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CHAPITRE VII

MÉTRORRHAGIE

La métrorrhagie est caractérisée par un écoulement sanguin en dehors de l'époque de la menstruation, ou par des règles beaucoup trop forles: cette dernière variété a pris le nom de menorrkagte.

METHORRHAGIE. 445

La mélrorrhagie est le plus souvent un symptôme; on l'observe à propos de l'avorlement et de l'accouchement, dans le cours des tumeurs et des cancers de l'utérus, quelquefois pendant la durée des métrites, mais surtout des pelvi-péritonites. La mélrorrhagie est le symptôme principal de la chlorose hémorrhagique; elle survient dans le purpura hœmorrhagica ; et comme hémorrhagie symptomatique et critique, dans le cours des fièvres et des phlegmasies. Enfin, la métrorrhagie constitue une maladie essentielle qui s'observe principalement, mais non toujours, à l'approche ou pendant Y âge critique. Cette métrorrhagie se rencontre surtout chez des femmes sujettes à des épistaxis. On pourrait donc essayer de la faire rentrer parmi les hémorrhagies symptomatiques de la maladie hémorrhoïdaire ; mais je l'ai observée dans des cas où il m'a été impossible de constater aucun signe de cette dernière maladie.

La mélrorrhagie présente plusieurs variétés fort importantes au point de vue séméiotique et à celui du traitement : métrorrhagie forte, moyenne, et faible.

1e Métrorrhagies fortes. — Elles s'observent surtout quand l'utérus a été distendu par une grossesse ou par une tumeur. Le sang s'écoule à flots, avec des caillots noirs plus ou moins considérables. A la suite de l'accouchement, celte hémorrhagie peut être mortelle en quelques minutes ; elle est foudroyante.

2° Métrorrhagies moyennes.— Elles se rapportent surtout aux pelvi-péritonites, à la métrite, et aux maladies qui ne siègent pas dans l'utérus. On peut les observer encore après l'accouchement et l'avortement et surtout dans le cours des lumeurs utérines ; elles s'accompagnent en plus de caillots et ont habituellement une durée de plusieurs jours.

3° Métrorrhagies faibles. — Ellesapparaissent souvent dans l'intervalle des grandes hémorrhagies chez les malades affectées de polypes, de corps fibreux ; elles constituent le symptôme habituel des métrites hémorrhagiques et du cancer commençant. Elles consistent plutôt dans un suintement continu que dans une véritable perte ; elles durent un grand nombre de jours.

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Les hémorrhagies utérines s'accompagnent ou non de coliques utérines. Les douleurs existent surtout dans le cas où la sortie du sang est rendue difficile par un obstacle au col de l'utérus ou quand il existe des caillots volumineux ; c'est alors un véritable accouchement qui s'opère. La congestion qui précède l'hémorrhagie est aussi une cause de douleur quand l' utérus est malade.

Les hémorrhagies utérines s'accompagnent de symptômes communs à toutes les hémorrhagies.

La métrorrhagie essentielle est habituellement fort abondante; elle revient périodiquement à l'époque des règles, mais presque toujours avec une avance considérable ; elle peut s'accompagner de douleur ; elle présente des alternatives de mieux et de plus mal, et dure plusieurs années. Quand cette métrorrhagie se manifeste à l'âge de retour, les pertes de sang alternent avec la suppression des règles, et souvent, ne se montrent (pic tous les trois ou quatre mois.

Traitement. — Arsenicum, sabina, secale comutum, crocus, chamamMl&i Ihlaspi, ledvm palustre, iynat'w, platina, pulsaïilla, digitalis, argentum oxydalum, arsenicum, ipéca, china, hamamehs sont les principaux médicaments.

Arnica convient dans les hémorrhagies abondantes, surtout si elles sont d'origine traumatique .

Sabina convient aux hémorrhagies abondantes, accompagnées de coliques utérines. J'ai presque toujours prescril ce médicament pendant et après l'avortement. J'emploie habituellement la 3e dilution. Deux ou trois fois, j'ai prescrit avec succès 1 ou 2 grammes de la lr0 trituration.

Secale comutum convient dans des cas analogues ; mais surtout quand la femme est débilitée par la perte du sang. Ce médicament est principalement indiqué par l'absence de contraction utérine. C'est le médicament des hémorrhaeries abondantes à la suite de l'accouchement et de celles qui accompagnent les polypes et les corps fibreux volumineux; il faul souvent prescrire des 1r09 triturations et même à la su. le de

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l'accouchement, la substance elle-même par prise de 50 centigrammes, toutes les vingt minutes.

Chamomilla, écoulement de sang abondant avec coliques; au début de l'avortement, ou pendant la ménorrhagie compliquée de dysménorrhée; petits frissons, bâillements, diarrhée concomitante ; 3e dilution.

Thlaspi bursa-pastoris est prescrit empiriquement dans la métrorrhao-ie. J'ai obtenu de très-bons effets de ce médicament dans les métrorrhagies abondantes avec coliques de matrice; dans la chlorose hémorrhagique ; dans la métrorrhagie essentielle ; et à la suite d'avortement ou d'accouchement. J'ai presque toujours prescrit I gramme de teinture mère pour 200 grammes d'eau.

Ledum palustre convient surtout aux petites hémorrhagies, au suintement de sang continuel ; il peut néanmoins réussir dans les hémorrhagies abondantes. La douleur n'est pas une condition nécessaire de son emploi. J'ai obtenu de très-beaux succès de ce médicament dans des hémorrhagies symptomatiquesd'un corps fibreux. J'emploie ordinairement quelques globules de la 12e dilution.

Ignalia et nux vomica conviennent à certaines ménorrhagies chez les hémorrhoïdaires. Ignatia est surtout indiqué quand les règles avancent ; et presque constamment, s'il ne diminue pas la perte de sang, ce médicament empêche les règles d'avancer.

Platina m'a rendu des services dans des hémorrhagies symptomatiques du cancer et des corps fibreux ; ses indications ne sont pas encore bien précises. J'ai souvent prescrit la 30u dilution.

Crocus, pulsaiiUa, digitalisa revendiquent aussi quelques succes. J'ai employé rarement ipeca, il m'a réussi dans des pertes abondantes. Argentum oxydaium diminue sensiblement les grandes pertes symptomatiques des corps fibreux ; il faut donner la lr0 trituration.

Ilamamelis que j'emploie depuis peu de temps m'a rendu de véritables services dans la métrorrhagie. La seule indication que j'en puisse donner aujourd'hui, c'est qu'il s'agissait de

femmes louchant l'âge de retour ; que les hémorrhagies étaient Tort abondantes et précédées pendant un jour ou deux de pertes d'une eau rosée très-abondante.

Arsenic est un des meilleurs moyens pour guérir la disposition à la métrorrhagie. Je prescris ce médicament à la 3e trituration, 10 centigrammes en deux fois dans la journée, pendant tout l'intervalle qui sépare les époques.

Lachesis s'emploie surtout pour prévenir l'hémorrhagie et china pour combattre l'anémie consécutive.

Les applications d'eau froide sur le bas-ventre, les lavements d'eau froide sont des auxiliaires quelquefois utiles. Enfin, quand la perte est très-abondante, il faut pratiquer le tamponnement du vagin. Voici comment se pratique cette opération.

Sur un fil fort et ciré, on attache, à distance de 1U centimètres les uns des autres, 12 à 15 bourdonnets de charpie de la grosseur d'une forte noix. On a ainsi un appareil qui ressemble fort à la queue d'un cerf-volant. Le spéculum étant mis en place, on débarrasse le vagin des caillots qu'il contient, et, avec de longues pinces, on introduit un à un les bourdonnets de charpie. A mesure que ces bourdonnets se placent, on retire le spéculum et on termine par appliquer sur la vulve ungâteau de charpie que l'on maintient par une serviette. Si on n'a pas de charpie, on peut faire le t&mponnemenl avec une éponge traversée d'un gros fil. Il est bon d'imbiber la charpie ou l'éponge avec du perchlorure de fer étendu d'eau dans la proportion d'une moitié ou d'un quart.

Ce tamponnement doit rester en place de douze à vingtquatre heures. On le renouvelle si l'hémorrhagie continue. On peut dans les cas pressants faire les tamponnements avec des bourdonnets de charpie enduits de cérat et placés sur le col et dans le vagin avec le doigt et sans spéculum.

PELVI-PERITONITE.

— FORME COMMUNE

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