GASTRALGIE
La gastralgie est une affection de l'estomac, caractérisée par une douleur vive, siégeant à l'épigastre, en l'absence de toute lésion anatomique. C'est une névalgïe de l'estomac.
La gastralgie s'observe très-fréquemment dans la chlorose, dans l'hystérie, et c'est pour cela que les auteurs ont noté sa plus grande fréquence chez la femme ; chez l'homme elle est presque toujours liée à Fhypochondrie. Souvent elle accompagne, dans l'un et l'autre sexe, les hémorrhoïdes, la gouttes et la dartre. La gastralgie qui se manifeste pendant la jeunesse ne se produit guère que chez les femmes hystériques ou chlorotiques; enfin cette viscéralgie accompagne souvent les affections utérines, et principalement celles qui se caractérisent par une leucorrhée abondante. Beaucoup plus rarement, la gastralgie se développe en dehors de toute maladie, et constitue alors la gastralgie essentielles
La gastralgie étant presque toujours une affection symptomatique, on ne doit pas être surpris de la voir alterner avec d'autres affections goutteuses, hémorrhoïdaires, dartreuses, etc. Il est fréquent d'observer une gastralgie succédant à une autre névralgie; alternant avec l'apparition d' hémorrhoïdes ou d'affections cutanées.
Ce que les auteurs ont dit de l'âge auquel apparaît la gastralgie est peu exact; cet âge varie suivant que la gastralgie est symptomatique de l'une des nombreuses maladies que nous avons énumérées. La gastralgie hystérique se montre sô.uyenl dans la seconde enfance, tandis que la gastralgie h émorrhoïdaire esl plus fréquente après 40 ans. Celle qui esl liée à la chlorose,
à une affection de l'utérus, se montre surtout pendant la puberté.
Les symptômes de la gastralgie varient avec chaque maladie dans le cours de laquelle elle se montre; mais nous ne donnerons ici que les symptômes communs, et qu'on observe à peu près dans tous les cas.
La gastralgie est une affection essentiellement chronique, et marche par période irrégulière. La douleur est son symptôme principal; elle siège à i'épigastre, qu'elle occupe dans une étendue assez considérable; elle est spontanée; se calme souvent par l'action de ployer le corps en deux ou par la pression; néanmoins certains malades ne peuvent supporter le plus léger contact. Quelquefois brûlante, d'autres fois comparable à une plaie, elle a, le plus souvent, son type clans ce qu'on appelle la crampe d'estomac. C'est une douleur avec sentiment de constriction extrêmement vive, arrachant des plaintes aux malades, causant une angoisse excessive ; et, à son plus haut degré, portant à la lipothymie. La douleur se propage quelquefois dans le ventre, dans les hypochondres et dans la région dorsale.
Quand la douleur est brûlante, elle remonte quelquefois jusqu'à la gorge, où elle détermine la sensation connue sous le nom de pyrosis.
L'appétit est habituellement conservé dans cette affection, la langue normale, les vomissements rares les accès peu intenses, servent souvent de crises aux accès violents. Si l'estomac était plein, ils sont alimentaires; s'il était vide, les vomissements sont muqueux ou bilieux. La constipation est habituelle; les bâillements; les sueurs, les lipothymies, sont des symptômes accessoires.
Habituellement cette affection procède par accès qui, comme ceux de la migraine, vont en se rapprochant, la douleur fini l par devenir habituelle en même temps qu'elle perd de sa violence. Dans un degré avancé, la digestion est toujours plus ou moins troublée ; et les douleurs varient avant, pendant et après le- repas. Elles s'accompagnent de pesanteur, d'éructation, de régurgitation, et présentent alors des symptômes communs avec la dyspepsie; mais les antécédents, la marche et la succession de?