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SYPHILIS. — TRAITEMENT

V. Forme endémique et épidémique. — La grande épidêmique du xv° siècle était caractérisée par des éruptions plus abondantes et plus graves, par des excroissances considérables, par des mutilations et des cicatrices plus fréquentes, par une localisation moins restreinte à la sphère génitale, enfin par une puissance contagieuse plus grande.

On retrouve encore aujourd'hui cette forme à l'état endémique, sous les nomsdept'an, frambœsia, radzyge, etc.

Traitement. — La forme bénigne ne réclame pas d'autre traitement que celui des ulcérations simples et des engorgements ganglionnaires inflammatoires qui les accompagnent. Cautérisation abortive au début. Plus lard, pansement avec le vin aromatique. Cataplasme sur l'ouverture des bubons suppures.

La forme phagêdénique offre des difficultés considérables ; elle est aggravée par le mercure et nullement modifiée par l'iodure de potassium. Nitri acidum, silicea et arsenicum, sont les trois médicaments principaux. Leur dilution élevée, la 30e, réussit au moins aussi souvent que les doses massives ; mais il faut joindre à ce traitement des applications externes : cautérisation avec le fer rouge, l'acide nitrique, la teinture d'iode, mais principalement les pansements avec une pommade contenant de V arsenic au 1000e. Les soins hygiéniques les mieux entendus sont ici nécessaires pour aider à la médication.

Bydrastiscanadensis. Ce médicament des ulcérations de mauvaise nature nous semble ici parfaitement indiqué inius et extra ; à l'intérieur, aux plus basses dilutions, et à l'extérieur en solution d'abord au-100°, puis au 10e.

La forme commune demande comme médicaments principaux : mercurius, iodium et kali hydriodicumi nitri acidum,' aurum, staphysagria et sulfur.

Mercurius convient presque exclusivement pendant la période des accidents secondaires. Il est tellement efficace dans ce cas qu'il a été longtemps considéré comme spécifique. Suivant notre expérience personnelle, les doses, quoique très-petites, doivent être pondérables. Nous prescrivons le plus souvent de 1 jusqu'à

5 centigrammes de corrosivus dans 300 grammes d'eau, trois cuillerées par jour. 11 y a encore quelques cas où nous sommes obligé d'élever les doses. Nitri acidum convient aussi à celte période, après mercurius. La trentième dilution nous a presque toujours suffi ; mais, si les bons effets tardaient à se produire, il faudrait abaisser les doses. lodiwn et kali hydriodicum conviennent à la fin de la deuxième période et pendant toute la troisième. Les doses ici sont encore bien incertaines. Kali hydriodicum à dose ordinaire, c'est-à-dire de 1 à 3 grammes par jour, produit de merveilleux résultats, qu'on n'a pas le droit de passer sous silence, et nous n'avons jamais vu les doses fortes amener d'accidents sérieux, D'un autre côté, en étudiant comparativement les doses diverses, j'ai obtenu des résultats trèsrapides avec iodium à la 30f et même à la 500e dilution. 11 est donc convenable de débuter par les fortes doses, surtout dans les cas où le mal fait des progrès rapides et menace de faire des ravages irréparables. Aurum répond à la syphilis constitutionnelle avancée, et spécialement aux ostéites, avec carie, nécrose ou exostose. Empiriquement, ce médicament est employé après kali hydriodicum, demeuré insuffisant ; il a donné de très-bons résultats. J'emploie souvent le muriate d'or aux plus basses dilutions, lre centésimale ou même décimale, répété quatre fois par jour. Dans certains cas encore indéterminés, aurum 30 réussit très-bien.

La syphilisation a produit quelques bons résultats. Elle consiste dans l'inoculation plus ou moins répétée du pus syphilitique chez des malades atteints d'accidents secondaires ou tertiaires rebelles aux moyens ordinaires de la thérapeutique.

La forme commune de la maladie ne se développant habituellement qu'une fois chez le même sujet, on a proposé l'inoculation syphilitique comme un bon moyen prophylactique, comme une sorte de vaccine de la variole. Mais ici l'inoculation fait courir trop de risques au sujet pour qu'on puisse introduire ce moyen dans la pratique.

La forme congénitale demande principalement mercurius. Dans la thérapeutique ordinaire, on est obligé d'administrer ce mé-

dicamentàla nourrice; mais nous pouvons donner le médicament directement grâce aux ressources de notre admirable échelle posologique.

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