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CATARRHE PULMONAIRE. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE

La toux est habituellement quinteuse, avec des efforts violents, du larmoiement, du coryza, la rougeur et la congestion de la face, quelquefois des vomissements. L'expectoration est tantôt composée de crachats gluants, de couleur grisâtre ; c'est le catarrhe ptiuiteuz des auteurs ; d'autres fois l'expectoration est très-abondante et composée de muco-pus : catarrhe humide . Ces deux caractères de l'expectoration peuvent se montrer successivement chez le même malade. Quand l'expectoration est nulle ou peu abondante c'est le catarrhe sec des anciens.

La dyspnée devient habituelle avec des redoublements pendant les aggravations du catarrhe ; V emphysème du poumon vient alors compliquer la maladie. La dyspnée prolongée, les efforts de la toux déterminent une compression des vaisseaux pulmonaires, qui suffit quelquefois à produire la stase veineuse, la cyanose et l'œdème. L'emphysème détermine l'oblitération d'un certain nombre de vaisseaux pulmonaires et contribue, de son côté, à augmenter cette gêne de la circulation. A cette époque, on peut observer des dilatations des bronches qui simulent des cavernes et qui sont quelquefois le siège de petites hémorrhagies et par conséquent la source d'hémoptysies ; d'où une certaine difficulté dans le diagnostic.

La vieseprolonge fortlongtemps avec le catarrhe chronique. Il est rare que les malades succombent, soit à l'épuisement, soit aux stases veineuses ; le plus souvent ils sont emportés par le développement de la forme grave du catarrhe (catarrhe suffocant, péripneumonie notha).

1? auscultation fournit les signes du catarrhe des grosses bronches, ceux de l'emphysème et quelquefois ceux de cavernes dues à la dilatation des bronches.

Anatomie pathologique. — La muqueuse des bronches présente des rougeurs par plaques et des ecchymoses ; elle est épaissie et ramollie. Les bronches contiennent un muco-pus épais, blanc jaunâtre. Dans la forme grave, le tissu pulmonaire présente, en outre, deVengouementQldeshépatisations disséminées.- L'engouement est caractérisé parla couleur rouge plus ou moins foncée; le tissu pulmonaire est plus ou moins compacte, non

crépitant; il n'est pas friable comme dans l'hépatisation. Cette dernière lésion présente ici les mêmes caractères anatomiques que dans la pneumonie ; seulement elle est distribuée par noyaux multiples de grosseurs très-variables. C'est à tort qu'on l'appelle hépatisation lobulaire, parce que la lésion n'est pas limitée par la structure des lobules pulmonaires, et qu'elle peut occuper une partie d'un lobule, ou de plusieurs lobules. En un mot, elle est disséminée et non lobulaire.

Étiologie. — U enfance et la vieillesse prédisposent au catarrhe pulmonaire. C'est la maladie des régions et des saisons froides et humides. En France c'est surtout au printemps que le rhume règne épidémiquemenl. La cause occasionnelle la plus fréquente est un refroidissement.

Traitement. — La prophylaxie du catarrhe pulmonaire consiste surtout dans l'habitude de vivre au grand air et de braver les intempéries des saisons ; l'hydrothérapie préserve habituellement des rhumes. Cependant il ne faut pas appliquer cette prophylaxie à la première enfance, parce qu'il n'y a pas encore une réaction suffisamment assurée.

Traitement de la forme commune. — Au début nux vomica et aconitum sont les deux principaux médicaments. Je prescris habituellement nux vomica (3°), la nuit et aconitum (3e) le jour. Une cuillerée toutes les deux ou trois heures, suivant l'intensité des symptômes. Nux vomica correspond au coryza fluent et aconitum à la toux sèche et fréquente. Quelques confrères commencent toujours le traitement du rhumeà la première période par aconit (T. M.) 2 à 3 goutles toutes les trois heures. Nous recommandons cette méthode comme très-sûre. Si le rhume débute par le mal de gorge, au lieu du coryza ; si la toux est sèche et a lieu principalement pendant la nuit; si elle s'accompagne d'une céphalalgie considérable, je débute par belladona (3°) toutes les deux heures. Mercurius est indiqué au début par un coryza moins aqueux que celui de nux vomica avec érythème de l'entrée des narines; parle mal de gorge; mais

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