SCLÉROSE EN PLAQUES. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
s'accentuer en proportion de l'étendue de ce mouvement. Ainsi pas de mouvement, pas de tremblement; petit mouvement, petit tremblement ; mouvement étendu, tremblement considérable. Ce signe suffit à distinguer la sclérose en plaques de la paralysie àgitans, affection caractérisée aussi par un tremblement! mais ce tremblement est contenu, et il diminue par les mouve^ ments volontaires.
La marche est titubante et a quelques rapports avec celle des choréiques et des ataxiques, enfin quand les plaques de sclérose envahissent les faisceaux radiculaires postérieurs, les malade* sont pris de douleurs fulgurantes ; et quand elles se localisent sur les circonvolutions cérébrales antérieures, ils présentent quelques-uns des symptômes delà paralysie générale : affaiblissement des facultés, délire des grandeurs et plus souvent un trouble de l'articulation des sons caractérisé par une sorte de bégaiement avec effort et lenteur de la parole, chaque mot est scandé et séparé du précédent par une légère hésitation. Les malades atteints de sclérose en plaques sont souvent pris d'accidents apoplectiformes qui sont suivis d'une aggravation de tous les symptômes.
Nous avons dit que la marche de la sclérose en plaques était lentement et irrégulièrement progressive. On observe quelquefois, comme dans les autres névroses avec sclérose du tissu nerveux, des temps d'arrêt et même des améliorations qui allongent singulièrement la durée de la»maladie.
Les malades pendant quelque temps continuent à se lever et à marcher; plus tard les paralysies et les contractures les obligent à garder le lit, enfin ils finissent par tomber dans la cachexie spinale caractérisée par ''amaigrissement, l'œdème, les eschares, les diarrhées et les pneumonies ultimes,
Anatomie pathologique. — Les détails dans lesquels nous sommes entré à propos des autres scléroses de la moelle nous permettront d'être très-courts. La lésion, avons-nous, dit, est une inflammation interstitielle qui se termine par l'induration de la partie malade et la destruction des éléments nerveux étranglés par le développement exagéré du tissu connectif.
La sclérose se reconnaît à Tœil nu sous la forme de taches tantôt grises tantôt jaunâtres; distribuées irrégulièrement sur le cerveau et les différents cordons de la moelle épinière, elles n'occupent pas un seul ordre de faisceau, mais envahissent principalement les cordons antéro-latéraux, la substance grise et quelquefois les cordons postérieurs.
Traitement. — L'hydrothérapie et l'électricité à courant continu ont donné quelquefois des temps d'arrêt bien prononcé. Quant aux médicaments nous renvoyons à l'histoire des autres scléroses.