CHAPITRE VII
HÉMORRHAGIE MÉNINGÉE
C'est une lésion ùornmum à des maladies bien diverses. Son siège et la quantité de l'épanchement sont extrêmement variables, d'où des différences très-nombreuses dans les symptômes. Nous décrirons séparément Yhémorrhagie arachnoïdienne et Y hémorrhagie sous-arachnoïdienne , qui constituent deux étals très-distincts.
HÉMORRHAGIE MENINGEE. 37
Hémorrhagie arachnoïdienne, pachyméningite. — Elle existe comme espèce morbide, c'est celle. que nous allons décrire, mais elle se présente souvent comme symptôme d'affections cérébrales : démence, paralysie générale, épilepsie, éclampsie, et plaies de tête. Elle survient encore comme symptôme dans lepwpura hemorrhagica, la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, et les cachexies diverses.
Il est nécessaire que nous nous expliquions sur la théorie allemande de la pachyméningite.
Autrefois les anatomistes ensaignaient que l'arachnoïde formait comme les autres séreuses un sac sans ouverture et qu'elle avait un feuillet vésical et un feuillet pariétal. On a démontré que le feuillet pariétal n'était représenté que par un épithélium reposant sur la face interne de la dure-mère ; qu'il n'y avait donc point, dans cette manière de voir, un sac séreux, mais que les épanchements localisés autrefois dans la cavité arachnoïdienne siégeant entre la dure-mère et l'arachnoïde, é lai ent sus-arachnoïdiens.
De cette nouvelle conception anatomique est née directement cette doctrine que les hémorrhagies arachhoïdiennes étaient des hémorrhagies sus-arachnoïdiennes produites parla circulation de la dure-mère. Puis, comme ces collections sanguines sont fort souvent circonscrites et enkystées par une fausse membrane, est née l'opinion que nous n'hésitons pas à qualifier d'erreur, que toutes les hémorrhagies sus-arachnoïdiennes étaient consécutives àune inflammation pseudo-membraneuse de la dure-mère, à une pachyméningite.
Cette opinion est erronée par les raisons suivantes : 1° il y a des autopsie» d'hémorrhagies sus-arachnoïdiennes sans trace de fausses membranes ; 2° il y a des hémorrhagies sus-arachnoïdiennes enkystées par des kystes à peine vasculaires ; 3° il y o des observations où toute l'évolution morbide est complète en quelques jours, c'est-à-dire dans un temps qui ne permet pas le développement d'une circulation nouvelle considérable.
Les limites de ce livre ne nous permettent pas une plus longue discussion de ces faits ; nous nous bornerons à émettre des onclusions qui rendent compte de tous les faits :
1° Il existe une inflammation pseudo-membraneuse de la duremère, à marche chronique, qui peut devenir la source d'une hémorrhagie interstitielle plus ou moins abondante, c'est la pachyméningile .
2° Il existe une hémorrhagie sus-arachnoïdienne primitive .sans inflammation pseudso-membraneuse préalable. La mort peut arriver sans que le sang soit enkysté, mais le plus souvent la présence du sang développe une inflammation qui a pour résultat une production pseudo-membraneuse et l'enkystement du sang épanché,
L'hémorrhagie arachnoïdienne essentielle présente trois formes : forme commune, forme paralytique, forme convulsivc.
I. Forme commune. — » Elle est caractérisée par la succession de trois périodes : stupeur, délire et coma. Les deux dernières correspondent à la méningite développée par le contact du sang avec les membranes.
{"période. — Céphalalgie très-intense, stupeur, somnolence croissante et coma incomplet, avec pupille contractée . Cette période, pendant laquelle le pouls est grand et rare, la température abaissée, correspond à l'hémorrhagie et à la compression des circonvolutions. Elle dure de deux à quatre jours.
2* période. — Elle est annoncée par les vomissements et la fièvre- elle correspond à la méningite consécutive. Le pouls est petit et fréquent, le délire tranquille. Cette période dure trois a quatre jours.
3o période - Le coma reparaît et s'accroît chaque jour; le mouvement fébrile continue; grande élévation de la température; les paralysies apparaissent : hémiplégie, paralysie des sphincters, des muscles de la déglutition et de la respiration et mort rapide. D'autres fois la paralysie ne touche pas aux muscles respiratoires ; alors les malades restent en proie a la fièvre j il survient des eschares, des suppurations, des diarrhées, et 1rs palades succombent après plusieurs semaines ; cette terminaison est fort rare