‹ Éléments de médecine pratique [electronic resource]Chapitre 169 sur 350 · PHTHTSIE PULMONAIRE. — FORME MALIGNE · texte numérisé non relu

PHTHTSIE PULMONAIRE. — FORME MALIGNE

de tenir compte de celte forme pour Jugër de la valeur des traitements de la phthisie.

La phthisie chronique débute insensiblement par une toux sèche habituelle qui peu à peu s'accompagne de l'expectoration caractéristique. Les malades peuvent présenter au début, <>u dans le cours de la maladie, de véritables rhumes qui donnent à celLe forme de la phthisie une certaine ressemblance avec le catarrhe chronique. J'ai vu des cas où pendant plusieurs années les malades ont été sujets à des hémoptysies abondantes; mais ces cas sont les plus rares de tous.

La maladie arrivée à sa période d'état est caractérisée par un amaigrissement notable; une certaine diminution des forcëSj un peu de dypsnée; une toux grasse habituelle avec expectoration caractéristique; p^as de fièvre; conservation de l'appétit et du sommeil; ces malades continuent de vaquer à leurs occupations ; ils présentent des aggravations pendant la mauvaise saison et des rémissions considérables en été. Les signes stéthoscopiques sont extrêmement nets dans cette forme.

La vie peut se prolonger des années et le malade succomber à une affection étrangère à la phthisie; mais cependant le plus souvent la fièvre hectique se développe et les malades périssent dans la cachexie comme les autres phthisiques.

IV. Forme maligne. — Elle est caractérisée à un moment de sa durée, par une marche extrêmement rapide ; par un mouvement fébrile continu et par la production, dans les deux poumons et souvent dans la plupart des organes, de granulations miliaires. On a appelé cette forme phthisie aiguë, mais cette dénomination ne la distingue pas suffisamment de la variété à marche aiguë dans la forme commune; Trousseau [Climque médicale, t. I), l'appelle phthisie galopante, mais cette expression est peu médicale; Bayle l'avait appelée pht hisie miliaire, à cause dosa lésion, mais, indépendamment des gTanulalions miliaires. on renconLre souvent les tubercules crus el ramollis de la phthisie ordinaire. Nous avons donc préféré cette expression de phthisie maligne parce qu'elle désigne, très-élaire-

298 MALADIES DES VOIF.S R F.SPIRATOIRES. — POITRINR.

ment une forme de maladie qui le plus souvent, après un début d'une apparente bénignité, se termine brusquemenl par les accidents les plus formidables.

La phthisie maligne sévit habituellement dans, la jeunesse, eL plus souvent chez les femmes que chez les hommes. Elle débute presque toujours brusquement; quelquefois cependant elle est précédée de tous les symptômes d'une phthisie de forme commune. Dans certains cas enfin, les sujets qui doivent être a tteints par la phthisie maligne sont pris d'une petite toux sèche avec des accès de fièvre tierce ou quotidienne ; accès de fièvre qui cèdent parfaitement au sulfate de quinine. On doit noter encore parmi les prodromes les plus importants, l'amaigrissement, la diminution des forces, et un certain degré de dyspnée.

La maladie débute par un mouvement fébrile intense; une toux sèche, extrêmement fréquente, et une dyspnée notable; le mouvement fébrile est souvent rémittent, mais il n'y a pas d'apyrexie complète, et surtout le sulfate de quinine devient tout à fait impuissant; L'amaigrissement fait des progrès trèsrapides; la langue se sèche ; souventil survient de la diarrhée; les malades sont pris de prostration et plus ou moins vite de somnolence et de délire; ils oui tout l'aspect extérieur des typhoïdes avec lequels on les confond souvent. Seulement il n'y a point habituellement de taches lenticulaires, et les symplômes thoraciques : toux et dyspnée, sont très-prédominants. Nous signalons cependant, en lui en laissant la responsabilité, un cas dans lequel Jaccoud a observé une éruption abondante de, taches lenticulaires (Clinique). Au commencement V auscultation ne révèle aucun bruit anormal ; et c'est là une signe diagnostic fort important que Jaccoud a découvert et signalé six ans après nous (Clinique, 1874) ; plus tard on perçoit ceux qui appartiennent à l'engouement pulmonaire, les râles humides sous-crépitants. Ces bruits ne sont pas plus intenses au sommet, à moins que le début des accidents n'ait été précède des symptômes de la phthisie commune.

La maladie marche rapidement, la dyspnée devient excessive et les malades succombent habituellement vers la fin de la troisième semaine; ils atteignent rarement la sixième. Dans

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