de serrer chaque moitié de l'angiome dans une ligature.
Manec a eu recours k un procédé qui nécessite une aiguille spéciale : il se sert de deux aiguilles, l'une ordinaire (aiguille roAle), l'autre percée d'un chas à sa partie moyenne (aiguille femelle).
L'aiguille femelle est enfoncée de haut en bas à travers la base
de la tomeur, de façon que le chai de l'aiguille corresponde k la portion moyenne de la tumeur. L'aiguille mftie, armée d'un fil double, est introduite transvenalemenl au niveau de la base de la ttimeur el doit passer, chemin faisant, dana le cbas de l'aiguille femelle. L'aiguille mSle est retirée et on divise l'anse du fil à uoe certaine dislance de l'orifice de sortie. On retire alors l'aiguille femelle vers la partie supérieure, de façon que son chat apparaisse à l'extérieur, et on coupe un des flh dont les extrémités restent an dehors. On repousse ensuite cette aiguille vers la partie inférieure, on fait ressortir le chas de ce cOté, on coupe le fli qui reste et on enlève l'aiguille. On a ainsi embrassé la tumeur entre quatre ligatures dont on engage les chefs dans des serre-nœuds à chapelet.
Ce procédé est compliqué et aaaei diFBcile; aussi est-il laissé de cAlé.
Pneédé de Lake (fig. 54). — Ce chirurgien se sert d'un long et
solide ai de soie enfilé à .tra»ers "'«• **■ " l*"*^ *= ''"*""' '' >• "'"■ plaiieun aiguilles.
Toutes ces aiguilles soûl introduites parallèlement sous la tumeur dont elles dépaœnt la limite profonde, tandis que les deux aiguilles estrfimesen dépassent les limites latérales. On laisse entre chaque aiguille une certaine longueur de fil; chacune de cet portions de fil étant coupée près du chas del'aiguille, il en résulte une série d'anses, lesquelles, lorsqu'on en noue les extrémités l'une avec ('antre, constituent aulant de ligatures permettant d'étreindre et de spbacéler la tumeur.
Proeididtiligai {dt GaiUac) ou Ugature à chaiae enehevilléc {Sg-^^t i el 9). — Od introduit parallèlement au-dessous de la tumeur une certaine quantité d'épingles; puis, dans chaque intervalle entre les épingles, on paase, toujours dans le même sens, un certain nombre
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d'aiguilles munies d'un fil double. Les fils £ont coupés du c/^té des aiguilles et liés deux à deux à une certaine distance de leurs extrémités, ce qui- donne une pre- \^
mière série de' ligatures dont l'en- ^^..-^^^ \^
semble étrangle la tumeur. Nouant ^--^ /^^^vT^Ï'*'"^
Fig. 55. —Ligature à chaîne enchcTillée de Rigal de Gaillac.
alors deux à deux les portions des fils laissées pendantes au delà des nœuds, on forme une seconde série de ligatures qui augmentent la compression.
Procédé de Fayolle. — On place sous la tumeur une rangée d'épingles parallèles et éloignées les unes des autres de trois à cinq millimètres, lesquelles vont ressortir de l'autre côté dans les parties saines. Lorsque toute la base de l'angiome^se trouve ainsi embrassée par les épingles, on jette sur elles un fil en huit de chiffre, en se servant du même fil pour toutes et en prenant garde qu'il ne recouvre complètement l'espace intermédiaire, en passant d'une aiguille i l'autre. Si on laisse cet appareil en place six ou sept Jours, la tumeur se détache. En le retirant au bout de quatre jours, elle ne se mortifie pas, mais s'atrophie.
Je ne parlerai pas des procédés de ligature sous-çutanée. D'une exécution difficile, souvent dangereuse, ils me paraissent devoir être abandonnés.
On a accusé la ligature de donner lieu à de très-vives douleur». On peut supprimer ces douleurs, au moment de l'opération, par l'anesthésie et les diminuer considérablement ensuite par des applications réfrigérantes et narcotiques.
Quant à l'inflammation qu'on lui a aussi reproché de produire»
• GÀUTÉBISATION. H'9
«ile ne survient que si les fils n*oiit . pas été suffisamment serrés. La ligpiture reste en résumé un -des meilleurs moyens de combattre les- tumeurs érectiles, et pour celles .à large base, les procédés de Luke, de Rigal et de Fayolle sont réellement précieux.
C. Écrasement linéaire et ligature extemporanée. — ils ne peuvent être appliqués à la cure des tumeurs érectiles, que dans le cas où ces tumeurs sont naturellement pédiculées ou faciles à pédiculiser, lorsqu'elles sont de petite dimension et qu'on n'a pas à craindre, en les enlevant, d'intéresser des vaisseaux volumineux.
D. Cautérisation. — Le cautère actuel, bien qu'il ait donné des succès, est aujourd'hui rarement employé. On lui préfère la cautéiisation potentielle. Pour les tumeurs érectiles petites efsuperilcielles, de Grsefe employait le nitrate d'argent, Lawrence, l'acide nitrique ; Macke (de Sorau) se sert d'un mélange de quatre parties de sublimé et de trente parties decollodion qu'il applique avec un pinceau.
Bérard a préconisé la pâte de Vienne qui est d'un maniement facile, mais a, par contre, l'inconvénient de ne pas coaguler le sang et d'exposer aux hémorrhagies. On peut aussi se servir du caustique de Filhos. Quand la tumeur à détruire est d'un certain volume, on peut employer la pâte de Vienne ou la potasse pour mortifier la peau ou la muqueuse qui ne sont pas attaquées par la pâle de Canquoin, caustique qui coagule le sang, et se servir ensuite de cette dernière pour cautériser le reste de la tumeur.
La cautérisation en flèches, c'est-à-dire l'introduction de morceaux pointus de pâte de Canquoin desséchée que l'on enfonce tout autour de la tumeur, après leur avoir fait une voie avec le bistouri, peut aussi être mise en usage, mais il est prudent, quand on veut employer ce moyen, de n'enfoncer les flèches qu'au niveau des parties saines entourant la tumeur.
La cautérisation n'est à employer que pour les tumeurs peu volumineuses et peu profondes.
§ 3. Moyens par les^ttels on cherche à modlflcr Im tamcvr de fafOB à la readrc imperméable an «aair* — A. Vaccinatûm. — Chez les sujets qui n'ont pas été vaccinés, c'est un assez bon moyen. Pour que le sang qui s'écoule de la tumeur n'en-