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CHAPITRE V

MYÉLITE

Aujourd'hui que la sclérosé des tissus est généralement considérée comme une inflammation, le cadre de la myélite s'est considérablement aggrandi. Ajoutons que l'examen' microscopique a fait reconnaître des lésions qui avaient totalement échappe aux médecins au commencement de ce siècle, et l'on comprendra que l'histoire des affections de la moelle soit tout entière à refaire.

Anatomie pathologique.- Suivant la méthode anatomique les inflammations de la moelle se divisent en deux grandes

classes, les myélites fasciculées et les myélites diffuses. Les unes et les autres peuvent-avoir une marche aiguë ou une marche chronique.

Expliquons nettement ce que c'est qu'une myélite fascictflée et une myélite diffuse.

Les myélites fasciculées sont celles qui, localisées sur des cellules nerveuses de même ordre, occupent, en partie ou en totalité, un des cordons de la moelle épinière. On distingue, au point de vue de la lésion, cinq variétés de myélite fasciculée : la myélite des faisceaux radiculaires postérieurs, celle des faisceaux moyens postérieurs ou faisceaux de Goll, celle des cordons gris postérieurs, celle des faisceaux blancs antéro- latéraux, celle il es cordons grisou cornes antérieures. L'inflammation se propage de haut en bas ou de bas en haut et peut occuper les cordons médullaires dans toute leur hauteur et jusque dans le bulbe. Ajoutons que la lésion ne reste pas toujours absolument limitée par la disposition anatomique et qu'il est fréquent d'observer, surtout dans les cas anciens, soit une myélite fasciculée, sur plusieurs cordons à la fois, soit un certain degré de myélite diffuse coexislanl avec la myélite fasciculée.

Les myélites diffuses sont celles qui atteignent à la fois plusieurs ordres de cellules nerveuses et s'étendent indistinctement d'un cordon à l'autre.

La myélite diffuse a été divisée d'après son siège en plusieurs variétés. L'inflammation peut occuper un segment tout enl icr do la moelle épinière ; ce segment est plus ou moins étendu et, suivant son siège, il constitue les variétés suivantes : myélite diffuse cervicale, cervico-dorsale, dorsale, dorso-lombaire , lombaire. el chacune de ces variétés peut être unilatérale, centrale, périphérique ; enfin, suivant la marche de la maladie, on distingue encore une variété ascendante et une variété descendante.

La myélite diffuse peut comme nous l'avons dit compliquer la myélite fasciculée et réciproquement. Eh effet, quand la lésion occupe toute l'épaisseur de là moelle, elle détermine rapidemenl une sclérose fasciculée, ascendante pour 1rs cordons postérieurs et descendante pour les cordons latéraux. On a v«.ulu appliquera la description des inflammations de

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la moelle épinière une division que l'on retrouve dans l'histoire des inflammations de presque tous les tissus, et décrire une myélite parenchymateuse et une myélite interstitielle ou sclérose proprement dite. Mais les investigations microscopiques les plus récentes ne permettent pas de maintenir cette division. La myélite fascicidèe était considérée comme une myélite parenchymateuse par cette raison toute théorique, que la limitation de l'inflammation à un seul ordre de cellules nerveuses : cellules prises antérieures, faisceaux radiculaires, par exemple, était une preuve que la lésion siégeait primitivement et principalement dans les cellules nerveuses, dans le parenchyme par conséquent. On s'expliquait au contraire la dissémination de la lésion clans la myélite diffuse en la localisant sur les tissus conjonctifs (névroglie) et vasculaires qui se répandent comme une trame organique dans toutes les directions de la moelle ; et on faisait de la myélite diffuse une myélite interstitielle. Or, l'examen microscopique a démontré clans la myélite fasciculée une prolifération de la névroglie qui coïncide avec la lésion des cellules nerveuses, et même dans bien des cas la lésion de la névroglie, c'est-à-dire la myélite interstitielle peut seule être constatée (voir Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie, art. Moelle : Myélite, et en particulier la page 593 du tome XXII).

Il faut clone renoncer, pour le moment au moins, à distinguer une myélite parenchymenteuse. Maintenant la sclérose de la moelle est-elle toujours une inflammation ? Leyden a soutenu que dans la sclérose l'épaississement de la névroglie loin d'être le produit d'une prolifération inflammatoire n'était qu'apparente et que cette apparence était due â l'atrophie des éléments nerveux. On comprend que nous ne pouvons aborder ici cette question, mais nous devions la signaler, pour préparer les esprits à un changement possible dans l'histoire des affections de la moelle épinière.

Description. — La plupart des inflammations de la moelle épinière sont des affections qui se rattachent à d'autres maladies : goutte, rhumatisme, cancer, scrofules, syphilis, fièvres continues et éruptives, diphfhérie, dysentérie, empoisonnements

par l'arsenic, le plomb, l'alcool, traumatisme. D'autres fois la myélite se rattache directement à une nuire inflammatidn. métrite, néphrite, cystite, etc., c'était la paraplégie réflexe, aujourd'hui myélite par propagation de l'inflammation. Soùvenl la myélite n'est qu'une lésion qui se rattache directement à une autre lésion du système nerveux ; scléroses ascendante ©I descendantes, liées à la destruction de certaines parties du système nerveux, central ou périphérique, ou simplement à l'interruption de l'influx nerveux entre le centre et la périphérie ou entre la périphérie et le centre. Enfin un certain nombre, d'inflammations de la moelle épinière se développent sous l'influence des causes banales : froid, fatigue, humidité, etc., sans, qu'il soit possible derattacherleur existence à une autre maladie. Ces inflammations constituent donc des états morbides parfaitement définis et indépendants de toute autre maladie ; ce sont donc des espèces morbides. Cette dernière catégorie formera l'objet principal de ce chapitre.

Pour des raisons que nous avons exposées, au chapitre Névrose. nous avons décrit dans cette classe la myélite fasciculêe des cordons postérieurs, ou ataxie locomotrice ; la myélite fasciculêe des cordons gris antérieurs à marche chronique, ou atrophie musculaire progressive; la myélite diffuse disséminée ou sclérose en plaques. A propos des paraplégies nous avons donné la valeur diagnostique des paralysies spinales ou en d'autres termes, nous avons rattaché chaque variété de ce symptôme à une lésion définie. Il nous reste à traiter, dans ce chapitre, de la myélite aiguë diffuse, de la myélite aiguë fasciculêe des cordons gris antérieurs, ou paralysie infantile, des myélites choniqu'es diffuses, enfin de la myélite fasciculêe des faisceaux antéro-latéraux avec extension aux cornes grises antérieures, ou sclérose latérale amyotrophique de Gharcot.

Myélites aiguës. — Myélite diffuse aiguë. — La myélite diffuse présente des variétés en rapport avec [esiégeei la mrëhe de la lésion; on distingue donc des myélites dorsale, cervicale, lombaire, unilatérale ; ces myélites sont circonscrit** ou envahissantes. Les différences de l'âge ne constituent pas des forme,

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différentes de maladie mais seulement des variétés, et la différence des symptômes est directement et absolument en rapport avec la différence des sièges. Nous aurons donc après avoir décrit la variété la plus commune, la myélite diffuse aiguë dorsale, à indiquer les différences qui se rattachent au siège de la lésion.

lre variété. — Myélite diffuse aiguë dorsale. — Le début est habituellement brusque et le malade est frappé d'une véritable apoplexie spinale. Quand il existe des prodromes, ce sont des fourmillements dans les membres, et quelquefois un certain degré d'affaiblissement. Chez quelques malades, on observe des douleurs très-aiguës dans les reins et dans les membres inférieurs'; mais, je le répète, le plus souvent les prodromes sont insignifiants et le malade est brusquement trappe d'une paraplégie complète avec anesthésie et rétention d'urine. Un mouvement fébrile encore très-mal étudié, marque le début de la myélite, et sert à la distinguer de l'hémorrhagie.

La paralysie est absolue et elle porte à la fois sur les mouvements et sur la sensibilité, la vessie est paralysée, mais il n'y a pas incontinence d'urine dans la variété dorsale et il faut sonder le malade; les mouvements réflexes sont exagérés comme toutes les fois que l'influence cérébrale est supprimée; le chatouillement de la plante des pieds, produit des mouvements dans les deux membres, ces mouvements peuvent être convulsifs (épilepsie spinale), ils durent seulement quelques secondes.

La contractilitè électrique est détruite seulement dans les muscles animés par les nerfs qui naissent du point malade; elle est conservée dans les autres muscles paralysés, tant que l'inflammation n'a pas atteint le renflementlombaire. En général, cette maladie ne s'accompagne pas de douleur, cependant on note quelquefois des douleurs fulgurantes et des douleurs en ceinture qui sont en rapport avec l'irritation des cordons postérieurs. La méningite concomitante se traduit par des douleurs dansle point malade, douleurs qui s'aggraventpar la pression sur les apophyses épineuses.

Mais la maladie ne reste pas longtemps dans cet état de sim-

plicité, l'œdème des membres paralysés et surtout les eschares viennent dès la fin de la première semaine imprimer un caractère profond de gravité à la situation. Ces eschares qui sont en rapport avec la paralysie des vaso-moteurs, et une augmentation de chaleur dans les parties paralysées, se montrent d'abord au sacrum ; elles peuvent aussi apparaître aux talons, aux malléoles et au grand trochanler ; une plaque rouge, d'autres fois livide, surmontée d'une ou plusieurs pblyctènes, remplies de sérosité noirâtre, annonce le début de la gangrène; l'épidémie se rompt et laisse à découvert une ulcération noirâtre qui s'étend chaque jour. Des eschares plus ou moins étendues, une inflammation éliminatrice qui peut s'étendre jusqu'à l'os et entraîner sa nécrose; une suppuration abondante ; une fièvre hectique en rapport avec cette suppuration : telles sont les suites des eschares de la myélite. Si on joint à cela la cystite purulente déterminée par la rétention d'urine et la nécessité d'un cathétérisme biquotidien, on aura un tableau complet de la maladie, souvent dès la seconde semaine en même temps qu'une juste idée de son excessive gravilé.

La mort peut arriver par la complication d'inflammation des organes urinaires ou par la fièvre qui résulte des inflammations et des suppurations gangreneuses du sacrum ; elle peut avoir lieu par extension de la myélite à la région cervicale et à celle du bulbe et par l'asphyxie qui résulte de la suppression des centres respiratoires.

La guérison est possible; elle s'annonce par le retour de la contraction de la vessie et l'élimination des eschares ; le sentiment et le mouvement reparaissent peu à peu dans les parties paralysées. La guérison peut être incomplète ; les malades restent paralysées jusqu'à un certain degré et infirmes.

Dans ce cas, les rechutes sont faciles. Pierret a rapporté un cas dans lequel trois rechutes ont eu lieu en six mois.

Quand un segment entier de la moelle n'est pas envahi, le cas est moins grave; la sensibilité et la motili té peuvent cire conservées en partie. Si la lésion est unilatérale, le mouvement est aboli du côLé de la lésion et la sensibilité est abolie du côté opposé ; c'esL là le caractère distincUf de Ykétniplégiè spinale.

MYELITES. — DESCRIPTION.

Quand les méninges sont fortement atteintes, les douleurs, les hyperesthésies, laraideur et les contractures viennentse joindre aux autres symptômes.

2° variété. — Myélite aiguë cervicale. — Cette variété présente habituellement certains caractères spéciaux qui tiennent à la coïncidence de la méningite et à la destruction du noyau d'origine de certains nerfs ; ainsi la contracture des muscles du cou et la douleur de cette région pourraient faire penser à un torticoli. Si les noyaux d'origine du sympathique sont atteints, on observe la contraction des pupilles et la dilatation des vaisseaux de la face; si l'inflammation atteint les centres respiratoire et cardiaque, la respiration est gênée, le pouls ralenti; quelquefois on a observé des arthrop'athies, analogues à celles del'ataxie;. mais elles ont un siège* spécial, ce sont les articulations des doigts et des poignets qui sont atteintes. Enfin il peut arriver que la paralysie soit bornée aux membres supérieurs ; ce cas a lieu quand les faisceaux blancs antéro-latéraux sont épargnés par l'inflammation. Mais, dans ce cas, il y a perte de la contractilité électrique et des mouvements réflexes dans les muscles paralysés et l'atrophie de ces muscles arrive très-rapidement, parce que l'inflammation siège dans les noyaux gris, où les nerfs du plexus brachial prennent leur origine.

3° variété. — Myélite diffuse aiguë lombaire. — Elle se distingue de la myélite dorsale par la suppression des mouvements réflexes, de la contractilité électrique etpar une atrophie rapide des muscles. L'incontinence d'urine est complète, parce que les muscles de l'urèthre et le sphincter de la vessie sont paralysés. Nous avons vu que lorsque la lésion siégeait à la région dorsale, il y avait rétention. Dans ce cas, le sphincter anime par le renflement lombaire restait contracté, et comme l'incitation volontaire ne lui était plus transmise, et que les fi*

bresmusculairesdelavessieétaientparalysécs,ilenrésultaitune rétention d'urine. La paralysie du sphincter par l'extension de la myéhte.à la région lombaire explique comment l'incontinenc succède dans ces cas à la rétention.

4« variété. — Myélite envahissante. — Elle est le plus souvent ascendante que descendante; un certain nombre d'observations-nous portent à croire qu'elle constituerait Une vàrtéte suraiguë, rapidement mortelle par la destruction des noyaux qui président à la respiration et à la circulation. Dans ce cas. à l'autopsie, la moelle paraît saine et c'est seulement l'examen microscopique qui permet de constater la myélite. La plupart des cas décrits sous le nom de paralysies ascendantes aiguës appartiennent à cette variété de myélite. La maladie débute par la région dorso-lombaire et s'étend rapidement jusqu'au bulbe. Les contractures, les convulsions, lesanesthésies, les atrophies, les eschares sont en rapport avec les points atteints dans l'épaisseur de la moelle.

Myélites kasgiculées. — La myélite fasciculee aiguë des cordons gris antérieurs, encore dénommée myélite aiguë des cornes antérieures, tëpliro-myèlite aiguë antérieure parenchymateuse, présente deux variétés : celle qui se développe dansl'enfance, c'est la paralysie infantile, et celle qui se développe dans l'âge adulte, paralysie spinale aiguë. La l'orme chronique de cette myélite contitue V atrophie musculaire progressive déjà décrite à propos des névroses.

ÏK variété. — Paralysie essentielle de l'enfance. — Celte maladie se développe habituellement pendant la première dentition, de un à deux ans; elle peut cependant se montrer peu de jours après la naissance. On ne l'observe pas après quatre ans ; elle ne paraît pas être héréditaire comme les autres myélites.

La maladie débute par un mouvement fébrile intense, quelquefois par des convulsions et des contractures. La paraplégie peut être complète d'emblée ou localisée; paraplégie des membres inférieurs, hémiplégie, paralysie d'un seul membre ; quelquefois elleatteint successivementplusieurs membres et se complète en plusieurs accès ; toujours la paralysie s'accompagne de la cessation de la contractilité électrique et de laconlraclililé réflexe, toujours l'atrophie musculaire et le refroidissement se montrentrapideinent,elle ne s'accompagne jamais d'anesthésie

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ni de paralysie de la vessie ou du rectum. Jamais il ne se produit d'eschare ; c'est donc une forme très-bien caractérisée.

La fièvre cesse au bout de quelques jours ; et après quelques semaines, la maladie entre clans sa période de de réparation. Le mouvement reparaît dans un certain nombre de muscles paralysés ; ceux qui restent paralysés s'atrophient de plus en plus et il en résulte des déformations et des infirmités incurables; la plus fréquente est la formation d'un pied bot varus-équin, la paralysie d'un membre ou d'un segment de membre ; tantôt les muscles atrophiés disparaissent, tantôt ils sont remplacés par une quantité énorme de graisse.

2e variété. — Paralysie spinale aiguë. — La myélite aiguë des faisceaux gris antérieurs se développe quelquefois chez l'adulte et a été décrite par le nom de paralysie spinale aiguë, elle reconnaît pour cause une fatigue musculaire excessive ou un refroidissement. Nous en avons observé un cas dans le cours d'une attaque de rhumatisme articulaire aigu. La guérison a été complète.

Cette variété débute par un mouvement fébrile et suit la même marche que la paralysie infantile ; comme elle, elle est susceptible de guérison complète ou partielle.

Anatomie pathologique. - Dans la myélite circonscrite on trouve le plus souvent le segment malade ramolli et mélangé de sang épanché, c'est le ramollissement rouge, quelquefois il ex.ste des portions indurées, mais friables. Plus tard le sang est resorbe; le ramollissement devient jaunâtre ; puis gris! l.vs-rarementii y a formation de pus ; il existe toujours un certain degré de méningite.

l 'examen microscopique permet de reconnaître les lésions des capillaires, du tissu connectif et du tissu nerveux. Les capillaires sont remplis de sang ; leur gaîne contient des globules du sang, des leucocytes et un exsudât granuleux que' l'on rerouve autour des éléments nerveux. Le névrilème est épaissi et en vo1C de prolifération. Les tubes nerveux sont irrégulièrement tuméfiés; cette tuméfaction porte principalement sur e Jousset, 2dit.

cylinder-axis ; les cellules se déforment, s'atrophient et on observe rapidement la dégénérescence graisseuse. Plus la lésion avance et plus la sclérose est prononcée; elle se caractérise par la néoplasie du tissu conjonctif et par l'atrophie et la dégénérescence graisseuse du tissu nerveux.

Dans l'inflammation fasciculée des cordons gris antérieurs, la lésion semble débuter par l'élément nerveux et s'étendre ensuite à la névroglie ; la lésion aboutit dans certains points à une atrophie qu'on a distinguée en pigmentaire ou scléreuse, suivant qu'il se faisait ou non un amas de pigment dans les cellules nerveuses.

Il ne faut pas perdre de vue qu'un certain degré de myélite interstitielle peut compliquer la myélite fasciculée.

Myélite chronique. — Comme les précédentes elle se divise en myélite chronique diffuse et myélite chronique fasciculée.

Myélite chronique diffuse. — Il n'est pas démontré que cette inflammation de la moelle épinière existe jamais à Litre de maladie essentielle. Les observations cliniques que nous possédons nous monlrentcette inflammation, tantôt comme une seconde période de la myélite aiguë, tantôt comme une inflammation par propagation, myélites symptomatiques des affections urinaires ou des affections utérines; tantôt comme le symptôme d'une tumeur ou d'une carie vertébrale. Enfin elle survient comme un symptôme grave, des empoisonnements par l'arsenic et par le plomb et principalement dans Yalcoolisme.

Les symptômes varient avec les parties de la moelle affectée et nous n'avons pas à revenir ici sur ce que nous avons écrit dans le paragraphe précédent.

Ces symptômes varient encore avec les maladies dont la myélite est une dépendance, mais l'étude clinique des maladies de la moelle n'est pas encore assez avancée pour que nous puissions préciser ces différences.

Nous avons décrit précédemment au chapitre des névroses, la sclérose en plaques, qui est une forme bien définie de la myélite chronique diffuse; nous avons aussi décrit l'atrophie musculaire

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progressive ou myélite chronique fasciculèe des cordons gris antérieurs; nous avons à l'article paraplégie donné les symptômes qui sont liés aux lésions des différents cordons de la moelle, il ne nous reste donc plus à décrire que la myélite fasciculèe chronique des faisceaux latéraux avec extension au cordon gris antérieur, c'est la sclérose latérale amyotrophique et la myélite fasciculèe, bornée aux faisceaux latéraux, appelée encore tabès dorsal spasmodique .

Sclérose latérale amyotrophique. — D'après Hallopeau (Dict. de méd. et de chir. prat., t. XXII, p. 668), cette myélite débute généralement par l'un des membres supérieurs, elle s'accompagne des contractions et d'un tremblement comparable à celui de la sclérose en plaque ; l'atrophie musculaire est son caractère dominant. Cette attrophie ne se localise pas sur certains muscles comme clans l'atrophie musculaire progressive, mais elle atteint tous les muscles d'un membre. L'affection gagne l'autre bras, puis les membres inférieurs ; là, l'atrophie musculaire et les contractures donnent aux malades des attitudes particulières et caractéristiques ; le bras est appliqué le long du corps, et résiste à la main qui veut le déplacer; lavant-bras est demi-fléchi et dans la pronation; les doigts sont fléchis et à divers degrés.

La maladie se termine par les phénomènes bulbaires. On voit apparaître tous les symptômes de la paralysie labio glosso pharyngée, et les malades succombent par inanition, syncope ou asphyxie.

Myélite fasciculèe chronique des faisceaux latéraux.—

Cette myélite, improprement appelée par Charcot tabès dorsal spasmodique, l'expression spasmodique étant habituellement attribuée à des affections sans lésions, a été décrite d'abord par le docteur Erle.

Le début de cette myélite est uniquement marqué par une Faiblesse, une demi-paralysie des membres inférîéurs. Le malade se Fatigue vile. La faiblesse peut être plus marquée sur un membre que sur l'autre, Aces symptômes de paralysie viennent

bientôt se joindre les spasmes musculaires caractéristiques de cette variété de myélite. Ces spasmes consistent d'abord en une rigidité surtout dans le sens de l'extension et de l'adduction qui survient par accès, soit dans le lit, soit plutôt au moment où le malade sort du lit. A cette rigidité s'ajoute une trépidation spontanée ou provoquée, qui quelquefois s'étend à tout le corps. On peut provoquer cette trépidation à volonté en relevant brusquement les orteils avec la paume de la main.

Dans la première période, les malades peuvent encore marcher, leur attitude est alors caractéristique : ils s'avancent d'une pièce, lesjambes raides; les pieds, comme clouésausol, frottent à la surface et s'accrochent à toutes les aspérités. Les efforts que fait le malade pour relever les pieds et lutter contre le mouvement d'adduction, le contraignent de rejeter fortement le corps et la tôte en arrière, en sorte que, comme le dit Olivier (d'Angers), leur allure a quelque analogie avec celle que détermine le tétanos.

Dans la dernière période, quand les malades ne peuvent plus marcher et restent étendus dans leur lit, les membres inférieurs sont fixés clans une extension et une adduction forcées; les trépidations provoquées et spontanées interrompent seules cette immobilité.

Les troubles du mouvement que nous venons de décrire et qui peuvent gagner les membres supérieurs constituent toute la maladie, et c'est précisément cette simplicité dans l'expression symptomatique qui caractérise cette forme de myélite. Ici aucun trouble de la sensibilité et de la nutrition. Il n'y a ni paralysie du sentiment, ce qui ne permet pas de confondre cette affection avec les contractures hystériques, ni douleurs fulgurantes el en ceinture, ce qui la distingue absolument de l'ataxie locomotrice. Les muscles conservent leur volume, et ce caractère négatif sépare nettement le tabès dorsalis spasmodique de la myélitè fasciculée latérale amyolrophique qui compte parmi ses symptômes des contractures et des mouvements de trépidation. Enfin on n'observe ni diminution du sens génésiaque, m paralysie des sphincters, ni tendance à la formation des eachtros connue dans les myélites diffuses.

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Celle forme de myélite ne menace donc point directement la vie des malades, aussi sa durée est-elle indéfinie et la mort est toujours le fait d'une complication.

Traitement. — Les solanées, la strichnine, la coque du levant, le seigle ergoté, le sumac, le plomb, le nitrate d'argent, le phosphore, les venins, sont les principaux médicaments que l'on devra consulter dans la myélite.

Belladona. — Est indiquée par son action sur les centres nerveux; par les convulsions toniques etcloniques; la paralysie complète et incomplète, avec ou sans incontinence d'urine ; les douleurs dans la colonne vertébrale avec raideur ; elle est plus particulièrement indiquée par la paralysie des muscles de l'œil et de l'iris.

Stramonium. Sera préféré à belladona quand il y aura prédominence des phénomènes convulsifs : tremblements, contractures, convulsions toniques, semblables à celles de l'épilepsie, mais sans perte de connaissance; l'extension lente d'un membre.'

Nous conseillons de commencer par l'un de ces deux médicaments dans le début des myélites aiguës. Viennent ensuite nux vomica et secale cornulum.

Nux vomica ou plutôt strychnine, comme le conseille R. Hughes, à cause de son action plus exclusivement bornée au système nerveux, se rapproche beaucoup de stramonium pour les phénomènes convulsifs; les crampes, les contractures, les convulsions toniques,sont éveillées par le moindre contact,un objet brillant, un bruit un peu fort, et s'accompagnent de douleurs excessives' avec torpeur et fourmillement; on emploie habituellement les premières triturations de sulfate de strychnine.

Secale comulum produit l'inflammation de la moelle épinière • ses symptômes dominants sont: sentiments de fourmillement et de torpeur clans les membres et jusque dans le dos. Il s'y jomt un certain degré de spasmes toniques.*

Le Lachesis est encore un médicament de la période aigttë Ses symptômes caractéristiques sont: fourmillement douloureux et paralysie des extrémités ; douleur de pression à la région cervicale et dans plusieurs poinls du rachis. Quoiqu'on observe des

accès épilepliformes après la piqûre des serpents, il est plus fréquent d'ulisnver des sentiments de raideur, de raccourcissemont des membres plutôt qu'une vraie contracture.

Argentum et argentum nitricum conviennent surtout dans les myélites chroniques des faisceaux gris postérieurs, dans l'ataxie locomotrice comme l'indiquent les symptômes suivants : démarche vacillante, mal assurée, douleurs fulgurantes comme par l'étincelle électrique avec spasmes musculaires dans les membres ; pression sur la poitrine (douleur en ceinture).

Plumbum est indiqué par la paralysie limitée avec atrophie musculaire dans les myélites chroniques des faisceaux gris antérieurs ; il m'a donné quelques succès, bien marqués dans des cas récents.

Je n'ai trouvé rien de positif ni de net dans la pathogénésie des autres médicaments, et la clinique ne nous fournit aucun autre renseignement.

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