‹ Éléments de médecine pratiqueChapitre 17 sur 200 · MALADIE HEMORRHOIDAIRE. — FORME COMMUNE · texte numérisé non relu

MALADIE HEMORRHOIDAIRE. — FORME COMMUNE

ire période, — Hémorrhoïdes périodiques. A ce moment de la maladie, on observe des attaques périodiques très-violentes de l'affection anale et très-peu d'affections viscérales.

L'attaque présente l'apparence d'une petite maladie; ses prodromes, fort bien étudiés, sont : douleur et prurit à la région anale, avec constipation, céphalalgie occipitale, épistaxis, lumbago avec plénitude douloureuse dans les flancs, flatulence stomacale et intestinale, somnolence diurne et sommeil troublé la nuit, mauvaise humeur, irascibilité, hypochondrie ; enfin, immédiatement avant l'apparition de l'affection anale, mouvement fébrile quelquefois précédé de frisson; pouls dur et concentré. A ce moment, la douleur anale devient vive et brûlante; une ou plusieurs tumeurs apparaissent et sont suivies d'un écoulement de sang qui sert de crise à l'attaque.

La durée de l'attaque est de quatre à sept jours; la douleur et l'écoulement de sang cessent peu à peu ; les tumeurs se flétrissent et disparaissent, et l'attaque se termine par la disparition de toutes les souffrances qui l'ont précédée.

Un mouvement fébrile, plus ou moins prononcé, peut persister pendant toute la durée de l'attaque ; la diarrhée remplace souvent la constipation pendant cette période.

La tumeur hémorrhoïdale est une ou multiple, elle peut manquer complètement ; elle est interne, c'est-à-dire qu'elle est située au-dessus du sphincter, ou externe. Son volume ordinaire est celui d'une noisette ou d'une petite noix, elle peut acquérir celui de la tête d'un fœtus à terme ; elle est rouge, violette, noire.

Le flux de sang, d'une abondance très-variable, a lieu habituellement pendant la défécation ; le sang est rouge ou noir ; il s'échappe en bavant, par jet ou en caillot.

La douleur hémorrhoïdaire est brûlante, lancinante, souvent intolérable; d'autres fois, c'est une pesanteur avec fausse envie d'aller à la selle ; souvent cette douleur se prolonge à la vessie et produit le ténesmevésical.

La maladie peut persister pendant des années à cette période, les attaques revenant à des intervalles réguliers ou irréguliers. Entre les attaques, les malades sont sujets à l'hypo- Jousset, 2e édit. 3

chondrie, aux vertiges, à la céphalalgie, aux douleurs vagues dans les muscles et à une alternative de constipation et de diarrhée.

2e période. — Hémôrrhoïdes habituelles. L'affection locale devient persistante avec des paroxysmes irréguliers, pendant lesquels on voit reparaître les douleurs vives et les flux de sang abondants. Dans l'intervalle de ces paroxysmes, les tumeurs persistent tantôt gonflées, tantôt flétries sous forme de crêtes, de marisques, de fies ; elles s'accompagnent souvent d'un suintement muqueux (hémorrhoîde blanche), qui peut devenir très-abondant. Des accidents locaux et des affections viscérales graves se développent pendant cette période-. Nous allons les décrire successivement.

Accidents locaux. Ce sont des abcès habituellement limités aux tumeurs et à ta marge de l'anus, mais qui peuvent s'étendre dans le petit bassin et amener la mort, soit par extension au péritoine, soit par le développement de phlébites purulentes. D'autres fois, ce sont des gangrènes qui, le plus souvent, ne produisent qu'une destruction partielle des tumeurs ; mais qui, dans des cas malheureux, entraînent la destruction d'une partie du rectum.

Les rétrécissements du rectum, avec constipation invincible, coliques, blennorrhée rectale, sont les conséquences habituelles de ces deux premiers accidents. Notons encore parmi les accidents locaux : chute du rectum, les eczémas de la région anale, et surtout la fissure à l'anus.

Les affections viscérales sont, comme dans la goutte, symptomaliques ou métastatiques. Ce sont principalement des hémorrhagies : épistaxis, hémoptysie, hématémèse, mélaena, hématurie, et enfin des hémorrhagies cérébrales; des congestions chroniques ; vertiges; congestion du foie ; des inflammations; des cystites, des encéphalites, des laryngites et des pharyngites granuleuses.

Les affections cardiaques de nature inflammatoire qu'on observe chez les hémorrhoïdaires sont bien difficiles à distinguer, si même elles ne sont pas complètement semblables à colles des goutteux.

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