GOUTTE. — TRAITEMENT
Métastases. — Dans lescasde métastases goutteuses, il faut pres-
r ire les médicaments indiqués par l'affection viscérale. Opium, belladona et arnica, par exemple, pour les affections cérébrales ; digitalis, arsenicum, colchicum, pour les affections du cœur, etc. Mais il faut se rappeler que l'affection articulaire fait souvent disparaître la métastase ; on ne doit donc pas négliger les moyens qui peuvent rappeler l'arthrite. Les applications irritantes externes, les sinapismes, par exemple, remplissent cette indication. Pour le traitement des affections métastatiques, je prie le lecteur de se transporter aux affections du cerveau, du cœur, etc.
Le traitement de la forme bénigne est le traitement de l'attaque ; nous n'y reviendrons pas. Dans la forme chronique d emblée, on aura recours au traitement de la seconde période de la forme commune.
Enfin, dans les formes anomale et larvée, l'affection viscérale réclamera un traitement spécial, en se rappelant toutefois que les médicaments qui contiennent dans leur pathogénésie un excès d'acide urique seront plus particulièrement indiqués.
La goutte noueuse demande plus particulièrement iodium, arsenicum et aurum; mais le traitement de cette forme est encore très-peu avancé. Les allopathes signalent la teinture d'iode et les bains arsenicaux comme particulièrement efficaces dans cette forme.
En résumé, dans la première période, où quand la goutte habituelle passe à l'état aigu, quand elle atteint plusieurs articulations grandes et petites, quand, en un mot, elle simule le rhumatisme articulaire aigu, prescrivez bryonia les premiers jours, puis rapidement chintnum sulfuricum et quelquefois colchicum suivant les indications énumérées plus haut. Ces médicaments doivent être administrés aux basses dilutions de la 1*"° et 3e centésimale, de quatre à huit fois par jour, suivant la violence des symptômes. Souvenez-vous surtout qu'il faut insister sur les mêmes médicaments pendant tout le temps que durera la période aiguë.
China a son défaut; chintnum sulfuricum, ledum palustre constituent les premiers médicaments pour la goutte chronique, ils
doivent être employés pendant des mois, à la dose de deux ou trois cuillerées par jour.
Les eaux minérales jouent un trop grand rôle dans le traitement de la goutte pour que nous n'en disions pas un mot.
Vichy convient dans les formes communes; mais seulement à la première période. La dyspepsie, la gravelle,les calculs biliaires indiquent plus particulièrement Vichy. Les contre-indications sont : une attaque imminente, une tendance aux congestions cérébrales, une affection du cœur. Les eaux de Vichy employées trop tardivement précipitent le malade dans la cachexie.
Carlsbad convient à la forme commune pendant la première et même la deuxième période. Ces eaux sont indiquées par l'affection hémorrhoïdaire, la flatulence, les vertiges, les tophus. Elles sont moins débilitantes que Vichy ; je leur dois de beaux succès.
Bourbonnes est très-analogue à Carlsbad ; depuis la guerre, j'y ai envoyé beaucoup de malades et j'ai beaucoup à m'en louer.
Wiesbaden et Hambourg sont indiquées pour la cachexie commençante, les tophus, les ankyloses. Ces eaux sont reconstituantes.
Néris convient dans la deuxième période de la forme commune dans la goutte chronique d'emblée, principalement chez les malades nerveux et impressionnables. L'existence de névralgies ou de névroses est une indication formelle des eaux de Néris.
Tœplitz, avant la cachexie, ankyloses et déformations articulaires.
Aix en Savoie et Aix-la-Chapelle sont indiquées dans la goutte chronique d'emblée et dans la goutte noueuse ; les affections cutanées inclineront, dans les cas douteux, pour le choix d'une eau sulfureuse. Les eaux salines de Hombourg, Wiesbaden et Aix-en-Savoie, conviennent dans la goutte anomale et dans la goutte larvée. J'ai obtenu de beaux résultats des eaux d' Aix, dans la goutte larvée avec ophthalmie goutteuse grave.
Mais avant le traitement pharmaceutique, le médecin institue en première ligne le traitement hygiénique. L'exercice poussé jusqu'à la transpiration, un usage très-modéré de la viande et du vin ; l'abstinence du café et du thé ; une grande consomma-
tion de lait, de légumes verts et de fruits ; l'habitude de porter la laine sur la peau, telles sont en résumé les prescriptions hygiéniques, les plus propres à empêcher le développement de la goutte.