ÉPILEPSIE
Définition. — L'épilepsie est une maladie caractérisée, dans son complet développement, par des accès périodiques de perle subite et complète de la connaissance avec spasmes toniques et cloniques plus ou moins généralisés.
Un syndrome très-analogue à l'épilepsie accompagne souvent les tumeurs du cerveau : les convulsions symptomatiques de r empoisonnement saturnin, de l'albuminurie, de la paralysie générale et de la démence, ressemblent davantage kïéclampsie.
Division. — L'épilepsie présente trois formes à étudier : forme commune, forme bénigne, forme maligne, forme larvée (de Môrel).
I. Forme commune. — C'est elle qui sert ds type à la description de la maladie; elle répond à sa définition. Elle débute quelquefois par des vertiges et des accès incomplets qui vont sans cesse en s'aggravant ; d'autres fois, le premier symptôme observé est une attaque violente et complète de haut-mal. Nous étudierons successivement le vertige, Vaccès incomplet et Yattaque complète.
Vertige. — Le vertige épileptique présente plusieurs degrés, mais il est toujours subit et extrêmement court. Il est caractérisé par la suspension instantanée de la connaissance; un voile noir passe sur les yeux, c'est le vertigo tenebricosa de Boerhaave. Quelquefois, il y a chute, mais le malade se relève aussitôt. Dans un degré moins avancé, le malade reste debout, l'intelligence disparaît pour un instant ; il éprouve une absence, puis
il continue l'occupation ou la conversation commencée. Levertige épileptique s'accompagne très-souvent (Herpin incline à croire qu'il s'accompagne toujours) d'un spasme tonique trèslimité (i). Ce spasme siège habituellement sur les muscles du pharynx et se traduit par un mouvement de déglutition à vide. Le vertige épileptique laisse après lui de la tristesse, de l'angoisse morale et la crainte de devenirfou; il peut être suivi, comme les grandes attaques, d'une impulsion automatique au meurtre et au suicide.
Accès incomplets. — Les accès incomplets présentent des variétés très-nombreuses. Au premier degré, ils consistent dans la contraction brusque et instantanée d'un petit nombre de muscles ; le malade lance ce qu'il tient à la main ou frappe du pied par un mouvement involontaire ; d'autres fois, le spasme se porte sur les muscles de la face et du cou : torsion de la tête d'un côté, strabisme; toujours, dans ce cas, il y a simultanément spasme du pharynx et mouvement de déglutition. A un degré plus élevé, les muscles de toute la région supérieure, inférieure ou latérale, sont le siège du spasme; la connaissance et les sens sont plus ou moins conservés ; il n'ya ni cri, ni chute, ni coma consécutif; mais toujours spasme de la glotte et du pharynx; quelques signes d'asphyxie et quelquefois de l'écume à la bouche. Enfin, le degré qui touche à l'attaque complète ne diffère de cette dernière que par sa durée plus courte et par l'absence des convulsions qui suivent le spasme tonique.
Accès incomplet apoplecti forme. — Cette variété d'accès sur laquelle Trousseau a appelé l'attention est caractérisée par l'absence de la première période, période tétanique, le malade tombe comme frappé d'apoplexie avec des convulsions 'cloniques générales : on observe quelquefois une hémiplégie transitoire à la suite de :es accès. Cette variété est habituellement remplacée, plus tôt ou plus tard, par la variété à attaque complète.
Attaque complète. — L'allaque d'épilepsie est dans un cinquième des cas environ précédée d'une aura. Ce phénomène
(1) Herpin. Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsie. Paris, 1852, in-8.
bizarre et très-important au point de vue du traitement, consiste souvent dans un spasme d'un muscle isolé; d'autres fois, c'est une sensation vague, une douleur. L'aura siège souvent
dans les membres et remonte alors vers le cerveau, où elle provoque l'attaque. D'autres fois, c'est une sensation viscérale : palpitation, crampe d'estomac, boule hystérique, pàlissement ou rougeur d'un doigt, bourdonnement étrange, son lugubre et mélancolique, etc.
Quand le phénomène de l'aura est un peu durable, les malades sentent venir l'attaque, et s'ils ne peuvent la prévenir par la compression entre le point d'où part l'aura et le cerveau, ils peuvent au moins prévenir la chute en se couchant à terre.
Période tétanique. —Cri subit, étrange, effrayant ; perle de connaissance; spasme violent des muscles du tronc et des membres qui précipite brutalement le malade sur le sol, habituellement en avant ; la face est pâle ; la respiration et la déglutition sont suspendues par le spasme des muscles de la glotte et du pharynx; le corps et la tête sont inclinés d'un côté par la prédominance de la contraction musculaire à droite ou à gauche: les yeux et la bouche démesurément ouverts; les membres dans l'extension; les avant-bras dans la pronation ; la main fermée; le pouce habituellement dans la paume de la main. La durée de cette période est d'un quart de minute.
Période convulsive. — La face du malade rougit, puis devient plus ou moins violette, par suite de la suspension de la respiration; la roideur tétanique esl remplacée par des convulsions cloniques, brusques, saccadées. Ces convulsions produisent dans les membres des mouvements très-énergiques mais peu étendus ; à la face, des convulsions qui ouvrent et ferment alternativement la bouche et les yeux ; les globes oculaires sont entraînés soit en haut, soit en dedans, la pupille est immobile et dilatée. En même temps, la convulsion des muscles de la respiration et de la déglutition produit le râlement, la déglutition bruyante, et plus souvent, l'expulsion par jet d'une salive écumeuse et teinte de sang par la morsure de la langue et des gencives, ou par simple exhalation de la membrane muqueuse
par arrêt de la circulation veineuse. A ce moment, le faciès épileptique est horrible. Le pouls est accéléré et très-petit; la peau couverte de sueur. Il y a souvent évacuation involontaire des urines dans cette période, dont la durée est de deux ou tqois minutes.
Période comateuse. — Quelques secousses tétaniques se montrent encore de loin en loin, mais le relâchement musculaire devient bientôt complet. Le coma est profond, la respiration lente, profonde, slertoreuse; les pupilles dilatées ; le pouls lent et plus grand qu'à l'état normal; la face, moins colorée. Cette période, produite par l'asphyxie et due au contact du sang noir avec le cerveau, dure environ huit à dix minutes.
Période de sommeil. — Le malade sort du coma hébété, courbaturé, la tête douloureuse, n'ayant nul souvenir de ce qui s'est passé pendant son attaque; quelquefois il divague, mais bientôt il s'endort d'un sommeil profond, réparateur, et qui dure plusieurs heures. A son réveil, il conserve de la fatigue, du mal de tête, de l'inappétence, mais il reprend promptement son état habituel; l'aphonie, l'hémiplégie et des anesthésies locales s'observent quelquefois après de violentes attaques: ces symptômes sont transitoires.
Les attaques comprennent quelquefois plusieurs accès ; dans ce cas, eprès la période de coma, la période tétanique reprend, et le malade a ainsi deux ou trois accès.
Quand les accès out été très-violents, il se produit autour des yeux et des oreilles, sur la face et jusque sur le cou, de petites taches rosées formées par des ecchymoses. Ces taches jaunissent les jours suivants et donnent à la face une coloration jaunâtre éclatante caractéristique.
Dans la forme commune de l'épilepsie, les attaques se reproduisent irrégulièrement. D'abord éloignées de plusieurs mois et même d'une année et plus au début de la maladie, elles se rapprochent et restent habituellement fixées à 12 ou 15 par an. Chez les femmes, elles reviennent souvent à la période menstruelle, tantôt elles ont lieu le jour, tantôt la nuit; certains malades n'ont que des accès nocturnes.
KPILEPSÏE. '— FORME MALIGNE. 393
La santé est bonne dans l'intervalle ' des accès, les vertiges sont rares dans cette forme, et souvent il e?t impossible de constater la moindre diminution dans les facultés intellectuelles, mats presque toujours le caractère devient plus difficile et les épileptiques sont généralement portés à la violence. Quelquesuns, sous l'influence du traitement ou d'un changement de régime, voient leurs attaques s'éloigner beaucoup et même guérissent tout à fait, cô qui est extrêmement rare.
La mort arrive quelquefois par la suite d'un accident : chute d'un lieu élevé, brûlure, asphyxie lorsque, pendant une attaque, la face se trouve enfoncée dans un oreiller. La mort arrive aussi par une attaque violente dans la période asphyxique ou comateuse; par une suite d'attaques répétées; état de mal que nous décrirons dans la forme maligne. Enfin, beaucoup d'épileptiques succombent à une maladie intercurrente.
H. Forme maligne. — Elle est caractérisée par la tendance des attaques à se rapprocher, par des vertiges ou de l'aliénation entre les attaques; par une marche plus rapide; par une terminaison constamment mortelle.
Dans une variété de cette forme, les grandes attaques sont très-rares. Les malades n'ont que des vertiges. C'est \e petit-mal, mais ces vertiges vont sans cesse en se rapprochant : en même temps, les facultés intellectuelles s'éteignent, et les malades périssent dans une démence complète avec des vertiges continuels.
•Dans une autre variété, les attaques vont sans cesse se rapprochant et les malades périssent en état de mal épileptique. L'état de mal est caractérisé par la succession non interrompue d'accès d'épilepsie pendant un ou plusieurs jours. Là période comateuse n'est pas plus tôt terminée que la période tétanique recommence, et la maladie ressemble beaucoup à l'éclampsie. Cet état s'accompagne d'un mouvement fébrile intense, pouls à 140; chaleur axillaire à 41 et 42. Le pouls est extrêmement petit.
L'élévation continue de la température ne subit que des rémissions insignifiantes pendant toute la durée de l'attaque. Cette persistance de la température permet de distinguer Y état de mal des cas où les accès se répètent fréquemment dans la
même journée sans cependant qu'il y ait véritablement état de mal épileptique. Quand il y a seulement fréquence des accès, la température descend considérablement entre chaque accès.
Les malades succombent souvent pendant Y état de mal, et dans ce cas, les accès se suspendent ordinairement une heure ou deux avant la mort, mais la température reste à 41 et 42 degrès. D'autres fois la période convulsive est remplacée par une période à laquelle Bourneville a donné le nom de mëningitique[i).
C'est après les accès violents et répétés qu'on observe quelquefois de Y hémiplégie. .
Dans une dernière variété, les attaques sont suivies immédiatement d'aliénation. Cette aliénation est ou de la manie ou une impulsion automatique. La manie est toujours furieuse et avec une agitation violente. L'impulsion conduit souvent au meurtre et au suicide. L'aliénation peut se manifester dès la première attaque (Calmeil) et dès l'enfance (Trousseau, un cas à 4 ans). Chez ces malades, il faut respecter le sommeil qui suit les attaques, car si On l'interrompt, l'aliénation éclate bien plus sûrement.
II. Forme bénigne. — Le caractère de cette forme est de présenter des attaques isolées et habituellement provoquées par une cause évidente ; elle a une grande tendance à la guérison.
Cette forme est très-rare; elle ne se présenle pas plus de 4 ou 5 fois sur 100 épileptiques. Quelques malades n'ont qu'une seule attaque provoquée par une peur, la vue d'un épileptique, un excès, le premier coït, la première menstruation. D'autres ont des accès toutes les fois qu'ils s'enivrent. Chez quelques-uns, la maladie est liée à une autre affection : la présence d'une tumeur douloureuse, des accès de coliques néphrétiques, des dents cariées et douloureuses (Poville),et fréquemment une affection vermineuse. Ces différentes affections étant guéries, l'épilepsie cesse complètement.
III. Forme larvée. — Morel et Trousseau admettent une (1) Mouv. méd.) 40e année, p. 189.
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forme larvée de l'épilepsie. Cette forme est caractérisée par les retours à périodes régulières ou irrégulières,* de symptômes ou d' affections nerveuses apparaissant avec une rapidité fulgurante et ayant une très-courte durée. Ce symptôme et ces affections ne s'accompagnent pas de convulsions et c'est pour cela que Ton dit que l'épilepsie est larvée.
Les impulsions automatiques à l'homicide et au suicide, les attaques apoplecti formes, les accès subits et extrêmement courts d'aliénations constituent les exemples les plus fréquents de cette forme. Trousseau a forcé cette idée en voulant faire de toute affection à marche fulgurante, une épilepsie larvée, comme le tic douloureux de la face, par exemple, et V angine de poitrine.
Signes pathognomoniques. Àv^nt de quitter l'histoire des symptômes de l'épilepsie, rappelons les signes que le médecin doit toujours avoir présents à l'esprit pour distinguer cette maladie de Vhystérie convulsive et de Yécfampsie. V instantanéité est le caractère commun à tous les symptômes épileptiques. La durée de l'aura et des convulsions est extrêmement courte et ne peut être comparée avec celle des phénomènes analogues dans l'hystérie. La morsure de la langue, les urines involontaires, les mouvements de déglutition, la chute sur la face, la perte subite de la connaissance, la dilatation des pupilles, l'absence de fièvre, sont des signes pathognomoniques.
Anatomie pathologique. — Elle est presque nulle. On a signalé comme constante la dilatation des capillaires artériels de la moelle allongée et un épaississement des parois de ces capillaires.
Voisin reconnaît que les lésions sont nulles dans l'épilepsie récente, la dilatation des vaisseaux, la dégénérescence granulograisseuse et la sclérose que l'on rencontre dans l'épilepsie ancienne sont des effets de la maladie.
Chez les malades qui succombent pendant une attaque violente on rencontre tous les signes de la congestion veineuse, les sinus sont distendus, les replis de la pie-mère gorgées de sang, la substance blanche piquetée. Quand les malades succom-
bent dans Yétat de twa/, les lésions sont encore plus marquées: replétion et difatation vascuiaire ; épanchement séreux, œdème ; le microscope permet d'apercevoir les globules sanguins entassés les uns sur les autres et de nombreuses ecchymoses.
Les lésions se trouvent principalement vers le bulbe, La protubérance et le plancher du quatrième ventricule. Les cordons antérieurs de la moelle sont quelquefois envahis par la sclérose.
D'après les théories modernes la succession des symptômes pourrait s'expliquer de la manière suivante :
L'excitation du bulbe est le point de départ. Cette excitation se propage aux filets cervicaux du grand sympathique: d'où contraction des vaisseaux de la tête, par l'action des vaso-moteurs; de là anémie cérébrale, perte de connaissance et pâleur de la face. L'excitation gagne les nerfs moteurs : d'où les convulsions, le spasme de la glotte, la congestion et l'asphyxie consécutives; l'affluence du sang noir au cerveau et au bulbe diminue son excitation et fait cesser les convulsions.
On comprend que cette théorie explique jusqu'à un certain point les symptômes, mais non la maladie; car il faudrait savoir d'où vient cette excitation du bulbe?
Brown-Séquard a produit l'épilepsie chez les animaux, par une hémi-section de la moelle épinière et même par la section du sciatique.
Étiologie. — L'hérédité el la consanguinité joueni ici le même rôle que dans les autres névroses ; il est démontré que les constitutions chétives et scrofuleuses sont plus exposées à l'épilepsie que les autres. La femme paraît plus fréquemment atteinte que l'homme. Vdge où on observe le plus souvent le début de la maladie est de 10 à 30 ans ; après 70 ans, la fréquence, qui avait beaucoup diminué depuis 30 ans, augmente de nouveau. C'est l'épilepsie sénile. La première menstruation est souvent l'occasion de la première attaque d'épilepsie.
Les excès vénériens et alcooliques, la masturbation > sont des causes qui favorisent le développement de la maladie.
lu ivresse et surtout la frayeur sont les deux causes occasion-
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uelles le plus tréquemment observées. L'ivresse du père pendant la conception, la frayeur de la mère pendant la grossesse, sont des circonstances écologiques fort importantes. Le chagrin agit quelquefois comme cause occasionnelle.
Les attaques d'éclampie de la première enfance disposent à l'épilepsie dans une proportion qui serait de 5 OiO. Dans ces cas l'éclampsie se transforme graduellement en épilepsie.
Traitement. — L'épilepsie résiste d'une manière décourageante à la plupart des méthodes de traitement ; et encore, le petit nombre de succès annoncés doit être bien restreint si On retranche avec soin les cas d'éclampsie et les cas d'épilepsie bénigne. Néanmoins, il existe un certain nombre de guérisons authentiques et un nombre plus grand d'améliorations par éloignement des attaques. Ces deux circonstances doivent nous engager à poursuivre courageusement l'étude du traitement de l'épilepsie.
Les principaux médicaments indiqués par la loi des semblables sont : belladona, calcarea, càusticum, silicea, cicutà, cuprum, lachesis, opium, plumbum, œthusa cynapium, Bufo, salamandra, tarenlula, sont trois médicaments nouveaux qui ont donné un certain nombre de guérisons ; il en est ainsi des médicaments suivants : hyosciamus, ignalia, arsenicum, lycopodium, mercurius, cocculus, cina et stramonium ; stannum est plutôt indiqué dans ïéclampsie pendant la dentition.
Le bromure de potassium à haute dose a donné des succès dont nous devons tenir compte.
Mais avant d'étudier les médicaments indiqués pour guérir l'épilepsie, nous devons parler du traitement des accès et de leur suite immédiate.
Pandanl l'accès il faut desserrer le malade, lui donner de l'air et veiller à ce qu'il ne se blesse pas.
Dans les accès violents et qui semblent menacer la vie des malades, dans Vétat du mal, il faut prescrire suivant leurs indications : belladonà, opium, œlhusa, plumbum, et le chloroforme. Quand l'accès n'a rien d'alarmant, il n'y a pas de médicament à prescrire.
Quand l'épilepsie est précédée d'une aura, on réu6sit quelquefois à empêcher une attaque par la compression établie entre Vaura et le cerveau, ou par une friction. Une bouchée de pain avalée précipitamment arrêtait les accès chez un malade dont les accès survenaient à jeun et étaient précédés d'une aura partant du creux épigastrique.
L'odeur de l'ammoniaque et du tabac a quelquefois fait avorter des accès.
La ligature des membres, la compression des carotides, et surtout la.flexion exagérée du gros orteil peuvent diminuer et arrêter les accès violents.
Le bromure de potassium donné progressivement à la dose de 2 à 12 grammes chez l'adulte, de 2 à 5 grammes chez les enfants de 5 à 10 ans, de 50 centigrammes à 1,50 dans la première enfance et continué pendant des années a donné des cas authentiques de guérison. Le médicament donc doit être employé. Voisin donne pour règle de la dose la disparition de la nausée réflexe, c'est-à-dire la cessation de nausée, quand on chatouille l'épiglotte. Si la cessaiion de la nausée réflexe s'établit rapidement, si l'anaphrodisie est produite facilement, il faut espérer de bons effets du bromure, autrement il faut y renoncer.
Le bromure continué à cette dose et pendant assez longtemps peut avoir des inconvénients : il affaiblit notablement l'intelligence et produit une impuissance relative, de l'acnée et une bronchite chronique.
Beflàdona est un des principaux médicaments ; il est indiqué quand Vaura donne la sensation d'une souris qui court le long d'un membre ou d'une chaleur qui remonte de l'estomac; quand elle consiste dans un trouble delà vue ou de l'ouïe. Les convulsions partielles des mains indiquent encore ce médicament. La belladone correspond aux vertiges et aux grandes attaques ; elle compte un certain nombre de guérisons. Hyosciamus est très-analogue à la belladone et a été aussi employé avec succès.
Cuprum est le médicament qui a donné le plus de guérisons ; son emploi dans l'épilepsie est traditionnel et sa pathogénésie
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correspond tout à fait aux symptômes épileptiques : vertiges avec perte de la vue ; spasmes du pharynx avec accumulation de salive dans la bouche; torsion de la tête; cris comme le croassement d'une grenouille ; accès de convulsions avec chute et perte de connaissance; écume à la bouche avec ou sans cris.
Silicea compte quelques cas de guérison, il correspond à des attaques complètes, avec aura venant du bras gauche, accès nocturne ou diurne, mais pendant le sommeil, accès survenant à la nouvelle lune; mais cette assertion n'est pas prouvée.
Nitriacidum correspond au vertigo tenebricosà et aux attaques d'épilepsie nocturne avec aura consistant en un sentiment de reptation dans le côté gauche.
Càlcàreà cdrbonica elcàusticum, indiqués, par Bœninghausen, comme les deux médicaments principaux de l'épilepsie, ne présentent cependant, dans les pathogénésies de Hahnemann, qu'un petit nombre de symptômes qu'on puisse rattacher à l'épilepsic. Pour le calcarea, nous trouvons accès instantanés de vertige ; accès de perte de connaissance sans convulsion. Pour causticum : vertiges divers; accès de convulsions après le sommeil, mais sans perte subite de connaissance. Un symptôme plus caractéristique est le spasme du pharynx, suivi du mouvement de déglutition. Ces deux médicaments ont été employés avec succès surtout après belladonà et hyosciamus.
Opium a donné des guérisons dans l'épilepsie nocturne ; il a fait cesser Y état de mal; il convient contre la période comateuse trop longtemps prolongée et encore contre les accès de fureur avec impulsion automatique qui succède aux attaques. — Cocculus convient aussi dans ce dernier cas.
Plumbum et œthusa cj/napium sont indiqués par Y état du mal beaucoup plus que par des attaques isolées d'épilepsie.
Les cas de guérison assez nombreux que nous avons relevés dans la clinique de Roth ont presque tous été obtenus par la 30e dilution, administrée une seule fois à longues périodes, quinze jours, trois semaines et plus.
Bufo et salamandra alternés ont donné des succès qui doivent encourager les médecins à poursuivre l'étude clinique (Je ces deux médicaments.