ÉTRANGLEMENT INTERNE. — TRAITEMENT
Traitement. — Nous réunirons dans un même chapitre le traitement des invaginations et celui des occlusions intestinales, parce que ce sont les mêmes médicaments qui se trouvent indiqués dans les deux cas.
Bellado7ia, opium, plumbum, nux vomica et thuya sont les cinq médicaments indiqués dans le cours de la maladie. Arsenicum, china et carbo vegetabilis correspondent à quelques accidents. Ici la clinique nous fournit des renseignements précieux sur l'efficacité de ces médicaments.
Belladona a été employée concurremment par les médecins des deux écoles, à doses impondérables et à doses toxiques. Ce médicament est indiqué par les symptômes suivants : vomissements d'aliments, de bile et de mucus; constipation opiniâtre avec vomissements, ou bien petites selles muqueuses; ventre extrêmement douloureux, tendu, avec borborygmes; les intestins fortement distendus se dessinent à travers les parois abdominales.
Opium est indiqué par les symptômes suivants : vomissements continus avec constipation et douleurs de ventre; ballonnement de la région ombilicale. — La clinique permet d'ajouter vomissements de matières fécaloïdes.
Plumbum. Vomissements continuels des aliments, de bile, de matière jaune, de matière fécaloïdes avec constipation; douleur de ventre des plus violentes; ballonnement du ventre; bosselures du ventre ; constipation invincible, rétention même des vents; ou diarrhée sanguinolente.
Nux vomica. Vomissement fréquent de matières muqueuses et aigres ; ventre ballonné et douloureux même dans les parois; constipation opiniâtre et suppression des vents, ou selles dysentériformes.
Thuya a surtout été indiqué empiriquement, car la pathogé* nésie ne contient rien de spécial, excepté le symptôme I sensa^ Uon comme si les intestins étaient liés dans la région ombilicale.
Plumbum et opkm sont évidemment les médicaments les mieUx indiqués, mais la clinique a enregistré des succès dus à mm vomica, à thuya, mais surtout à belladona,
Bclladona devra être prescrit, au début surtout, si les douleurs de ventre sont fortes et qu'il existe ce ballonnement particulier dans lequel les intestins se dessinent à travers les parois abdominales. Trois gouttes de la 3° dilution dans 125 grammes d'eau, une cuillerée à café toutes les demi-heures. Si l'état s'améliore, on éloigne le médicament; s'il reste stationnaire, on le continue douze heures et alors on le remplace soit par nux vomica, soit par 'plumbum et opium donnés alternativement. Ces deux médicaments conviennent dans la période d'état, alors qu'il y a des vomissements de matières fécaloïdes. Je donne plumbum 30e dilution pendant six heures et opium 6° dilution pendant six autres heures. Si la maladie marche lentement, je ne change les médicaments que toutes les douze heures Si l'un a.q-it pius favorablement, je le continue seul; une dose toutes les demi-heures, toutes les heures ou toutes les deux heures, suivant les cas.
Nuxvomica estplutôt un médicament du début, surtout quand il y a hémorrhagie intestinale. Il est indiqué par l'abus du café et les hémorroïdes; môme mode d'administration que pour bclladona.
Thuya empiriquement, si les autres médicaments ne réussissent pas : 3e dilution.
Dans une maladie aussi grave il ne faut pas craindre de changer les dilutions quand celles indiquées ne réussissent pas- Si malgré l'emploi méthodique et persévérant des médicaments indiqués ci-dessus, l'occlusion intestinale persiste, il faudra avoir recours à Yenlérolomie. Une condition pour la réussite de cette opération, c'est qu'il n'existe pas encore de péritonite généralisée.
Entérotomie. — Mode opératoire. — On fait du côte droit, à 2 centimètres au-dessus de l'épine iliaque antérieure, une incision parallèle au pli de l'aine; cette incision doit mesurer au moins 8 centimètres de longeur. On dissèque couche par couche, comme dans l'opération delà hernie ; on puyre le pérïtoiné avec la pointe du bistouri et on agrandit l'incision avec une sonde