‹ Éléments de médecine pratiqueChapitre 131 sur 200 · FOLIE · texte numérisé non relu

FOLIE

A.) La manie est constituée par la succession «rapide d'idées délirantes multiples, avec hallucinations en rapport avec ces idées et impulsions expansives.

a.) La succession trop* rapide des idées délirantes constitue l'incohérence maniaque.

b.) Une impulsion violente au mouvement, à parler, à chanter, constitue l'agitation maniaque.

c.) L'impulsion violente à crier, à frapper, à exercer des violences, constitue la fureur maniaque.

B.) La monomanie est constituée par un petit nombre d'idées délirantes avec prédominance de Tune d'elles; hallucinations en rapport avec cette idée et impulsion expansive. La monomanie prend le nom de l'idée délirante principale : monomanie des grandeurs, des richesses, etc.

C.) La lypémanie est constituée comme la monomanie, avec cette différence que c'est une impulsion anxieuse qui domine : lypémanie de persécution, de damnation, etc.

D.) Impulsion maladive. Cette variété d'aliénation a été suffisamment étudiée précédemment; nous n'y reviendrons pas ici.

Ni l'incohérence, ni la marche aiguë, ni le mouvement fébrile ne peuvent servir à distinguer le délire de Yalténation. Le véritable caractère distinctif de ces deux symptômes ressort de l'analyse que nous avons faite de ce dernier symptôme, et nous l'avons déjà indiqué tout en poursuivant notre description Dans l'aliénatipn la conscience sensible, quoique désordonnée, subsiste cependant, en sorte que l'aliéné, bien qu'il accepte comme raisonnables les idées délirantes qui troublent son cerveau, a parfaitement conscience de l'existence de ces idées; aussi sa mémoire en conserve un souvenir très-exact. Le malade dans le délire, au contraire, a perdu toute conscience de son état; aussi après la guérison, il ne se souvient plus de tout ce qui s'est passé pendant les jours de son délire; ce jours-là sont pour lui, comme s'ils n'avaient pas été. En un Jousset, v2e édit. 24

370 NÉvaosES.

mot, je comparerai Faliénation au rêve lucide dont on se souvient au réveil, et le délire au rêve non lucide qui ne laisse aucun souvenir, ou qui n'en laisse que de très-confus.

§ II. — Folie.

La folie est une maladie caractérisée par l'aliénation, elle présente à étudier quatre formes distinctes : la forme bénigne, la forme commune, la forme maligne, la forme périodique.

I. Forme bénigne. — La forme bénigne de la folie est caractérisée : \° par sa marche continue; 2° par sa durée constamment courte, qui s'étend d'un septénaire à trois mois, et dépasse rarement une année ; 3° par sa terminaison heureuse, souvent accompagnée de crises : diarrhée, abcès, hémorrhagies ; 4° par des causes occasionnelles, presque toujours appréciables : émotion morale violente, insolation, excès alcoolique passager, état puerpéral; 5° l'aliénation qui domine dans cette forme est la manie, la lypémanie, la mélancolie poussée jusqu'à la stupidité, ou l'alternance, la succession de la lypémanie et de la manie.

Nous remarquerons, avant d'aller plus loin, que c'est l'ensemble, le concours de la plupart de ces circonstances qui caractérisent la forme bénigne de la folie, et que, prises séparément, chacune d'elles a peu de valeur; ainsi la manie et la marche aiguë caractérisent la forme maligne, et l'état puerpéral est une condition favorable au développement de toutes les formes de la maladie.

La forme bénigne de la folie est très-fréquente, c'est elle qui, par sa guérison facile et spontanée, explique comment il se fait qu'Esquirol et la plupart des aliénis tes affirment avoir guéri radicalement le tiers de leurs malades.

La forme bénigne de la folie présente à étudier quatre variétés fondées sur la différence de l'aliénation : variétés maniaques, lypémaniaques, à double forme, avec prédominance de la stupidité;

fFOLIE. -r FORME BENIGNE. 37l

lro variété. Forme bénigne maniaque. — Prodromes. — Ils ne sont pas constants, et la maladie peut débuter brusquement à la suite d'une émotion morale, d'un excès , d'une insolation.

L'insomnie, des impulsions inaccoutumées, une sorte d'étourdissement avec ou sans céphalalgie, constituent ïes prodromes les plus habituels de cette variété : puis la maladie éclate avec les apparences d'un accès de fureur.

Pendant la plus grandejpartie de sa durée, la maladie est ca* ractérisée par le symptôme manie. Les malades, en proie aux hallucinations les plus variées, très-souvent effrayantes, sont dans une agitation continuelle, les idées délirantes se succèdent avec rapidité et souvent elles sont incohérentes. Ces malades ont de fréquents accès de fureur, pendant lesquels ils vocifèrent continuellement. L'insomnie est complète dans les premiers temps, l'appétit .nul, et quoiqu'il n'y ait pas de fièvre, les malades maigrissent rapidement.

Après une durée de quelques jours, ou même de quelque» semaines, les accès de fureur s'éloignent, le sommeil et l'appétit reviennent, les idées délirantes sont moins incohérentes, les hallucinations s'effacent et le malade commence à reconnaître les personnes qui l'entourent ; enfin les idées délirantes cessent complètement ; le malade, étonné, cherche à se rendre compte de ce qui s'est passé ; il croit encore à la réalité des hallucinations et des idées délirantes qui l'ont agité; puis, la lumière se fait; il reconnaît qu'il a été malade, se rappelle exactement tout ce qui s'est passé; la guérison est alors assurée; d'autres fois, la guérison s'opère brusquement à la suite d'une crise. Les crises les plus habituelles sont des abcès, des diarrhées, des hémorrhagies.

2° variété. ï*oi?me bénigne lypémanîaque. — Les prodromes de cette variété sont caractérisés par de la tristesse* des pressentiments fâcheux, des terreurs sans motifs, un ennui profond, un dégoût de toutes choses ; puis la maladie est caractérisée par la prédominance d'une idée triste, des hallucinations

ea rapport avec cette idée, et très-souvent des impulsions au suicide.

Dans la période d'état, les malades, opprimés par une tristesse profonde, pâles, amaigris, froids, passent les jours et les nuits torturés par un petit nombre d'idées tristes ; idées d'empoisonnement, d'une condamnation à mort, de damnation éternelle, de supplice inimaginables. Immobiles, l'œil fixe, l'oreille attentive, ils subissent les hallucinations les plus terrifiantes; sans sommeil, avec un pouls petit et lent, une peau froide, ils deviennent gâteux et le plus* souvent il faut employer la contrainte pour les forcer à prendre quelques aliments.

Dans la période décroissante, les malades commencent à regarder autour d'eux. Le sommeil revient pendant quelques heures, et s'ils ne sont pas tourmentés par la crainte d'être empoisonnés, ils prennent volontiers un peu de nourriture. Les évacuations involontaires, ou plutôt inconscientes, ne se produisent plus. Les idées délirantes et les hallucinations cessent peu à peu, et les malades reviennent à la santé comme dans la variété précédente, rapidement, à la suite d'une crise, ou plus lentement et peu à peu.

3° variété. Forme bénigne à double forme. — Chez quelques malades, on observe une succession assez régulière de la lypémanie et de la manie; cette succession a frappé les auteurs modernes qui ont voulu en faire une forme particulière de la folie. Mais nous retrouverons cette succession dans la forme commune. Ce n'est donc point une forme, mais une variété. Dans la forme bénigne, cette variété est caractérisée par la succession régulière de la lypémanie et de la manie. Nous trouvons inutile de décrire de nouveau ces deux symptômes. Les faits que M. Baillarger range dans la première catégorie de la folie à double forme, et une partie de ceux de la dernière, sont tous des observations de forme bénigne de la folie (1).

4° variété. Stupidité. — J'ai hésité longtemps pour savoir si je classerais la stupidité décrite par Georget, parmi les formes

(I) Bull, de TAcad. de médecine, 1854, t, XIX, p. 350.

de la folie. Après avoir relu avec attention les observations qui me sont propres et celles publiées par Etoc et par Baillarger, je crois qu'on doit considérer, suivant l'avis dé ce dernier médecin, la stupidité comme une variété du symptôme lypémanie, et que, par conséquent, la stupidité.ne peut servir, tout au plus, qu'à caractériser, soit une variété de la forme bénigne, soit une complication de la forme commune.

La variété de forme bénigne, caractérisée par la stupidité, débute par la tristesse, cette tristesse est remplacée par la lypémanie qui atteint promptement un très-haut degré et détermine souvent des tentatives de suicide. Après quelques jours de cet état, les malades, déplus en plus absorbés par leurs pensées tristes, tombentdans une concentration intellectuelles! profonde, que le monde extérieur n'existe plus pour eux: immobiles, le plus souvent couchés, les yeux largement ouverts, sans expression, là figure hébétée, en proie à des hallucinations terrifiantes, dont l'impression ne se peint même plus sur leur physionomie; sans mouvement, sans parole, gâteux, ils offrent le tableau de la démence arrivre à son plus haut degré.

Au bout de quelques semaines, cet état diminue; ils répondent lentement et par monosyllabes aux questions qu'on leur adresse; puis, tantôt après une crise, tantôt sans crise, ils reviennent à leur état naturel ; la figure reprend son expression, le malade parle, travaille, reprend ses relations avec ceux qui l'entourent. Il raconte alors, que pendant cette absence apparente de l'intelligence, il était en proie à des idées tristes plus ou moins actives» à des hallucinations en rapport avec ces idées, et le plus souvent à une insomnie complète. Cette variété n'est donc qu'un degré plus avancé de la variété lypémaniaque.

La forme bénigne de la folie peut se reproduire plusieurs fois, mais à des intervalles irréguliers, pendant la vie des malades.

II. Forme commune. — La forme commune de la folie^st caractérisée par le symptôme monomanie ou par le symptôme lypémanie ; la manie n'apparaît, dans cette forme, que comme un symptôme accidentel, soit au début, soit dans le cours de la

maladie. La marche est rémittente, la durée très-longue, Tincurabilité habituelle.

Cette forme n'est peut-être pas la plus fréquente, mais je rappelle commune, parce qu'elle présente, dans son évolution, la plupart des symptômes observés dans les autres formes, et aussi parce qu'elle a servi de type à la description de la folie.

Les variétés de la forme commune se tirent de la marche de la maladie et de la prédominance du symptôme aliénation, qui est tantôt une monomanie, tantôt une lypémanie. Il y a trois variétés de la forme commune : la monomaniaque, la lypémaniaque et la variété circulaire de Falret, c'est-à-dire celle caractérisée par l'alternance à peu près régulière de la lypémanie et de la manie.

l*o variété. Forme commune monomaniaque. — Elle est habituellement précédée de prodromes fort longs. Ce sont habituellement des insomnies prolongées, des changements dans le caractère, des alternatives extraordinaires de surexcitation et d'affaissement. De temps à autre, les malades émettent des idées bizarres, ils ont quelque' chose d'excentrique dans leurs allures, des impulsions inaccoutumées et déjà maladives, impulsions qui les conduisent, soit à des excès en dehors de leurs habitudes, soit même à des actes criminels ; puis la maladie éclate, soit par une attaque de manie, soit par une série d'idées délirantes et les hallucinations qui s'y rapportent.

Il arrive fréquemment que cet ensemble de symptômes, après avoir duré quelques semaines, cesse complètement, et que les malades guéris, au moins en apparence, sont rendus à leur vie habituelle pendant un temps plus ou moins long, puis après deux, trois attaques semblables, la maladie ne présente plus de rémission complète et ai*rive ainsi à sa période d'état.

A ce moment, la maladie se caractérise par un petit nombre d'idées délirantes habilement systématisées, des hallucinations en rapport avec ces idées, et des impulsions expansives. Le malade est prophète, envoyé de Dieu, il a une mission à remplir, il voit et il entend les messagers de Dieu qui lui apportent

FOLIE. — PORME COMMUNE. . 375

ses instructions ; actif, affairé, il parle ou il écrit continuellement pour accomplir sa mission ; sa physionomie, ses allures, ses vêtements même, sont en rapport avec son idée délirante.

D'autres malades croient être roi, empereur, mais habituellement celte idée est enpore plus particularisée. Ils sont Louis XVII, par exemple, ou Napoléon JI. Alors ils parlent et ils agissent comme s'ils étaient réellement un personnage historique. J'ai vu à Bicêtre un Louis XVIII drapé dans ses haillons, à la démarche fîère, à la parole hautaine, et chez lequel un profil bourbonnien avait certainement contribué à faire naître et à entretenir l'idée délirante.

Chez ces malades, les idées délirantes sont toujours systématisées, c'est-à-dire qu'ils ont des explications au&si rapprochées que possible de la raison pour justifier leurs idées folles, et que, leur point de départ une fois admis, ils ont dans leur conduite et leurs paroles une logique qui pourrait faire illusion.

Les projets d'évasion et de vengeance, les. actes quelquefois violents et criminels qui se rattachent à leur rôle sont exécutés avec une énergie et avec une adresse qui font de ces malades les fous les plus dangereux. Les uns veulent baptiser l'humanité d'un baptême de sang, et ils assassinent ; d'autres ont à se venger d'injures imaginaires, et sont conduits à des actes criminels. Heureusement que la plupart se bornent à réformer le genre humain ou à lui annoncer sa destinée future, ou encore à lui persuader d'accepter quelque invention merveilleuse.

A des époques variables, ces malades sont pris d'agitation et d'une véritable monte, pendant laquelle l'idée délirante principale se trouve mêlée à des idées délirantes très-diverses. Les hallucinations se multiplient à ce moment de la maladie, et souvent alors se manifestent des impulsions à la fureur.

La période d'état peut durer des années entières avec des exacerbations et des rémissions irrégulières. Pendant la période de rémission, l'idée délirante perd beaucoup de son activité ; les hallucinations deviennent de plus en plus rares -, \e malade peut, jusqu'à un certain point, maîtriser ses Vmpul-

sions, et il reprend, au moins en apparence, les allures d'un homme raisonnable. On comprend toute l'importance de l'étude de cette période au point de vue* de la médecine légale. Aussi nous y reviendrons tout à l'heure.

Si le malade doit guérir, ce qui est rare, la rémission se prononce de plus en plus ; l'idée délirante cesse complètement, et le malade, rentré en possession de lui-même, se rend un compte exact de sa situation. Il se rappelle ses longues années de délire et reconnaît qu'il a été malade, et c'est là le meilleur signe de sa guéri son.

Mais le plus souvent la période de rémission que nous venons de décrire se prolonge indéfiniment, et le malade, désormais incurable, peut atteindre l'extrême vieillesse sans que sa maladie subisse de modifications notables. Les asiles contiennent tous un certain nombre de ces malades, désignés, d'après la classification en usage, sous le nom de monomanes. Plies à la discipline de la maison, plus ou moins maîtres d'eux-mêmes, ils sont susceptibles d'un travail assez régulier, et on voit les rois, les empereurs, les prophètes, les dieux même, se conduire comme de simples mortels. Seulement ils conservent dans leur for intérieur leur idée délirante; et si on veut discuter cette idée, on s'aperçoit bientôt, à l'opiniâtreté de la défense, qu'elle a conservé tout son empire. De temps à autre, surtout dans les premiers temps,cette dernière période présente encore quelques jours d'exacerbation, réminiscence de la période précédente, mais le calme se fait de plus en plus, et le malade reste définitivement dans l'état que nous venons de décrire.

On a dit et répété que la folie se terminait par la démence. Cette opinion a pris naissance à une époque où on confondait la'paralysie générale avec la folie ; mais aujourd'hui que cette distinction existe, ^on peut se convaincre que les fous atteints de la* forme commune ne finissent pas par la démence, mais bien par l'état que nous venons de décrire. Que l'on relise les observations d'Esquirol, que l'on jette un coup d'œil sur la po-

pulation des asiles, eU'on sera bientôt convaincu de la vérité que nous défendons.

Cela ne veut pas dire cependant que la folie soit une maladie préservative de la démence. Ainsi on rencontre des fous qui, arrivés à l'âge de la démeace, voient cette maladie se développer soit sous sa forme commune, soit sous sa forme hémorrhagique; mais ici la démence survient, non comme une conséquence fatale de la folie, mais comme une maladie essentielle qui succède à une autre, au même titre que la phthisie, par exemple, succède à la rougeole.

Nous voulons revenir un instant sur cette variété monomaniaque de la forme commune pour montrer quelles sont les difficultés que présente quelquefois son diagnostic, et par conséquent l'extrême importance de cette étude au point de vue de la médecine légale.

La difficulté naît surtout du genre de l'idée délirante* Ainsi le vulgaire reconnaîtra du premier coup d'œil un fou qui prétend être roi ou pape ou Dieu ; mais, lorsque l'idée délirante a un objet moins étrange, le vulgaire peut se tromper et- se trompe tous les jours sur le diagnostic. Ainsi voilà un simple employé dont l'idée délirante consiste à se croire persécuté par une ligue d'ennemis tout-puissants qui veulent l'empoisonner, par exemple. Si ce malade laissait lire dans sa pensée, l'idée délirante serait bien vite reconnue, mais, soit conscience vague de sa maladie, soit crainte de n'être pas pris au sérieux, il dissimule avec le plus grand soin son état intérieur ; seulement il devient triste, défiant, et sa conduite est pleine de bizarreries qu'on ne s'explique pas. Il change incessamment de domicile, s'enferme chez lui pour manger, prépare" ses repas luimême, simule des absences, déguise et cache toutes ses démarches, témoigne de la crainte, du mécontentement ou de la* haine sans qu'on puisse en saisir le motif ; tout au plus parle -t-il quelquefois vaguement d'ennemis, de persécution.

Si on pénètre dans la pensée de ces malades, ce qui est souvent possible, parce qu'ils ont une grande tendance à écrire leurs impressions, on voit bien vite que toutes ces bizarreries tiennent à une idée très-nette de persécution accompagnée

d'hallucination de l'ouïe et de la vue qui confirment de plus en plus le malade dans son idée maladive. Autrement la maladie reste méconnue fort longtemps et se traduit au dehors, pour la première fois, par un coup de couteau ou une violence quelconque exercée contre ces prétendus ennemis.

Les fastes judiciaires contiennent un grand nombre d'histoires qui rentrent complètement dans la description que nous venons de présenter ; il faut donc savoir que, pendant la période d'invasion de la forme commune, et pendant les rémissions de la période d'état, les malades peuvent dissimuler et dissimulent habituellement leur idée délirante ; qu'un grand nombre restent dans le monde et accomplissent très-régulièremènt les devoirs de leur profession, et que l'impulsion maladive venant à dominer leur volonté, ils accomplissent, habituellement sous Finfluence d'une hallucination, des actes violents et criminels dont ils ne sont pas responsables. Nous ajouterons qu'une fois la maladie reconnue, soit avant, soit après l'acte de violence, ces malades devraient être soumis à une réclusion perpétuelle, parce qu'il n'y a aucun signe certain d'une guérison à l'abri de récidive, et que ces malades sont ce tous les plus dangereux par leur opiniâtreté, leur énergie et leur ruse.

2e variété. Forme commune lypémaniaque. — Cette variété débute habituellement par des scrupules et des craintes exagérées, accompagnées d'une tristesse profonde et d'un changement notable du caractère, qui devient défiant, haineux ou timide à l'excès. Presque toujours dans cette première période les malades sont en proie à des douleurs de tête ou à un sentiment de vague qui les fait beaucoup souffrir. L'insomnie est un symptôme presque constant.

Peu à peu, une des idées tristes prend sur les autres une grande prédominance et l'idée délirante se constitue ainsi graduellement. Quelquefois, au contraire, cette idée est produite rapidement sous l'influence d'une hallucination ; le malade voit des assassins qui le poursuivent, il entend une voix qui répète :

damné 1 damné 1 Et la maladie arrive ainsi tout, à coup à sa période .d'état.

Comme dans la variété précédente, la marche de la maladie est irrégulièrement périodique. Elle présente dans les premiers temps des rémissions complètes ; et si l'idée délirante n'est pas trop extraordinaire, ces malades restent dans le monde encore assez longtemps.

La maladie constituée par une idée de persécution ou de damnation, par des hallucinations en rapport avec ces idées délirantes et des impulsions tristes et anxieuses, suit la marche et parcourt les périodes que nous avons déjà décrites à propos de la variété monomoniaque.

3e variété. Forme commune circulaire. — Cette variété est constituée par la succession et l'alternance à peu près régulières de la manie et de la monomanie. C'est surtout cette variété que M. Falret (1) a eu en vue quand il a décrit ce qu'il appelle la forme circulaire de la folie. Toute une catégorie des états que M. Baillarger a réunis sous le nom de folie à double forme appartient aussi à cette variété de la frrme commune. C'est la 4e catégorie, dans laquelle les accès se succèdent sans interruptions et sans intermittences véritables (2).

Dans la variété circulaire, la phase monomaniaque et la phase maniaque présentent régulièrement une période d'accroissement, une période d'état et une période de décroissance. En sorte que la maladie ne présente point dans sa marche cet état stationnaire prolongé si caractéristique dans les autres variétés de la forme commune. Aussi M. Falret, trompé par cette mobilité et par cette acuité apparente dans la marche de la maladie, s'étonne-t-il de voir les formes circulaires presque toujours incurables, tandis que les deux variétés d'aliénation qui la constituent sont habituellement très-curables. Ceci prouve une fois de plus combien est fausse l'opinion qui veut faire des formes de la folie avec des variétés d'aliénation. Ce n'est pas la manie ou la monomanie qui sont plus ou moins

(\) Falret. Des maladies mentales. Paris, 1864. (-2) Baillarger. Loc. cit., p. 350.

curables, mais bien les formes de la folie dans lesquelles se montrent ces deux symptômes.

La variété circulaire suit habituellement une marche plus rapide que les deux autres variétés. Ses terminaisons sont analogues et le passage à la chronicité et à l'incurabilité est de toutes la plus fréquente. A cette période, la manie et la monomanie sont bien effacées, et on a de la peine à suivre le cycle fatal qui cependant continue à caractériser cette variété jusqu'à la mort du malade.

III. Forme maligne. — Cette forme est caractérisée par une marche rapide, une durée très-courte, une terminaison presque toujours mortelle, l'incohérence, l'agitation et la fureur maniaque pendant la plus grande partie de sa durée.

Cette forme peut débuter brusquement par un accès de manie aiguë, et parcourir toutes ses périodes en quelques jours. Ce début est rare et il s'observe surtout quand la maladie reconnaît pour cause une émotion violente : la frayeur, la colère, un chagrin subit et imprévu. Mais le plus ordinairement la manie aiguë est précédée d'une période d'invasion qui dure plusieurs semaines. Cette période d'invasion est caractérisée le plus, souvent par une mélancolie ou unelypémanie profonde, présentant des périodes d'exacerbations et de rémission quelquefois complète. C'est pendant une de ces périodes d'exacerbation que la manie éclate et que la maladie arrive à sa période d'état.

La période d'état a généralement été décrite sous le nom de délire aigu, parce que l'incohérence et la fureur maniaque qui caractérisent cette période et le mouvement fébrile qui Taccompagne, donnent à la maladie une grande ressemblance avec la méningite.

L'inconvénient principal de cette dénomination est de désigner une forme de maladie par le nom d'un symptôme commun à plusieurs maladies. De plus, l'inflammation de la piemère et de la couche superficielle de la substance grise, la méningite en un mot, survient, il est vrai, comme une complication fréquente dans les derniers jours de la forme maligne;

mais cette même complication se montre aussi, quoique trèsrarement, dans le cours de la forme coûimune ; et enfin elle manque quelquefois dans la forme maligne, même quand cette forme se termine par la mort,. comme le démontrent les autopsies rapportées dans les premières observations de M. Brierre de Boismont (1).

Voici la marche habituelle de cette maladie : Après une période de lypémanie ou sans aucun symptôme précurseur, Ja manie aiguë éclate et atteint rapidement son plus haut degré. La face est rouge, les yeux animés; les malades, en proie à des idées délirantes extrêmement mobiles, à des hallucinations multiples, sont trè3-agités; ils parlent, crient, vocifèrent. Sans cesse en mouvement, ils marchent sans but ; puis bientôt poussés à la fureur, ils brisent les meubles, frappent et mordent leurs gardiens.

La fureur peut se prolonger pendant plusieurs jours, mais d'autres fois elle présente des rémissions plus ou moins complètes. Pendant la période d'agitation il est habituellement possible de saisir au milieu de l'incohérence du langage les idées délirantes principales ; mais ces idées se manifestent surtout pendant la période de rémission. Pendant la plus grande partie de leur maladie, certains malades reconnaissent encore les personnes qui les entourent, et manifestent leur volonté avec une opiniâtreté que Ton ne rencontre jamais dans la méningite essentielle et dans le délire symptomatique des maladies aiguës.

Après plusieurs jours de cet état violent, apparaissent de nouveaux phénomènes ; le mouvement fébrile devient continu, la peau est brûlante, le pouls petit et très-fréquent; la langue se sèche, les dents deviennent fuligineuses ; l'amaigrissement fait des progrès très-rapides : les forces diminuent considérablement; les malades refusent obstinément les aliments et les boissons; ils sont pris d'un crachotement perpétuel, qui les a fait comparer aux enragés.

Cependant l'agitation et l'insomnie continuent, et les mail) Brierre de Boismont. Du délire aigu, observé dans les établis sements d'aliénés. Paris, 1845.

lades, épuisés par toutes ces causes, tombent dans une période d'affaissement, prélude de la mort. Le pouls est déplus en plus rapide, la peau se refroidit ; les yeux, très-injectés, enduits d'un mucus puriforme abondant, sont enfoncés dans les orbites; la bouche est desséchée et fuligineuse ; les malades ne parlent plus, ne s'agitent plus. Quelquefois apparaissent les soubresauts des tendons et la carphologie; ils refusent de boire jusqu'au dernier moment et souvent ne reconnaissent leurs proches que pour les injurier. Enfin ils succombent habituellement sans agonie et comme épuisés par la maladie.

Quand les malades doivent guérir, les rémissions que Ton observe dans la marche de la maladie se prononcent de plus en plus ; le calme se prolonge, la nourriture et la boisson sont acceptées, le sommeil reparaît; des intervalles de raison complète sont les avant-coureurs prochains d'une guérison qui se fait rarement attendre plus de trois semaines. Quelquefois les malades arrivent jusqu'à la période d'affaissement, et pour ainsi dire sur les limites de l'agonie. A ce moment la maladie s'arrête, le pouls se relève, la langue s'humecte, les malades consentent à boire, les idées délirantes s'éloignent, le sommeil revient et ils guérissent alojs que l'on croyait tout perdu. Mais il ne faut pas compter sur cette terminaison, qui est extrêmement rare; souvent elle s'accompagne de la formation d'abcès considérables. M. Brierre de Boismont a publié un exemple remarquable de cette terminaison.

IV. Forme périodique, -r- Cette forme est assez rare ; elle est très-bien caractérisée et a été distinguée par la plupart des auteurs. On la reconnaît aux caractères suivants : les atlaques sont semblables entre elles et reviennent à des époques fixes, mais éloignées ; les symptômes ont une marche continue pendant les attaques ; la variété d'aliénation qui caractérise les attaques est le plus souvent la manie, ou bien la succession régulière de la lypémanie et de la manie (folie à double, forme); cette forme de la folie peut guérir complètement.

Nous avons substitué au mot intermittent , généralement employé de nos jours pour désigner cette forme de folie, le mot

FOLIE. — ÉTIOLOGIE. 383

périodique 1 parce que l'expression intermittent sert à désigner un type propre aux maladies aiguës, tandis que le mot périodique convient mieux pour désigner un type correspondant des maladies a longues périodes, comme les maladies chroniques.

Dans les cas de cette forme que j'ai observés, les prodromes consistaient dans une grande pesanteur de tête et de picotements dans les yeux. D'autres fois, ce sont des douleurs vagues dans différentes parties, des défaillances, quelquefois un état fébrile. L'insomnie et les changements dans le caractère se retrouvent encore ici comme phénomène précurseur. Mais ce qui est remarquable dans cette forme, c'est que, quels que soient les prodromes, ils se reproduisent identiquement les mêmes à chaque attaque.

La maladie, une fois commencée, marche sans présenter de rémissions marquées pendant toute la durée de l'attaque. Tantôt elle est caractérisée par là manie avec incohérence et agitation, tantôt par la succession de la lypémanie et de la manie, ce qui constitue deux variétés de cette forme ; la dernière a été décrite par M. Baillarger sous le nom de folie à double forme; ce sont les faits contenus dans sa seconde catégorie. La maladie se termine assez brusquement, sans crise appréciable, après une durée de quelques mois.

Les attaques se reproduisent régulièrement après un intervalle de un, deux, trois et six ans. Les attaques sont semblables entre elles, commencent et se terminent de la même manière ; elles ont la même durée. La guérison a lieu après un nombre variable d'attaques. J'ai trouvé dans Esquirol (1) una observation dans laquelle la guérison eut lieu après dix attaques.

La forme périodique de la folie se distingue des récidives de la forme bénigne parce que, dans cette dernière, les attaques ne se ressemblent point et ne reviennent pas à des époques régulières.

Étiologie. — V hérédité est certainement 19 cause la plus importante dans la production de la folie. Cette hérédité est

(I) E&quivol. Des maladies mentales, 1. 1, p. 384. Paris, 1838;

384 NEVROSES.

directe ou collatérale. D'autres fois elle saute une génération ; elle est plus fréquente dans une proportion fort notable par la mère que par le père. Son influence est moins marquée chez les enfants nés avant la maladie de leurs ascendants que chez ceux qui sont nés après. Comme les autres maladies héréditaires, elle frappe quelquefois exclusivement les garçons ou les filles. Moreau, se fondant sur de nombreuses recherches, a avancé que les enfants qui physiquement ressemblent à l'ascendant malade étaient moins exposés à contracter la maladie. Les enfants engendrés pendant Vivresse seraient, suivant certains auteurs, plus exposés à la folie que ceux nés de parents aliénés. La consanguinité est une cause puissante de folie.

Les femmes fournissent un nombre un peu plus considérable de victimes, et les célibataires beaucoup plus que les personnes mariées.

La folie est extrêmement rare avant la 'puberté. Chez les femmes, la première menstruation, la ménopause, la grossesse , Y accouchement et la lactation sont des causes fréquentes de folie.

L'état avancé de la civilisation est évidemment favorable à la folie. Ainsi, cette maladie est presque inconnue chez les sauvages, et en Europe elle est beaucoup plus fréquente dans les villes que dans les campagnes. D'après Ellis, les catholiques seraient moins sujets à la monomanie religieuse que les protestants.

Certaines professions prédisposent à la maladie à cause des habitudes qu'elles comportent. Les marchands de vins, les militaires fournissent un plus grand nombre de fous que les autres professions.

Le chagrin, la peur, la colère, sont des causes occasionnelles que l'on rencontre le plus souvent. Il est démontré que Y emprisonnement cellulaire est une cause puissante de folie. Les excès de toutes sortes, mais principalement les veilles et l'abus des alcools ont une influence incontestable sur le développement delà maladie.

Folie. — traitement. 385

Traitement. — Nous étudierons d'abord les médicaments qui sont indiqués par les différentes variétés d'aliénation ; puis nous résumerons et nous préciserons ces indications pour chacune des formes de la folie.

Hallucinations. — Les principaux médicaments indiqués par les hallucinations de la vue sont : belladona, stramonium, hyosciamus, opium, veratrum, helleborus niger, arsenicum, pulsatilla, mercurius, silicea, anacardium, calcarea.

Les hallucinations de Vouïe indiquent principalement : conhitn, chamomilla, phosphori acidum et mercunus.

Les hallucinations de Yodorat, pulsatilla, belladona, canlharis, calcarea, magnesia muriatica.

Canlharis est indiqué par les hallucinations du toucher. Stramonium, belladona, sabadilla et sw//wrpar les hallucinations des sensations internes, par celles qui ont rapport au corps du malade lui-même.

De tous ces médicaments, les trois solanées et opium sont ceux qui produisent les hallucinations les plus nombreuses et les plus variées; les images se succèdent avec rapidité, tantôt agréables, tantôt monstrueuses et effrayantes. Opium se distingue particulièrement par ce dernier caractère. Canlharis se rapporte davantage aux hallucinations exclusivement nocturnes et helleborus à celles du matin.

Impulsions anxieuses. — A la tristesse, lypémanie. Les médicaments principaux sont arsenicum, aurum, ignatia, pulsatilla, nux vomica, platina et lachesis.

La nostalgie indique ignatia, belladona, capsicum, et phosphori acidum.

L'impulsion suicide indique arsenicum, nux vomica, aurum, pulsatilla, mercurius, antimonium, china, secale, carbo vegetabilis.

L'impulsion homicide demande en première ligne arsenicum, mercurius etplalina; puis viennent ensuite hepar sulfuris, china.

L'impulsion incendiaire indique aconitum, belladona, stramonium et ammonium muriaticum*

L'impulsion au vol, pulsatilla, arsenicum et bryonia. Jousset. 2° édit. 2o

386 NEVftOSES.

L'impulsion génitale indique platina, tarentula, caniharis et phosphorus.

Quand les impulsions précédentes au lieu d'être anxieuses sont automatiques, elles indiquent principalement opium, anacardium et les trois solanées.

Les impulsions à battre, à mordre, à la fureur, indiquent stramonium, belladona, hyosciamus, opium, veratrum, lachesïs, cantharis, agaricus, mercurius et aconitum*

Les idées délirantes d'empoisonnement , demandent belladona, hyosciamus ou rhus.

Les idées de grandeur indiquent veratrum, cuprum et platina.

Les idées de possession, de damnation indiquent les trois solanées, opium, pulsatilla, arsenicum, platina, lachesïs, ignatia et tartarus. ^

Traitement de la forme bénigne. Variété maniaque — Belladona est le grand médicament, c'est lui qui est indiqué par les symptômes, et c'est lui aussi qui compte le plus de succès cliniques. Les deux autres solanées viennent à peu près sur la même ligne. Opium sera choisi de préférence quand les pupilles seront rétré-

cies, la face rouge , les yeux étincelants , les hallucinations effrayantes; une alternative de taciturnité , de gaieté et de fureur; une grande surexcitation des facultés intellectuelles indiquent encore ce médicament. Veratrum sera préféré si le malade déchire ses vêtements et en avale les morceaux: s'il y a une grande anxiété avec battement de cœur et salivation. Ce dernier médicament a donné un grand nombre de guérisons.

Traitement de la forme bénigne. Variété lypémaniaque. — Arsenicum, aurum, ignatia, conium et pulsatilla, sont les principaux médicaments. Arsenicum est indiqué par les symptômes accessoires suivants : accès de défaillance, souffrance du ventre, nausées, sueurs froides, soif excessive, tremblement, aggravation de la tristesse après les repas. Àurum demande d'autres symptômes accessoires : anxiété au cœur avec palpitation et somnolence ; tremblement. Ignatia, mélancolie douce avec pleurs involontaires; anxiété au creux de l'estomac avec ver-

tige, défaillance et sueurs froides, rougeur facile du visage ; règles fortes et en avance. Conium, aggravation de la tristesse au grand air; peur de la solitude et en même temps répulsion pour la société et la conversation ; morosité; état d'assoupissement. Pulsatilla est indiquée par : frilosité, accès d'angoisse avec chaleur à la face et mains froides ; répugnance pour le mouvement et la conversation ; aménorrhée et dysménorrhée.

Traitement de la forme bénigne. Variété à double forme. — On administrera successivement et d'après leurs indications les médicaments des deux formes précédentes.

Traitement de la forme bénigne. Stupidité. — Anacardium est le médicament qui devra être employé en première ligne; c'est lui qui a donné le plus de guérisons; s'il échoue, on choisira entre helleborus, hyosciamus, ignatia, nux vomica, platina et sulfur qui ont donné aussi quelques guérisons.

Traitement de la forme commune. Variété monomaniaque. — Les principaux médicaments sont phosphorus, platina, eu » prum et veratrum.

Phosphorus répond aux symptômes suivants : idées délirantes de grandeur d'une position sociale élevée ; erreur sur le lieu où l'on habite; impulsion à se mettre nu : surexcitation, gaieté, avec sensation de chaleur agréable par tout le corps et mains rouges ; les objets paraissent plus éclairés et plus gais.

Platina, idées de grandeur, d'orgueil avec mépris pour les autres ; sensation comme si tout était petit autour de soi et que soi-même on fût très-grand ; la promenade augmente les idées de grandeur; sensation de vigueur, de satisfaction, de gaieté qui porte à embrasser.

Cuprum, idée délirante sur sa position sociale; grande excitation avec rire et gaietéfolle, accompagnée d'envie de cracher à la figure des assistants. Les accès de gaieté reviennent surtout le soir.

Veratrum, idée de grandeur; gaieté folle accompagnée de rires et de chants quelquefois avec rougeur de la face; d'autres fois avec sueurs froides ; impulsion à embrasser tout le monde» IV faudra encore consulter lackesis et mercurius.

Pendant les périodes de mante on consultera l'un des médicaments indiqués dans la forme bénigne, de même pour la variété lypémaniaque et la variété circulaire de la forme commune.

Traitement de la forme maligne. — Stramonium , belladona, hyo*ciamus, opium et veratrum sont les principaux médicaments. Nous y ajouterons caniharis et lackesis. On trouvera les indications de ces médicaments en se reportant à ce que nous avons dit à propos de la forme bénigne et aussi à propos des indications fournies par les variétés d'aliénation. 11 ne faut pas craindre d'aborder les doses massives, si les dilutions restent insuffisantes. Les a/fusions froides répétées une, deux et trois fois par jour sont ici d'un grand succès et produisent toujours un calme relatif. Il faut verser l'eau doucement sur la tête et de manière que le vase touche presque les cheveux. On commence par trois seaux d'eau qu'on peut porter successivement jusqu'à huit si cela est nécessaire pour avoir du calme et si le malade fait bien la réaction.

Traitement de la forme périodique. — Les médicaments sont indiqués suivant la prédominance du délire maniaque, lypémaniaque ou monomaniaque.

L'isolement est nécessaire au traitement d'un grand nombre de malades ; mais quand on peut établir cet isolement à domicile et entourer les malades de toutes les précautions nécessaires, pour maîtriser les impulsions suicides, homicides ou incendiaires, on devra leur éviter la maison de santé.

II0 Sous -division. — Névroses mentales avec lésions définies et trouble des mouvements.

Ces névroses sont caractérisées comme la catégorie précédente, par un trouble des facultés intellectuelles. En même temps, elles présentent un désordre des mouvements etenfin une lésion définie ; elles se rattachent par des nuances avec les névroses de la sous-division précédente ; elles sont au nombre de trois : l'épilepsie, la démence, la paralysie générale.

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