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TÉTANOS

Définition. — Le tétanos est une névrose caractérisée par la contracture permanente des muscles de la face et du tronc.

Le siège de la contracture qui n'occupe jamais primitivement les extrémités, et sa permanence, distinguent le tétanos de la contracture essentielle.

Division. — Le tétanos peut être spontané ou traumatique. Le tétanos des nouveau-nés est dû à la ligature du cordon et rentre dans le tétanos traumatique. Comme le tétanos traumatique ne diffère du tétanos spontané que par une plus grande gravité, nous ne décrirons que le premier qui est de .beaucoup le plus fréquent; il présente deux formes : la forme bénigne et la forme commune.

I. Forme commune. — Prodromes. — La maladie s'annonce souvent par une inquiétude vague, de l'insomnie, avec des douleurs de tête accompagnées de vomissements. Le malade éprouve des bâillements spasmodiques et quelquefois un petit mouvement fébrile. En même temps la plaie se sèche, devient enflammée et douloureuse.

Début. — Le début est marqué par la contraction des muscles de la nuque et de la mâchoire (trismus). Le cou devient roide, douloureux, un peu renversé en arrière ; les mâchoires s'écartent difficilement ; les masséters sont durs et font relief. Le Létanos est déclaré et va arriver promptement à sa période d'état.

i Période cFétat. — Le plus souvent ce sont les muscles de la

i partie postérieure du tronc et ceux de la face qui sont le siège

i de la maladie. Le malade est roide, renversé en arrière, les

t traits de la face contractés. De temps en temps surviennent

i des paroxysmes : la contracture augmente considérablement et

s'accompagne de douleurs atroces, semblables à celles de la crampe. Pendant ces paroxysmes le tronc se renverse fortement en arrière; le corps ne repose plus que sur les talons et sur l'occiput ; les yeux sont immobiles, largement ouverts ; la bouche agrandie ; les lèvres, écartées, laissent à découvert les dents fortement serrées ; la contraction des muscles respiratoires immobilise le thorax et ajoute à toutes ces douleurs les angoisses de l'asphyxie. Le sommeil est impossible; la contraction des masséters et souvent celle du pharynx empêchent la déglutition ; de sorte que le malade est tourmenté par la faim et surtout par la soif. Ces paroxysmes sont d'autant plus longs et d'autant plus fréquents que la maladie est plus grave. Une émotion, un mouvement spontané ou communiqué, un effort de déglutition, un simple attouchement, un bruit un peu fort, suffisent pour amener un paroxysme. Quand la contraction n'est pas permanente et qu'elle alterne avec le relâchement musculaire, le pronostic est moins grave.

La contraction ne prédomine pas toujours sur les muscles extenseurs du tronc ; de là plusieurs variétés de tétanos. Celle que nous venons de décrire a reçu le nom d'oplsthotonos ; quand la contraction siège sur les muscles fléchisseurs et tend à courber le corps en avant, c'est Vemprosthotonos ; le pleurosthotonos est la variété dans laquelle le contracture prédomine d'un côté du corps. Enfin quelquefois les extenseurs et les fléchisseurs sont atteints également, et le corps est roide comme une planche, sans inclinaison bien sensible.

Cette maladie parcourt habituellement toutes ses périodes sans fièvre et sans phénomènes cérébraux. Le pouls s'accélère pendant les paroxysmes, et dans leur intervalle il est ralenti.

Marche. — Durée. — Terminaison. — La marche de la maladie est aiguë ; sa durée courte ; sa terminaison habituelle est la

mort (236 sur 246, Valleix). Hippocrate disait que la mort arrivait toujours avant le quatrième jour. Elle peut avoir lieu en douze heures ou après deux septénaires; mais presque toujours avant le dixième jour. Elle est beaucoup plus rapide chez le nouveau-né. Elle a lieu de deux manières : le plus souvent le rapprochement et la longueur des paroxysmes déterminent l'asphyxie, et quelquefois une suffocation immédiate ; dans quelques cas rares la maladie se prolonge et la mort a lieu autant par épuisement que par asphyxie. Si la maladie doit guérir, les paroxysmes s'éloignent, la déglutition se rétablit, le sommeil revient, puis les contractures disparaissent peu à peu, laissant quelquefois comme phénomène consécutif des rétractions musculaires.

II. Forme bénigne. — Giraldès (1) admet une forme bénigne qu'il appelle chronique parce qu'elle dure plus longtemps et qu'elle tue seulement après le huitième jour. Cette forme est susceptible de guérir ; elle explique le succès des médications les plus diverses; elle ne s'accompagne pas de fréquence du pouls comme la forme aiguë qui se termine par la mort en 4 ou 5 jour?., 200 morts sur 200 cas (O'Brein).

Anatomie pathologique. — Quelques médecins ont trouvé à l'autopsie l'inflammation du névrilème des nerfs venant de la plaie, inflammation propagée jusqu'aux enveloppes de la moelle ; mais cette lésion n'est pas constante.

La lésion principale occupe le bulbe, les pédoncules cérébelleux et cérébraux ; elle s'étend plus ou moins à la moelleépinière. Indépendamment de la congestion et de la dilatation variqueuse des vaisseaux, on observe des exsuda ts formés par des granulations nombreuses, nucléaires; parfois même une destruction complète de la substance grise , il y a prolifération du tissu connectif; les tubes nerveux sont comprimés ou détruits.

Etiologie. — Ce sont surtout les plaies par piqûre, déchirure et écrasement des extrémités qui donnent lieu au tétanos; les

(1) Giraldès. Mouv. méd.-: n° 47, 1868.

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