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ENDOCARDITE — FORME BÉNIGNE

jour, les signes de l'endocardite passeraient inaperçus puisqu'ils sont, le plus souvent, uniquement constitués par le souffle cardiaque.

Cette affection qui se termine habituellement par la mort semble, dans quelques cas, constituer une forme grave de Yendocardite essentielle, mais beaucoup de cas publiés sous le nom d'endocardite infectieuse appartiennent à la diathèse purulente et à d'autres maladies.

La manie des grands empoisonnements est aujourd'hui si universelle qu'on a expliqué la gravité de cette forme d'endocardite par l'absorption de la poussière fibrineuse qui résulte de Y ulcération des valvules et de la destruction des végétations, d'où les noms à.' endocardite ulcéreuse et d'endocardite végétante qu'on a donné à cette affection.

III. Forme métastatique. — Elle est caractérisée par un début brusque, une extrême gravité, la disparition ou l'amoindrissement considérable des affections articulaires.

La marche de cette forme est très-rapide: la dyspnée, les lipothymies, l'anxiété sont portées à un très-haut degré; les battements du coeur sont tumultueux, irréguliers ; en même temps le pouls est très-faible; il y a des sueurs froides et des accès de suffocation. La terminaison habituelle est la mort, qui survient très -rapidement, souvent en quelques heures. Cette forme s'observe aussi dans la dartre, dans la maladie hémorrhoïdaire et surtout dans la goutte : c'est la goutte remontée. Dans la forme anomale de celte dernière maladie, c'est-à-dire dans la goutte qui ne s'accompagne pas d'affections articulaires, nous avons observé des accès d'endocardite avec douleur énorme à la région précordiale; battements tumultueux et irréguliers du cœur; dyspnée considérable; congestion pulmonaire et petites hémoptysies ; mouvement fébrile considérable ; pouls irrégulier, rapide, tantôt fort, tantôt taible.

IV. Forme bénigne. — C'est la plus fréquente de toutes; elle passeraitinaperçue sans les signes fournis par l'auscultation'. Il faut bien se garder de diagnostiquer une endocardite bénigne

toutes les fois qu'on entend un léger bruit de souffle dans le cours du rhumatisme articulaire aigu. Pour admettre l'existence d'une inflammation même légère du cœur, il est nécessaire que le bruit de souffle ait une cerlaine'intensité; il faut, en outre, que les bruits très-clairs et très-sonores de Y artère pulmonaire indiquent un excès de réplétion de ce vaisseau et par conséquent un affaiblissement des contractions musculaires du cœur, signe certain de l'inflammation de la séreuse. Cette forme de l'endocardite, n'entraîne jamais directement la mort; mais elle est une source fréquente de lésions valvulaires incurables.

Anatomie pathologique. — Nous ne rappellerons que les choses indispensables : le siège delà lésion aux orifices et sur les valvules ; la formation et le dépôt de produit pseudo-membraneux; la rupture des brides des valvules; la perforation et les adhérences vicieuses de ces voiles mobiles, l'ulcération de la séreuse, l'infiltration du sang dans le tissu musculaire et la formation d'une sorte d'anévrysme aigu.

Traitement. — Les principaux médicaments sont: aconitum, colchicum,spigelia,belladona, cannabis, arsenicum, phosphorus, digitalisa tabacum, lachesis vipera elcaclus. Aconitum est le médicament du début. Il est indiqué par un mouvement fébrile intense, un pouls dur et fréquent, des palpitations de cœur énergiques avec douleur sécante, sensation d'un coup violent à la région précordiale ou à l'épigastre; chaleur et rougeur de la face ; soif ; tendance à la syncope; respiration courte; urine brûlante, rouge foncé. — L'intermittence du pouls n'est point une contreindication. J'emploie habituellement la 2« ou la 3° trituration, 20 centigrammes dans 200 grammes d'eau, une cuillerée toutes les heures ou toutes les deux heures.

. Colchicum a pour lui l'expérience clinique; sa pathogénésie est peu riche encore. Cependant Hartmann a noté: oppression avec anxiété; douleur déchirante à la région cardiaque en respirant; palpitations très-fortes et irrégulières; pouls contracte, vite et très-fréquent; urines rares, rouges et troubles.

Spigelia, que nous retrouverons à propos du traitement des

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affections valvulaires, convient à un degré plus avancé, quand le mouvement fébrile a diminué, quand les lésions des orifices sont déjà caractérisées. Les symptômes de ce médicament sont: palpitations violentes avec anxiété et dyspnée, palpitations avec accès subits de suffocation ; sensation d'ondulation, de tremblement au cœur; inégalité et intermittence des battements; augmentation des symptômes par l'action de lever les bras. Les urines laissent déposer un sédiment blanchâtre.

L'expérience physiologique et l'observation clinique concourent pour indiquer phosphorus dans l'endocardite; seulement il .n'est pas encore possible de préciser ses indications.

Arsenicum convient dans les cas graves, quand aconùum et colchicum ont échoué ; il est indiqué par des accès de suffocation nocturnes; un état lipothymique; pouls irrégulier, faible, petit et tremblant; battements violents et anxieux du cœur; urines troubles, quelquefois sanguinolentes- et albumineuses.

Lachesis et vipera conviennent à peu près dans les mêmes circonstances qu' arsenicum. Cactus m'a rendu des services ; mêmes indications qu'aconitum.

Nous retrouverons les autres médicaments à propos du traitement des affections valvulaires.

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