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FOLIE

L'aliénation est si généralement confondue avec la folie ; l'analyse de ce symptôme est en général si mal faite, qu'avant de décrire la maladie folie, nous devons nous arrêter un instant sur le symptôme aliénation.

FOLIE. — SYMPTOME, ALIENATION. 363

§ I. — Symptôme, aliénation.

X>es phénomènes qui constituent tonte aliénation.

L'aliénation est un de ces symptômes complexes auxquels les anciens maîtres en séméiotique donnaient le nom de syndrome, c'est-à-dire un symptôme composé de plusieurs symptômes. Comme le mouvement féhriie est un syndrome composé de chaleur fébrile, de fréquence du pouls et de malaise général, de même l'aliénation est constituée par trois éléments ; ces trois éléments sont Y hallucination, Yimpulsion et Vidée délirante. Réunis ou séparés,, ils constituent toute aliénation.

I. Hallucination. — L'hallucination est une sensation dont l'objet n'existe pas.

L'hallucination peut se produire à propos d'une impression sur les sens externes ou en son absence; elle peut môme se produire en l'absence du sens externe lui-même, comme les hallucinations de la vue chez les aveugles. La sensation morbide qui constitue l'hallucination se produit donc dans cette parlie du cerveau où, à l'état physiologique, les sensations externes sont transformées en sensations internes ; elles sont engendrées non par un vice des sens externes, mais par uft désordre des sens internes.

Esquirol (1) ne donnait le nom d'hallucination qu'à la sensa-

tion morbide produite en l'absence de toute impression sur les sens externes, il distinguait sous le nom d'illusion la trannformation d'une sensation ordinaire en hallucination. Ainsi, quand au lieu de nuages un malade voyait des chars, des armées, des animaux monstrueux ; ou bien quand il transformait en discours suivi le bruit de la pluie ou celui du vent, Esquirol disait qu'il y avait illusion.

Cette division d'Esquirol ne présente aucune utilité pratique et est purement artificielle. Le même malade a, dans la même journée, les mêmes hallucinations avec ou sans impression préalable sur les sens externes. Dans les deux cas, c'est

(I) Esquirol. Des maladies mentales. Paris, 1838.

un symptôme de même valeur séméiotique, et c'est toujours une sensation dont l'objet n'existe pas.

Les hallucinations se divisent naturellement en deux grandes classes : hallucinations des sens externes, hallucinations des sensations internes. Les premières comprennent les hallucinations des cinq sens : de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, du goût et du toucher ; les secondes correspondent à des sensations morbides qui se passent dans les viscères : sensation d'un animal dans le ventre, dans l'estomac ; sensation de fragilité extrême du corps et hallucinations du sens génital.

II. Impulsion maladive. — Dans l'état physiologique l'homme possède, en commun avec les animaux, une faculté par laquelle il est porté à l'acte en vertu d'un plaisir à atteindre ou d'une souffrance à éviter : c'est Yimpulsion animale.

L'impulsion maladive n'est qu'une déviation pathologique de l'impulsion animale. Elle est caractérisé :

1°Par une absence complète de mobile extérieur. Dans- ce cas, l'impulsion est purement subjective. Exemple : L'épileptique pris d'impulsion maladive en sortant de son attaque, frappe et tue la première personne qui lui tombe sous la main. Il est évident qu'il n'est mû par aucun mobile extérieur, puisqu'il ne choisit pas sa victime.

D'autres malades éprouvent un besoin irrésistible de mouvement, ils marchent sans cesse ; ou, s'ils sont assis, ils s'occupent ;ontinuellement à remuer sans but les objets qu'ils ont sous la main. Ici il n'y a nulle proportion entre l'acte et son mobile.

2° Le second caractère de l'impulsion maladive est de produire des actes contraires à la nature de son mobile.

On rencontre des malades torturés par une impulsion incessante, qui les porte à tuer une personne aimée, leur mère, leur enfant. Les annales de la médecine légale contiennent des exemples nombreux de ces impulsions ; elles s'observent principalement dans l'hystérie et dans l'empoisonnement alcoolique.

D'autres, plus nombreux encore, sont, plus ou moins irrésis-

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