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PARALYSIES

Nous ne décrirons dans ce chapitre que les paralysies liées à la lésion d'un nerf; les paralysies symptomatiques des affections du cerveau et de la moelle épinière, celles qui se rattachent aux névroses et aux empoisonnements ayant déjà été étudiées précédemment;

Paralysie faciale. — C'est la paralysie de la 7° paire, encore désignée sous le nom de paralysie de Bell. Nous ne décrirons ici que la paralysie faciale essentielle et non celle qui est liée à une affection du cerveau.

La maladie peut débuter subitement à la suite de l'impression du froid par exemple ; dans d'autres cas la marche est lente et progressive. Quand la paralysie est complète, la face offre un aspect caractéristique. Le côté paralysé, pendant, flasque et immobile, semble plus grand que le côté sain; le sourcil est plus bas que celui du côté sain; l'œil ne peut se fermer complètement, la paupière inférieure est pendante et le renversement du point lacrymal inférieur détermine Fépîphora. La narine est aplatie et rétrécie ; le coin des lèvres est pendant et la bouche entraînée du côté sain. Tous ces symptômes s'exagèrent par l'action de parler, de manger, de rire ; le côté sain se contracte et entraîne le côté paralysé.

La paralysie faciale peut se compliquer d'altération du goût, d'anèsthésie ou d'hyperesthésie.

<,)uand la maladie est bien complète elle a une durée assez

longue qui varie de plusieurs semaines à plusieurs mois, elle se termine le plus souvent par un retour graduel et lent à l'état normal.

Etiologie. — Le froid portant directement sur un côté de la face, une émotion vive, sont les causes les plus fréquentes delà paralysie faciale. Le traumatisme, l'existence d'une tumeur sur le trajet du nerf sont des causes d'un autre ordre.

Traitement. — Causticum et graphites correspondent exactement à la paralysie faciale et comptent déjà un certain nombre de succès ; les symptômes concomitants sont les seuls qui puissent servir à choisir l'un de ces médicaments de préférence à l'autre. Ces médicaments à la 6e dilution trois fois par jour, continués pendant six jours. Repos trois jours et recommencer.

Kalichloricum. Richard Hughes contient un cas de 'guérison par ce médicament à la 6° trituration décimale. Dans ce cas la paralysie avait été précédée de douleur.

Paralysie du moteur oculaire commun, 3° paire, — Cette paralysie est presque toujours symptomatique de l'ataxie locomotrice ou d'une affection syphilitique. Cependant quelques auteurs enseignent qu'elle peut, comme la précédente, survenir à propos d'un refroidissement ou d'une émotion morale.

La paralysie de la 3e paire est caractérisée par la chute de la paupière supérieure, le strabisme externe, la diplopie qui en est la conséquence directe, la proéminence de l'œil, la dilatation et l'immobilité de la pupille. Le nerf de la 3e paire anime le muscle releveur de la paupière, le droit supérieur, le droit inférieur, le droit interne, le petit oblique et fournit un rameau au ganglion ophthalmique ; la paralysie rend donc un compte parfait des symptômes précédents.

Traitement. — Belladona répond au strabisme avec paralysie de la paupière supérieure, dilatation de la pupille el diplopie ; hyosciamus et surtout stramonium présentent les mêmes symptômes.

PARALYSIE DE LA 5e PAIRE. 87

Nitri aridnm correspond aussi à la paralysie de la 3e paire.

Gelseminum semper virens est indiqué par Richard Hughes dans les cas des chutes de la paupière supérieure avec strabisme et diplopie, c'est-à-dire dans la paralysie du moteur oculaire commun.

Conium maculatum est indiqué par le même auteur. Voici les symptômes produits par la ciguë sur l'homme sain qui indiquent ce médicament dans le cas de paralysie de la 3° paire ; désordre de l'accommodation visuelle avec vertige, chute de la paupière ; regard fixe, dilatation de la pupille et diplopie.

Spigelia, sepia et veratrum sont indiqués dans la paralysie de la paupière. Mais l'expérience clinique manque ici presque complètement et ne nous permet pas de préciser le choix du médicament.

Paralysie du grand dentelé. — Le grand dentelé est un des grands muscles du dos ; il s'étend des huit premières côtes au bord spinal de l'omoplate. Ce muscle fixe l'omoplate pendant les mouvements du bras et sert à l'élévation du moignon de l'épaule; il est animé par la branche thoracique du plexus brachial.

Les signes de cette paralysie sont une saillie de l'angle inférieur de l'omoplate et du bord spinal de cet os ; déformation qui s'accentue par les mouvements du bras. L'épaule est abaissée et les muscles trapèze, mais surtout le thromboïde et l'angulaire de l'omoplate sont contractures. Quand la paralysie est très-prononcée, le malade, comme dans la fracture de la clavicule, ne peut pas porter la main à son front.

Cette paralysie est très-rebelle, elle dure au moins six mois et souvent plus. Je ne connais pas de médicament homœopathique propre à cette localisation de la paralysie.

Paralysie de la 5e paire. — Nous ne décrirons sous ce nom que la paralysie de la 5« paire que fournit la brandie ophthalmique, maxillaire supérieure ol maxillaire inférieure et préside à la sensibilité de la face.

Cette paralysie peul être essentielle: dans ce en s elle succède

oo AFFECTIONS DES NERFS.

à l'impression d'un froid violent; mais le plus souvent elle est symptomatique d'une violence traumatique ou d'une tumeur.

Cette maladie est caractérisée par la paralysie plus on moins subite de la peau et des muqueuses cle la face ; elle est presque toujours unilatérale. La peau et la muqueuse sont également insensibles aux piqûres et aux pincements; l'œil et les fosses nasales restent secs par la suppression des fonctions cle la glande lacrymale et des follicules. Le goût est aboli clans la moitié de la langue qui correspond au côté paralysé.

Quand la lésion cause de la paralysie siège au delà du ganganglion de Gasser on note des troubles trophiques considérables, la sclérotique et l'iris s'enflamment, la cornée s'altère et Fceil se vide.

Cette paralysie peut se terminer par la guérison quand elle est essentielle.

Traitement. — A l'exception de seneya indiquée par un sentiment de paralysie dans le côté gauche de la face, à'alwnina qui répond à un sentiment de fourmillement, je n'ai trouvé ni renseignement pathogénique ni renseignement clinique sur la paralysie de la 5° paire.

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