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FOLIE. — SYMPTOME, ALIÉNATION

Dan9 Tétat de santé, si une idée analogue se produit dans l'imagination, aussitôt tous les autres sens internes interviennent pour démontrer que c'est une idée sans réalité objective, la raison n'en est jamais ébranlée, et les rêveurs peuvent se complaire à construire des châteaux en Espagne, sans passer pour fous dans le sens médical de ce mot ; « ils se réveillent gros Jean comme devant, » et voilà tout. Mais chez le malade les choses se passent différemment; la fiction n'éveille plus dans la conscience sensible la sensation qui la dislingue de la réalité, en sorte que le malade ne sait plus s'il imaginé, s'il se souvient ou s'il perçoit une idée se rapportant à une réa- Hté présente; il est, sous ce rapport, comme l'hystérique qui a perdu la conscience de la contraction musculaire, et qui ne sait plus distinguer, ses yeux étant fermés, si elle a simplement voulu étendre le bras ou si elle Ta étendu en effet.

Le sensus communis, qui a pour mission de comparer entre elles les sensations apportées par les divers sens et de les rectifier l'une par l'autre ; qui de plus, au moins chez l'homme, compare les images actuelles avec celles reçues antérieurement, cl juge par cette comparaison de la rationalité de l'idée sensible, est complètement en défaut chez le malade frappé d'aliénation. Ainsi, pour conserver le même exemple, chez le malade qui se croit roi, le sensus communis ne fait pas ressortir tout ce qu'il y a de contradictoire entre cette idée et soit les sensations actuellement perçues, soit les idées sensibles accumulées dans la mémoire, et qui démontrerait au besoin qu'avant d'être roi on était Pierre ou Paul, ce qui est absurde.

Uestimalivité est altérée de deux manières différentes : tantôt elle est complètement subjuguée par l'idée délirante, en sorte que le malade ne juge plus des choses extérieures qu'au point de vue de son idée délirante ; ainsi il estime que telle manière de lui parler est inconvenante, à cause de sa qualité de roi ; il ne voit pas l'état de misère et de privation dans lequel il peut se trouver, il estime indigne de sa toute-puissance les soins matériels qu'on lui procure et qui sont cependant de première nécessité.

Dans une autre catégorie de malades l'estimativité relative

est conservée, ce qui amène souvent de singulières contradictions dans la conduite des malades. Ainsi, les paralytiques qui se croient riches à millions, qui ont tout en or, comme ils disent souvent, acceptent avec reconnaissance et même sollicitent deux sous pour acheter du tabac.

La mémoire est habituellement parfaitement conservée. Cependant, dans certaines maladies, la démence et la paralysie générale, les idées délirantes se rencontrent toujours avec une diminution notable de la mémoire.

Si les rapports de l'intellect et de l'animalité subsistaient dans leur intégrité, la raison suffirait à redresser les erreurs des sens internes; mais ces rapports n'existent plus et l'intellect subjugué met toutes ces facultés au service de l'idée délirante, en sorte que dans l'exemple que nous avons choisi le malade pense et agit comme si en réalité il était roi.

a). Division des idées délirantes. — Les idées délirantes présentent au point de vue séméiotique trois variétés principales :

1° Idée délirante avec perte complète de la conscience et delà mémoire. C'est l'idée délirante que l'on rencontre comme partie principale du syndrome délire . •

2° Idée délirante avec conservation relatiyc de l'estimativité et obfecurcissement de la mémoire. Cette variété entre comme élément principal de l'aliénalion que l'on rencontre chez les déments et chez les paralytique?.

3° Idée délirante avec conservation de là mémoire et perte de l'estimativité. C'est cette variété qui, avec les hallucinations et les impulsions, constitue l'aliénation la plus fréquente : celle des fous, des hystériques, des empoisonnés, etc.

Des variétés d'aliénations. — L'association de l'idée délirante, des hallucinations et des impulsions maladives constitue le syndrome qui a reçu le nom d'aliénation. Cependant l'impulsion maladive peut exister seule, ainsi que nous l'avons dit précédemment, et constituer une variété d'aliénation. L'aliénation présente à étudier quatre variétés très-distinctes : la manie, la monomanie, la lypémanie et les impulsions maladives. •

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