SYPHILIS CONGÉNITALE
dès la seconde période. La consomption sèche est le mode le plus commun de la cachexie syphilitique. Voici ses symptômes : perte des forces, de l'appétit ou du sommeil; amaigrissement ; peau sèche, brunâtre, écailleuse, ridée; fièvre hectique; apparition de purpura. La mort arrive par une complication aiguë : pneumonie gangreneuse, pleurésie hémorrhagique , etc.; par un accident dépendant d'une affection du larynx ou du cœur ; par épuisement comme dans les autres cachexies. Telle est la description de la forme commune, complète et régulière. Mais cette forme présente un grand nombre de variétés, constituées soit par l'absence de certains groupes de symptômes, soit par leur apparition hâtive ou tardive.
IV. Syphilis héréditaire. — Elle présente deux variétés i celle qui se développe très-peu de temps après la naissance, ou congénitale, et celle qui n'apparaît que plusieurs années après la naissance', ou héréditaire proprement dite.
Syphilis congénitale, qu'il ne faut pas confondre avec la syphilis acquise dans les premiers jours de la vie ; cette dernière ne diffère pas des formes déjà décrites. La syphilis congénitale, aiguë dans sa marche, très-grave dans son pronostic, apparaît habituellement de la première semaine au septième mois; mais elle peut se développer pendant la vie intra-utérine ou, au contraire, attendre que l'enfant ait atteint 12 à 15 mois. Eminemment contagieuse, cette forme est caractérisée par l'apparition simultanée d'affections secondaires et tertiaires.
Un certain nombre d'enfants naissent en pleine cachexie syphilitique ; ils offrent alors un aspect caractéristique : amaigris, sans force; les téguments des membres violacés ; ceux de la face d'un jaune bistré, comme produit par du marc de café; la peau flasque, ridée; ils ont l'aspect sénile et semicocti, comme dit Fallope. Un grand nombre naissent avec les apparences de la santé; puis bientôt ils maigrissent, dorment mal; des ragades, des pustules, des plaques muqueuses se développent, précédées ou accompagnées des affections viscérales décrites dans là forme commune. La mort est la terminaison
fréquente de cette forme, parce que la cachexie est toujours imminente.
Syphilis héréditaire proprement dite. — Elle se développe soit pendant la deuxième dentition, soit à la puberté, soit même à une époque plus avancée de la vie. Elle est caractérisée par le développement d'une ou de plusieurs affections tertiaires ; elle n'est pas contagieuse.
L'habitude extérieure des enfants atteints de syphilis héréditaire tient à la fois de la scrofule et du rachitisme. Ils grandissent tard, sont pâles, émaciés; la dentition est peu avancée. Les deux dents incisives supérieures présenteraient un caractère spécial; elles sont plus petites que les autres, offrent à leur bord libre des entailles verticales, et sont d'une mauvaise couleur. Ces enfants présentent des difformités rachitiques, des glandes engorgées. Souvent l'affection syphilitique ressemble à une affection scrofuleuse ; c'est un ulcère interminable ou une carie ; la carie affecte habituellement les os propres du nez, la voûte palatine, les apophyses montantes, ou bien quelques autres points du squelette où nous avons déjà signalé des affections syphilitiques. Les douleurs sont plus vives, la suppuration moins abondante, les engorgements ganglionnaires moins considérables que dans les affections scrofuleuses, avec lesquelles la syphilis héréditaire présente tant de rapports. Signalons encore une affection plus spéciale ; c'est une kératite interstitielle, qui obscurcit complètement la cornée de l'un des yeux, pour se résoudre ensuite complètement pendant que l'autre œil se prend à son tour. Cette affection ne se résout pas toujours et peut se terminer par la cécité.
Notons encore, à propos de la syphilis héréditaire, la transmission possible à la mère par l'intermédiaire du fœtus. Dans cette variété, un père atteint de syphilis constitutionnelle ne présentant aucun accident actuellement contagieux, cohabite impunément avec sa femme jusqu'au moment où le coït devient fécondant. La syphilis constitutionnelle se transmet alors du fœtus à la mère.