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CHAPITRE IX

PÉRICARDITE

La péricardite est une maladie caractérisée analomiquenicnl |ar I inflammation du péricarde.

te pWcardite est presque toujours symptomatique ; elle se Jousset, 2" cdit

rencontre dans les mômes circonstances que l'endocardite ; aussi c'est surtout l'histoire de la péricardite rhumatismale que nous possédons; elle est souvent très-bénigne et peut passer inaperçue.

Dans le cours de la diathèse purulente, la péricardite est fréquente, elle a pour caractère d'être purulente d'emblée-.

Dans les affections organiques du cœur, la péricardite survient à titre de complication, et elle affecte presque toujours la marche chronique.

On a observé un certain nombre de cas dans lesquels l'inflammation du péricarde s'accompagnait de productions tuberculeuses ; cette affection est analogue à la péritonite et à la pleurésie tuberculeuse; sa marche est chronique.

La péricardite peut revêtir le caractère mélastatique , c'est-à-dire remplacer une autre affection moins grave qui- disparaît ou au moins diminue considérablement pendant que la péricardite se développe. On a signalé cette péricardite dans le cours de la goutte, du rhumatisme articulaire aigu et de certaines affections de la peau. Je l'ai vue survenir chez un enfant scrofuleux après la suppression brusque d'un porrigo du cuir chevelu.

La marche de la péricardite mélaslatique est suraiguë ; elle se termine par la suppuration et est habituellement mortelle.

La péricardite peut encore se développer par la propagation de l'inflammation de la plèvre ou du poumon.

La péricardite essentielle est plus fréquente chez les hommes dans une proportion très-considérable. On doit attribuer celle fréquence aux excès, aux travaux pénibles et aux refroidissements plus fréquents chez l'homme que chez la femme. On a signalé des épidémies de péricardite.

La péricardite présente certainement plusieurs formes, Ainsi il y a des cas où la maladie est très-bénigne, d'autres où elle a été mortelle en moins de quarante-huit heures; quelquefois elle est chronique d'emblée. Mais, comme les auteurs n'ont pas distingué suffisamment la péricardite symptomatique, métastatique et essentielle, nous ne possédons point les éléments nécessaires pour faire l'histoire de ces forme,, *"»*™M seulement la maladie telle qu'elle se montre habituellement,

PÉRICARDITE. — FORME COMMUNE. 355

Au point de vue de l'analomie pathologique, on divise la péricardite en doux grandes classes : péricardite sèche, péricardite avec épanchement.

La péricardite sèche correspond à la forme bénigne. C'est celle que l'on observe le plus souvent dans le rhumatisme, et encore, quand l'inflammation du péricarde n'est qu'une complication de l'endocardite.

T. Forme commune. — La péricardite de forme commune s'accompagne toujours d épanchement; elle débute par un mouvement fébrile peu marqué, de la frilosité plutôt que des frissons; l'absence d'une réaction franche; le pouls petit et irrégulier. En môme temps une douleur quelquefois très-vive, d'autres fois bornée à un sentiment de malaise, se localise à la région précordiale; cette douleur augmente parla toux et les efforts de la respiration. D'après certains auteurs, elle indiquerait toujours une complication : l'inflammation de la plèvre qui avoisine le péricarde ; des palpitations irrégulières et survenant par accès; une dyspnée déjà très-notable, achèvent de caractériser le début de la maladie.

Les progrès de la péricardite sont marqués par l'augmentation de la dyspnée et un état lipolhymique très-remarquable. Plus tard, si la maladie doit avoir une terminaison funeste il survient de la somnolence; un délire tranquille, puis le coma; d autres fois, les malades éprouvent des accès de suffocation considérables. Le pouls de cette forme de péricardite est caractéristique ; il est petit, irrégulier et faible : dans les cas graves, sa faiblesse est telle qu'au sphygmographe il donne une ligne b peine ondulée. J,P. Tessier attribuait la faiblesse du pouls la tendance aux lipothymies et les syncopes mortelles qui terminent quelquefois la péricardite à la paralysie des muscles cardiaques, paralysie qui est une suite nécessaire de l'inflamrha ion de sa membrane d'enveloppe. A cette paralysie se ratache encore la dilatation énorme du coeur qui accompagne si souvent la péricardite. s

Quand les nerfs phréniques sont atteints par l'inflammation la péricardite s accompagne de symptômes bizarres qui peuvèm

3o6 MALADIES DE L APPAREIL CIRCULATOIRE. CŒUR.

égarer le diagnostic. Ces symptômes sont la dysphayie eiVhydropkobie; le premier se rencontre plus fréquemment que le second. D'après Bourceret (1), la dysphagie indiquerait toujours l'existence d'une complication, l'inflammation de la plèvre du iriédiastin. Nous croyons que les phréniques peuvent cire envahis par l'inflammation sans que la péricardite s'étende à la plèvre; et, par conséquent, que la dysphagie n'indique pas toujours une complication de pleurésie.

Siynes physiques de la péricardite sans épanchement. — Ces signes se bornent à deux : une certaine lenteur dans le mouvement de retrait de la pointe du cœur qui semble adhérer à la paroi thoracique; un bruit de frottement. Le bruit de frottement se distingue du souffle : 1° par son siège, qui est habituellement la partie moyennne du cœur, tandis que le souffle occupe les quatre points d'élection que nous avons indiqués; 2° par le temps de la révolution cardiaque auquel il se montre. Il peut avoir lieu pendant la systole et la diastole, mais il esl irrégulier el empiète d'un temps sur l'autre; souvent il correspond au petit silence, entre le premier et le second bruit, el constitue une variété du bruit de yalop ou bruit de rappel qui se compose de trois bruits : premier bruit du cœur, bruit de frottement pendant le petit silence, puis second bruit du cœur. Cet enchaînement de bruit esl palhognomonique des fausses membranes dans le péricarde.

Siynes physiques quand F épanchement est formé. — Matité, éloignement des bruits du cœur et du choc cardiaque, disparition du bruit de frottement, tels sont les phénomènes nouveaux qui indiquent la présence d'un épanchement. Nous n'avons qu'une seule remarque à ajouter, c'est que la matité n'est pas toujours proportionnelle avec la quantité de l'épanchement. Quelquefois des adhérences entre la face externe du péricarde et le poumon fixent et immobilisent celui-ci dans une position ou il recouvre moins le cœur que dans l'état normal, et la mal. le esl augmentée même sans épanchement; mais celte cause d erreur

(1) Thèse de Paris, doctorat 1877.

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