FOLIE. — SYMPTOME, ALIÉNATION
tiblement, entraînés au suicide, malgré une crainte excessive de mourir. Les hypochondriaques, surtout, fournissent des exemples de ce genre d'impulsion.
3° Dans une troisième catégorie d'impulsion maladive, le rapporl entre l'acte et le mobile est étrange et dépravé. Certains malades ont urPgoût prononcé pour les matières en putréfaction, la chair crue et pourrie des animaux abandonnés sur. la voie publique. Il y a quelques années, un soldat offrait l'exemple extraordinaire d'une impulsion génitale irrésistible envers le3 femmes mortes ; et cette impulsion le portait à déterrer les cadavres dans les cimetières.
Quelques hystériques présentent des exemples nombreux de goût dépravé; elles recherchent avec avidité, pour les manger, de la craie, du liège, du charbon, du fil et d'autres substances impropres à la nutrition,
Plusieurs médecins ont voulu faire de Y irrésistibilité un carac- 1ère de l'impulsion maladive. Ce caractère existe d'emblée seulement dans la variété d'impulsion que nous décrirons sous le nom d'automatique, c'est-à-dire dans l'impulsion qui conclut brusquement à l'acte sans que le malade ait conscience du mobile qui le fait agir, et quelquefois sans qu'il ait conscience de l'acte lui-même.
Les autres impulsions arrivent souvent aussi à l'irrésistibilité, mais seulement après une lutte plus ou moins longue, lutte pleine d'angoisse et d'anxiété, et qui constitue une ressemblance de plus entre les impulsions maladives et les impulsions physiologiques, c'est-à-dire les passions.
Division des impulsions maladives. — Au point de vue séinéiologique, les impulsions doivent être séparées en deux grandes classes: les impulsions conscientes et les impulsions automatiques.
a.) Impulsions conscientes. — Les impulsions conscientes se subdivisent elles-mêmes en impulsions anxieuses et en impulsions expansives.
Les impulsions anxieuses sont ainsi appelées parce que la lutte intérieure dont elles s'accompagnent détermine un senti-
ment d'angoisse et d'anxiété considérables. Les principales sont : l'impulsion à la tristesse ou mélancolie, l'impulsion homicide, l'impulsion suicide, l'impulsion incendiaire, l'impulsion erotique, l'impulsion aux boissons alcooliques, l'impulsion au vol, l'impulsion à manger certaines substances.
Les impulsions expansives s'accompagnent d'une sorte de surexcitation qui les caractérise. Les principales sont : les impulsions à parler, à chanter, à rire, à entrer en fureur ; les impulsion?, aux mouvements. — Certaines impulsions erotiques revêtent le caractère expansif.
b.) Impulsions inconscientes. — Les impulsions automatiques ont pour caractère de conclure instantanément à l'acte ; elles sont habituellement irrésistibles, et les malades n'ont qu'une conscience vague ou même n'ont nulle conscience et de l'acte luimême et du mobile qui les pousse. Les principales impulsions automatiques sont la fureur, l'homicide, le suicide, le satyriasis.
III. Idée délirante. — Comme l'hallucination est une sensation créée par les sens internes et sans réalité objective, de même l'idée délirante est une création de l'imagination, une fiction pure; seulement cette idée délirante se développe de deux manières différentes : tantôt elle est créée directement par les sens internes, tantôt elle se développe à propos d'une hallucination préalable.
Quel que soit son mode de production, l'idée délirante de l'aliénation entraîne, comme l'hallucination de même nature, la croyance du malade à la réalité de son existence objective et s'accompagne de désordres nombreux dans tous les sens internes.
Prenons pour exemple l'idée délirante, si commune chez les fous, de la toute-puissance.
Mon imagination crée cette idée que je suis roi; que ce soit par suite d'une hallucination ou spontanément, peu importe : voilà l'idée délirante produite. Etudions maintenant la manière dont les sens internes et la raison se comportent chez les malades vis-à-vis de cette idée délirante.