AFFECTIONS DES VALVULES DU CŒUR. — TRAITEMENT
Lachesis est un très-bon médicament dans les affections organiques du cœur ; il correspond à l'ensemble des symptômes, mais il est difficile de préciser son action. La tendance aux syncopes, un commencement d'asphyxie, des urines très-fréquentes et brûlantes, le purpura et les plaques érythémateuses sur les membres inférieurs œdématiés, indiquent plus particulièrement le lachesis. Crotalus, elaps corahna, naja, vipera torva et curare remplacent quelquefois avantageusement le lachesis.
Arsenicum sera préféré quand il y a des aggravations nocturnes considérables, une grande agitation et beaucoup d'angoisses.
Spigelia convient quand le pouls est intermittent et qu'il existe une douleur précordiale notable. .
Tabacum est indiqué par le pouls irrégulier et intermittent.
Spongia. — Richard Hughes conseille ce médicament, d'après les expériences du D1' Wells, comme un des plus efficaces dans les lésions des valvules. Le principal symptôme qui indiquerait ce médicament est un réveil subit la nuit avec sentiment de suffocation. Le Dr Wells affirme avoir, à plusieurs reprises, vu disparaître les bruits du souffle par l'usage de spongia. On prescrit les 2° et 3B décimales.
Plumbum qui dans les empoisonnements saturnins produit une endocardite chronique et des endartérites disséminées est évidemment indiqué dans les lésions valvulaires. Dans la pathogénésie de ce médicament nous trouvons : palpitations, sensation de bouillonnement avec angoisse, douleur, dypsnée, respiration haletante, accès de suffocation avec anxiété.
Dans la période de cachexie, quand l'hydropisie est considérable, je ne connais pas de médicaments homœopathiques, excepté la digitale, qui aient une action favorable sur l'ensemble des symptômes. Hartmann signalait déjà 'cette lacune de la thérapeutique; et, à ma connaissance, elle n'a pas été comblée, a moins que senega, proposé par le D' Gallavardin, ne puisse agir efficacement dans ce cas. Il faudra donc ici administrer la digitale sous la seule forme qui soit efficace : la décoction des feuilles dë la plante. On prescrit de 2 à gramme*
de feuilles pour 100 grammes d'eau ; 4 à G cuillerées en vingtquatre heures.
La diurèse et la régularité du pouls suivent très-rapidement l'administration de cette préparation. Si les urines cessent d'être abondantes, il faudra suspendre immédiatement le médicament, car il ne faut pas oublier que la digitale est dans ce cas un médicament parfaitement homœopathique et qu'à cet I « ; dose, s'il dépasse son action bienfaisante, il développe rapidement tous les symptômes de l'asystolie.
Si la digitale reste inefficace et qu'aucun des médicaments homœopathiques ne réussisse à diminuer l'hydropisie, on devra tenter encore un moyen qui a donné quelquefois des résultats inespérés, c'est l'emploi des drastiques.
L 'eàu-de-vte allemande, administrée à la dose de 20 à 40 gr. dans du café noir est le meilleur drastique ; il détermine des selles séreuses fort abondantes, et amène le plus souvent une diminution très-notable et très-rapide de l'hydropisie. Il faut recourir à ce moyen deux et trois fois à deux jours de dislance. Jamais cette médication n'a amené une guérison : c'est donc comme palliative que nous la conseillons; mais ses bons effets peuvent prolonger la vie des malades pendant plusieurs mois et donner au médecin le temps d'essayer une autre médication. Il faut savoir que les drastiques ne sont pas sans inconvénients; qu'ils doivent être maniés avec prudence, parce qu'ils peuvent jeter le malade dans un collapsus fort grâvè ; c'est en un mol un moyen dangereux et réservé pour des «m désespérés.
Contre l'anasarque on se trouve quelquefois bien des piqûres faites à l'aide d'une aiguille fine. Ce procédé n'a pas, comme les mouchetures faites à l'aide de la lancette, l'inconvénient de produire trop d'inflammation à la peau et de donner lieu à des ulcérations.
On trouvera au chapitre de l'endocardite et à celui de l'angine de poitrine les renseignements nécessaires pour compléter le traitement des affections organiques du cœur.