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PNEUMONIE. — TRAITEMENT

jours, mais un râle muqueux, à grosses bulles, apparaît souvent le 4e jour.

Variétés suivant le siège. — La pneumonie occupe, le plus souvent, les lobes inférieurs et moyens; elle peut occuper le sommet exclusivement, ou le poumon tout entier, ou même les deux poumons. La pneumonie du sommet passe pour être plus grave que celle de la base ; la pneumonie double est rarement double d'emblée, elle le devient vers le 3° ou le 4° jour, Elle est extrêmement grave.

Étiologie. — La pneumonie est très-fréquente et très-grave pendant la première enfance et la vieillesse; elle est encore très-fréquente de 20 à 40 ans, pour diminuer de 40 à 60. L'époque de la vie où elle s'observe le plus rarement, et pendant laquelle elle guérit presque toujours, c'est pendant la seconde enfance,

La pneumonie est moitié plus fréquente chez les hommes que chez les femmes ; c'est la maladie des régions froides et tempérées, des grandes altitudes. Dans notre pays, elle est surtout fréquente au printemps. Les professions qui exigent un travail pénible sont celles qui fournissent le plus de cas.

La pneumonie se développe principalement à l'occasion d'un travail excessif, d'un exercice violent suivi d'un refroidissement; mais il faut que ce refroidissement ait une certaine durée ; un froid vif, qui dure au plus une ou deux minutes, excite une réaction salutaire et n'a aucun inconvénient, comme on le voit si fréquemment dans les pratiques hydrothérapiques.

L'ivrognerie, la misère prédisposent à la pneumonie, et surtout la rendent beaucoup plus grave.

Traitement. — Forme commune. — J.-P. Tessier avait coutume de prescrire bryonia[\2°) le jour, et phosphorus (12°) la nuit; une potion avec 6 globules pour 200 grammes d'eau, une cuillerée toutes les deux heures. Ce traitement réussit presque constamment. Les premiers jours je prescris bryonia (12°) seul, et je le maintiens pendant toute la durée de la maladie, si dès le se-

cond jour du traitement je puis constater une diminution progressive de la fréquence du pouls. Si au contraire, après vingt-quatre, quarante-huit heures, j'observe que les symptômes augmentent de gravité, je prescris phosphorus (24°) pour la nui l. Une seule fois j'ai prescrit des gouttes de la 3° dilution et mon malade est mort. Certes, ce n'est pas là une preuve suffisante ; mais l'examen des observations des pneumonies, qui existent dans les annales de l'homœopathie, me semble démontrer que les dilutions élevées ont plus d'action dans le traitement de cette maladie que lesdilutions basses. Si le traitement que je viens de décrire est insuffisant et que la maladie s'aggrave de jour en jour, il y a deux médicaments qui ont encore une grande puissance, arsenicum et sulfur.

Arsenicum est indiqué par la prostration extrême, la pâleur de la face, une dyspnée considérable, la tendance au refroidissement, l'irrégularité du pouls. Ce médicament est extrêmement précieux et m'a rendu les plus grands services clans les pneumonies graves; je le prescris à la 3° trituration. Une dose toutes les deux heures.

Sulfur convient si le mouvement fébrile est très-violent, avec sueurs ou tendance aux sueurs, face vultueuse. J'ai toujours administré la 6° ou la 12° dilution de ce médicament.

Mais tartarus emeticus est un médicament plus important. Je l'ai toujours employé après bryonia et phosphorus, soit que ces deuK médicaments eussent été inefficaces contre l'état général, soit que la lésion seule ait résisté à leur action. Dans le premier cas, l'indication se tire des signes suivants : face rouge, vultueuse ; somnolence ; toux grasse ; dyspnée avec râle et sifflements ; suppression de l'expectoration ou expectoration trèsdifficile. Dans le second cas, persistance de l'hépatisation, avec catarrhe bronchique et expectoration considérable, mais difficile. Tarlarus correspond à l'état qu'on a improprement appelé paralysie du poumon.

On a encore indiqué lachesis et lycopodium. Je n'ai jamais eu l'occasion d'employer ces deux médicaments.

S'il survenait une métastase sur le cerveau, belladone et opium deviendraient les deux principaux médicaments. (Voir le trai-

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